‹ Charlotte de Corday et les Girondins (volume 2)Chapitre 71 sur 174 · MEMBRES DU COMITÉ · texte numérisé non relu

MEMBRES DU COMITÉ

HENRIOT

Tous les cœurs sont changés; Cette femme est punie, et nous sommes vengés. A peine dans Paris on a sçu la nouvelle

92 CHARLOTTE CORDAI.

Du destin de Raffet, de la mort de Sechele,

Que leurs propres soldats, soulevés, furieux,

Ont arrêté partout les chefs des factieux.

On demande leur mort; on croit que leur Supplice

Au peuple malheureux rendra le ciel propice.

Les restes de Marat dans Paris sont portés ;

On veut surtout fléchir ses mânes irrités :

La foule devant lui se prosterne en silence;

Et la ville à grands cris nous donne la puissance.

C'est à travers les flots de ce peuple agité

Qu'a marché cette femme avec calme et fierté ,

Souriant à l'insulte et dédaignant l'offense;

Son cœur n'était touché que du sort de la France;

Elle a reçu la mort en invoquant Brutus.

Pour un moment encor j'ai vu les cœurs émus.

Mais j'ai pressé l'instant, et cette tête altiere

Par sa chutte a fixé la faveur populaire :

Marat est satisfait , et la ville est à nous.

BAZIRE

Cependant nos amis, de nos succès jaloux, Du reste des François préparent la conquête. Et de tous nos projets le triomphe s'apprête. Ces fiers amis des Loix, de leurs armes couverts, Qui demandoient vengeance et rejettoient nos fers, Divisés par nos soins et peu faits pour la guerre, Regrettent leurs foyers, craignent notre colère; S'arrêtent dans l'espoir que tous nos vains décrets Constitueront l'Etat et lui rendront la Paix. L'intrigue a quelqu'effet, l'or commence à séduire; Des promesses enfin paroissent leur suffire.

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