M A II A T
harbaroux, l)nj)erirt, l'ahlté l*au<lu'l, ^in^;t autres^
Oui, du f(''d«'Talisnie andarieux apôtres.
Va qui dt; la Munla{;nc attacjuant les soutiens,
Contre Iti Képul)li(|ue arment les citoyens.
Ali ! si Ton m'axait riii !
I \ .iK.rNi III. I I .
Qu'en t'iil-<)ii tait t M Mt \ r.
Justice, LA in m; hi.i I .
N'est-ce donc pas assez <|ue l'exil l« >> piini>se?
I/exil! non, c'c-^t la moit (jue j«? voulais pour eux.
I. \ ii.i NI. \ ii.i i . fKirfuiit ht inuiii <i <ia piulrinr. L.i mort!
MARAT
Dans ]«• loiiiliran, riinmme est silenci<'uxî
I \ Il I M I II.I.I .
Oui...
M Ms \ r .
.Manpie par une croix ceux tpii «loivent périr. Demain, sur Téchafaud , je les ïa\> tous mourir!
(Il lui pri'si'iitc la liste œiniiip pour la lui rrmtre.') l'iciis!
L\ Ji.i SK m.iA , st' priuliiiitt vers lui rt Ir Jntfi/iunt 'in < >rni (lu cotitrau ifu'filc' a tire de son sein. Meurs !
ccciv BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE .
MARAT, d'une voix étouffée.
Femmes ! à moi î
(Adrienne Lebourgcois et la citoyenne tlvrard accourent, et voyant Marat immobile la tête penchée sur la poitrine.)
Il est mort.
LA JEINE PAILLE à cUe-niême , le couteau sanglant dans la maùiy et fixée à la même place.
Je l'espère !
CHARLOTTE CORDA Y, ou la Mort de Marat, par Frédéric Digand'. — Bruxelles, chez Perichon, rue de la Montagne, 26. 4847. In-S"" de 146 pages. Suivi d'une notice sur Charlotte Corday.
PERSONNAGES
Corday père.
Charlolte Corday, sa fille.
Constant Corday, son neveu.
Louis Chaumont, cultivateur.
Le marquis de Yeron (d'abord sous le nom de Jean le Pâtre). Calhorine Evrard, ménagère de Marat.
Thibaut, sergent de troupe.
Marius, commissaire de la Convention.
Drouct, membre de la Convention.
Busquet, crieur public.
Un officier munici[)al.
Laurent Basse, commissionnaire. Un greffier, un geôlier, le bourreau.
Peuple, conscrits, soldats.
Le premier et le second acte se passent
à Saint- Saturnin des Lignerest, village du Calvados,
et le troisième à Paris.
L'auteur annonce que son drame était écrit lorsque parut Y Histoire
DE CHARLOÏTK DK CoUDAY. cccv
Coite pièce est une trjigt'die en trois actes et en vers.
Au premier acte, Constant Conlav et Ciiaiiiiioiit se disputent I\nnour de Charlolte Corda\ . Constant est royaliste, Cbauinont est républicain. C'est donc pour ce dernier «pTrlIr se déciderait. Mais la levée en masse met les deux pn'lrndus d'accord en les appelant I nii après l'autre sous les drapeaux. Chaumont se rend à l'année. Constant s'enfuit.
Au second acte, Constant, <jui est revenu en France sous les iKihits d'i\n prêtre, est d«'couvert et fusill»'-. Charlotte Cordav juri' (II- le veii{jer, et au troisième acte il le assas>ine Marat. Chaumont se charjje de l'arrêter, la reconnaît «t la |)roté(;e contre les fureurs de la multitude. Plus tard, il trouve le moyen de pénétrer dans son cacliot et veut la déterminer à s'enl^uir; elle refuse. Le dernier tableau représente la jilace des exécutions l't l'échafand dres-.é an fond du tluVitre; Charlotte V monte, et Chaumont s'écrie du sein de la foule :
0 sublime martyre, allez à réchafaud !
La toile tombe.
Cette pièce est surchar(;ée d'épi.sotles oiseux, (pii l.i rendent à peine int»^lli{jible , et de tirades fatifjanics. 11 s'v trouve cep«'ndanl fjnebjues vers éléj;ants, mais abs<»lument hors du sujet et de rhi>toire. Cette faute est d'autant plus étran|;e, que l'auteur a fait suivre la publication de sa Irajjédic d'une notice sur Charlotte de Coniay : il en résid te qu'il avait sous les yeux Couet de Gironville, Hesessarts et probablement Loui»» T>nbois. On ne peut doiu- comprendre qu'avrc ces éléments bio(;raphi(|nes qui contenaient un drame véritable, il n'ait produit qu'une œuvi-e de pure fantaisie.
des Girondins, par M. de l^inartine. Ce n'est donc pas ce livre qui lui a servi de fruide.
11 dit sél'^e aidé de l'ouvrage de Desessarls, les Crimes de Robespierre, Paris, 17y7.
Celle tragédie n'esl mentionnée nulle part.
cccM BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE
CHARLOTTE COKDAY, ou les Girondins, Tragédie en trois actes et en vers, trilogie historique y par P. C. Gasc. — Bruxelles, Decq. 1848. In-S" de 77 pages.
La pièce est dédiée à M. de Lamartine, par une lettre datée du 4" décembre 4847. L'auteur nous apprend que c'est la lecture de I'Hisïoire des Girondins qui lui a inspiré l'idée de traiter en vers l'épisode à la fois touchant et terrible de Charlotte de Corday. H nous apprend aussi qu'il s'était rendu à Paris pour faire représenter sa tragédie à rOdéon, mais qu'il dut renoncera ce projet, la censure (de 1847) ne voulant absolument pas permettre la représentation d'une pièce où Marat est en scène.
Distribution de la pièce.
Charlotte Corday.
Madame de Bretteville, tante de Charlotte.
Madame de Belzunce, ancienne abbesse de l'Abbaye aux Dames
à Caen.
M. de Coulonges , vieux royaliste , ami de mesdames de Belzunce
et de Bretteville.
Franquelin, amant de Charlotte Corday.
BarbarouxA Louvet, 1 Petion, I ^.
Buzot / Girondms proscrits réfugies à Caen.
Valadv, i
Salle,' j
Marat.
Camille Desmoulins.
Kouqnif'r-Tinville.
L'abbé Bastal, ami de Marat, curé constitutionnel de Versailles.
DE CHARLOTTE DE CORDAY. . m.vji
Catherine Evr?rd, concubine de Mardi.
Laurent Basse, commissionnaire, employé chezMaral.
('hahot, I
Drouet, / membres de la Convention nationale.
Legendre, )
Ricliard, geôlier de la Conciergerie.
Madame Richard, etc.
La scène s'ouvre à Caen , dans le jardin de M"- de Rreiheville. ICIle s'entretient des événein(»ntN politiijnes avec les Girondins. Rarbaroux entre et annonce (|iie Marat , non content de les avoir cliassiVs de la Convention, demande «pie lenrs têtes tombent. Chacun des (rirondins indique un moven «le «ombattre le farouche tribun. Mais, dit (Charlotte, c'est la guerre civiK'î On se sépare. Charlotte, restée seule avec Harbaroux, lui demande son appui; il se trompe sur le 5«mis «le ses paroles et répond par une déclaration d'amour. Cluiilolle le repousse. IClle lui apprend son départ et le b<^soin qu'elle aurait d'une recommandation pour .^I"'' de l-'orbin. Il soit. Restée seule, elle se parle à elle-même et apprend aux spiu-tateursque tout son amour n'est <pie pour rraiiquelin. Lon;;ues scènes entre .>!"'• de Rnihevilh», M"" <le Relsunce et t Iharlotle '. Nous l'avons déjà dit. M"* de Relsunce était morte en 17S7 , deux ans avant son neveu, «jiii périt en 178i>. Il y a donc I.i lin anachronisme inexcusable. Quoi «pi'il «-ii voit. M"' de ReNunce raroiite la nmrt de >on ne\eu Henri d«' Rel/unce :
Victime de la rage
De ce peuple hideux que pousse un scélérat,
• Avertissons une fois pour toutes qu'il faut écrire de Bretheville par un h et un seul /; de Beisunce par un s; I.aurenl Bas et non Ifcisse; Siéyos avec un accent aii^ii sur W', et non Sièyes avec un accent grave: Marerc el Peliun siuis accents. .Mais en mémo temps (juc nous employons l'orihographe véritableldes noms pour noire usage, nous copions sans les reclifior les orthographes m - ' t i
vains drdmati(jues, auxquelles on voudra bien ri' us
d'importance qu'à ceux-ci.
De même pour le nom de l.imille de Charlotte . hist"' ; ^ aient d faut dire Dk Corday dAhmo.nt , mais (juand nous repri ; - «c nom d'après le litre d'une pièce, o«i d'après un auteur, nous ne changeons pas le Icxtc cité et nous disons Charlotte Corday.
cccviii BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE
Son idole, son Dieu, le féroce Marat!...
Je vois encor d'ici, parcourant notre ville,
Ces monstres excitant à la guerre civile,
Pillant, assassinant dans leur sombre fureur,
Et partout sous leurs pas répandant la terreur!...
Ce jour là, sur la place, on dit que la statue
De Judith a frémi; chacun croit l'avoir vue
Dans une main tenant un glaive teint de sang
Et dans l'autre une tête au regard menaçant ^,
Lorsqu'Henri sous ses pieds tom.ba dans la poussière ,
i\Jurmurer, en tremblant, sur ses lèvres de pierre
Ces deux mois, ces deux noms : Holopherne, Goliath...
On comprend quelle peut être l'influence de ces tableaux, de ce nom de Judith sur l'esprit de Charlotte, qui est là et qui écoute
Barbaroiix rentre pour apjjorter à celle-ci la lettre qu'il lui avait promise, il la trouve lisant dans la Bible l'histoire de Judith Le dialogue qui s'engage entre eux fait entrevoir que déjà la pensée de frapper Marat s'agite dans l'esprit de Charlotte, mais sa résolution n'est pas encore prise; Franquelin, qui survient, lui apprend qu'il s'est engagé parmi les volontaires, il part pour marcher avec eux sur Paris. Alors elle n'hésisie plus :
Franquelin dans leurs rangs est parti... Je ne peux Le laisser exposé à périr avec eux, Il faut les devancer et leur sauver la vie. • Won bras saura bien seul briser la tyrannie.
Tou'-'^ ces vaillants soldats
Tous ces cœurs généreux qu'anime un saint transport Pou" abattre Alarat, briser ce monstre infâme, C'est trop ! car il suffit de la main d'une femme !
* Ce détail fantastique est emprunté au roman de M. Esquiros sur Charlotte do Corday. On y lit, t. I", p. 98 :
<( Nous avons parle plus haut d'une statue de Judith qui se trouve à Caen dans la cour de l'hôtel de ville; c'est une belle et forte femme qui tient le gl;ii\e d'une main et de l'autre une tête coupée; au moment où Henri de licîsuiice tomba sur la place devant les fenêtres de l'hôtel de ville, cette staïue mystérieuse remua ses lèvres de pierre, et, les cheveux au vent, la jambe nue, le sein droit soulevé hors de sa robe, murmura tout bas : Moit à Jlolopherne I »
DE CHARLOTTE .DE COUDAY. na\
Voilà le nœud do la picre et sa coiidainiKition. Car I raii- (|iH'liii est un personnaj^cqui n'a jatnais exisîé cpie dans rim.i- Ijin^tion de Paul I)elasalle. Le départ de ce Franquelin pour Pr-ris comme volontaire est une invention de M. de Laujartine, qui a encore ajouté à la légende du rliarniant conteur. M. Gasc a adopté toutes ces fables eniérs les unes sur les autres et qui vont ainsi [;randissant î II faut dire que l'épisotle de Franquelin avait été déiaclié de l'ouvrage et publié à part dans le> Uc\ lU's b('Ij;es dès 1847. Il était présenté d'ailKiirs avec toutes 1rs apparences de la sincérité.
L'auteur a admis et donné pour vraie utic circonstance purement imaginaire, qu'il a trouvée, aussi bien que la statue parlante, datis le roman de M. Ksquiros. Il a snppr>sé que Marat, poursuivi pendant les |)remières années de la Kévolution et cbcrcbant à fîa£;ner les bords de la mer, avait pas«6 par Caen fp. 8, édit. pop.), qu'il v avait renconlré Charlotte de Corday, (ju elle lui avait (irocuré un asile, et que ce souvenir était revenu vaguement à sa mémoire au moment où la jeutie fille se faisait annoncer comme arri>iMil du Calvados vp. HL. Libre au poOle dramatitpie ainsi qu'au romancier d'admetlre de pareilles fictions. Seulement il ne faut pas ajouter en note que ce sont des fails bi.slorii|ue!». n'abord, nous ne saurions trop le répéter, M. Ksquiros n'a attribué à son li\re que la valeur d'un roman; puis, s'il n dit (jue le vo\aiîe de Marat à Caen avait eu lieu réellemcnl en 1700 ou 17ÎH , il n'a point étendu celle déclaration à la [•rétendue rencontre avec (Charlotte de Corday. (V. la note de la pa;îe 1 i , édition poptdaire in-i" de la Charlotte Cordai/ de M. Ls(juiros.
Le second actt? se passe à Paris dans l'appartemenl de Marat. Il est rempli par deux dialojîues : l'un entre l'Ami t\y\ Peuple et Cannlle Desmoulins, l'autre entre laissai el
cccx BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE
Marat. Ce dernier croit que l'abbé n'a été attiré que par son état de maladie et qu'il sonne l'heure de ses funérailles. Ses jours seraient-ils en danger? Mais Bassal le détrompe ; il n'est venu que pour le ramener à des idées plus humaines. Marat persiste. Les vers suivants nous paraissent les meilleurs de la pièce.
11 faut que je triomphe ou bien que je périsse.
Contre mes ennemis j'exerce la justice!
Le peuple était trop bas et le pouvoir trop haut,
Je les ai rapprochés sous un même niveau,
Pour qu'ils connussent mieux leurs besoins, leur puissance»
Si j'employai le jDCuple aux jours de la vengeance.
C'est qu'après tout le peuple est le vrai souverain ,
Il doit tout décider son pouvoir est divin !!
Je taille dans le vif un avenir tranquille.
Nous semons dans le sang, c'est un engrais fertile!...
Du peuple et de ses droits c'est moi qui suis l'emblème. Je suis le bras vengeur qui punit les pervers.
Nous faisons maintenant une moisson d'idées. Par les siècles déjà dès longtemps fécondées; ^lais pour toute moisson on emploie une faux. Pour faucher nos épis , nous avons Féchafaud ! ! !
Charlotte se présente sur ses entrefaites. — Elle est admise dans les circonstances connues. Elle frappe Marat et est arrêtée. Tableau de Henri Scheffer (sic).
Le troisième acte n'est plus que la paraphrase des réponses de Charlotte devant le Tribunal et le résumé de ses lettres à son père et à Barbaroux. L'auteur a introduit dans la prison Fouquier-Tinville , qui voudrait obtenir de la condamnée l'aveu de ses complices. Nous remarquons ces vers :
DE CHAULOTTi: I)K COUDAY. cccxi
CHAIU.OTTF.
l/écliafautl , citovcn, est une autre victoire Oui couvrira mon noui d'une noble niéuioire. Je vois en ce moment s'ouvrir devant mes veux La {gloire sur la terre et le bonheur aux cieux !
FOIQUIFR-TINVIILK.
Marat est au tombeau, Robespierre se lève!... Dans ses mains désormais il tiendra seul le ;;Iaive.
Au moment où CJiarlolte de Cordiiv (|iiille la 0)ncier- ^erie, l'orage éclate et le tonnerre gronde avec force. Détail exact et qui prouve que l'auteur avait étudié minutieusement son sujet. Une seule remar(jue : il ne parle de Franquelin ni au second ni au troisième acte; son nom n'est plus prononcé dans la pièce. Il était donc de trop, puisque l'auteur lui-même semble avoir nii> son héros en oubli.
I^a légende de Franquelin ne se soutenait pas par ellemême, et on ne com[)rend guère (jue M. de Lamartim* lui ait fait l'Iioimeur de rado[)ter. Klle n'était pas digne de I histoire. M. Léon de la Sicotière en a fiiil justice? dan^ l.i rélutation péremploire qu'on va lire.
« y\. Paul Dclasalle', et après lui M. de Lamartine', ont admis une léjjeude bien plus romaïU'Mjue encore. Un jeune homme, du nom de Frauijuelin, serait venu, <jueh|ue temps après le su[)plic(' de Charlotte, mourir à Vibraye (Sarihe' de doideur «t dune fluxion «le jKjitrine. Il |>ortait toujours sur son cœur un portrait et des lettres de Obarloltc Corda y , et il aurait exi|;é en mourant «pie ces lettres et ce |>or(rait fu>senl ensevelis avec lui. Le .setret , lon|jtemps |jardé, aurait ét«* divuljfué par iiiw vieille |[ouv<'rnante <|ui, vovanl un jour d.iiis la (paierie d'un .imaleiii du M.m^ M. de Saiut-Ki'iuy)
' CUarluttr Curday. 1845, p. 64.
- Ilisloirr iL'$ Girvmliits, liv. XLIV, n" H.
cccxii BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE '
une copie do la Charlotte Corday de Scheffer, aurait reconnu, sans hésiter, dans les traits de l'héroïne, ceux de la jeune fille dont Franquelin, son ancien maître, contemplait si souvent Timage adorée plus de quarante ans auparavant. Outre que ce nom de Franquelin n'a laissé aucun souvenir ni dans la ville de Gaen, ni dans la famille de Charlotte de Corday, ni même à Vihrave ', faut-il relever tout ce qu'offre d'invraisemblable une pareille reconnaissance après un si long temps écoulé? Faut-il surtout faire remarquer que le portrait de Charlotte que Scheffer a placé dans son tableau est entièrement de fantaisie? Il m'en a fait lui-même l'aven à une époque où l'on n'avait pas encore retrouvé l'original d'Hauer, en regrettant de ne pas avoir eu à sa disposition de portrait authentique. Si l'amante de Franquelin ressemblait à la Charlotte àe Scheffer, nous pouvons affirmer que ce n'était pas la véritable Charlotte Corday. » {Charlotte Corday et Fualdès, par L. de la Sicotière. 1867, p. 6.)
En novembre 4849, le théâtre du Luxembourg, à Paris, donnait un drame de Charlotte Corday. Des affiches pompeuses avaient annoncé que la pièce serait jouée par des artistes de province; le rôle de Charlotte notamment devait être confié à une dame Beuzeville, première actrice du théâtre de Lyon.
La représentation avait marché paisiblement jusqu'au cinquième acte, mais à ce moment le public orageux de ce thèâlre manifesta son mécontentement par de bruyants siHlets dirigés contre les acteurs. Ceux-ci s'insurgent. Le mari de la prima donna dramatique fait irruption sur la scène. Le tumulte devient général; le rideau baisse. Cependant la représentation reprit son cours grâce à une petite harangue
\ Les RpgislPfs dos décès do Vibrayo de 1792 à 1795 ne contiennent point le nom do PYanquelin.
DE CHARLOTTE DE CORDAY. cccxiii
que la dame Beuzeville déhila avec beaurouf» de con\onance et d'à propos. Seulement les artistes, déjà à demi déshabillés, durent achever leurs rôles en costumes de ville.
Ln pareil incident, de peu d'importance devant un parterre d'étudiants, serait passé inaperçu, si le ^rtwe Jounml (les Débats ne s'était avisé d'en rendre compte comme s'il s'était agi d'un scandale parlementaire. On voyait alors de la politique pariout, et on ne voulait voir de souvenirs de la llévolulion nuMe part. Note à prendre pour expliquer le mauvais vouloir que rencontra trois mois plus tard la tragédie de Ponsard.
L'ciriirle des Débats provoqua une réponse de la dame Deu7eville, qui savait aussi bien manier la plume que la parole. Sa lettre est insérée dans le numéro du journal du 10 noNembre. C'est de ces documents que nous avons extrait les détails qui précéder)!.
Quel était ce drame de Cluirfntt»' Corday en cinq actes? iNous ne connaissons qoe celui de IW*f;nier d'r.slourhet (V. ci-dessus, n° XlXj (jiii réponde à celte indi«alion, les drames de V. Ducange et de Clair\llle el Dumaoo'r n'étant divisés qu'en trois actes. Mais le théàire du Luxembourg pouvait-il à cette éj)oque jouer les pièces appartenant au répertoire du Théàlre-I'rançais ? On nous aîbrme que la Comédie française ne l'aurait pas soullert. Il > aurait alors à se demander (juel était ce drame resté inconiui au»I bien que son auteur. Le directeur du théâtre du Luxembour;: en IS'iO, aujourd hni régisseur delà scène a l'Opéra, >ans avoir gardé souvenir de cette pièce, nous dit qu'elle ne venait certainement pas des Français, et M. Goirel, qtie nous avons consulté, pense que ce pouvait <*tre une pièce faite ad hoc ou une repi ise de Sept livuns.
(XCXIV