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à la campagne est presque uniquement assurée par des puits et l’on ne peut songer à faire autrement
pour les fermes isolées. Malheureusement l’emplace-
ment du puits n’est déterminé qu’à la suite de discus-
sions où les lois d'hygiène n’entrent que pour une
faible part, même quand on y a songé. Et pourtant,
qu’il serait souvent facile de mettre le puits à l’abri
des plus directes et grossières contaminations. Sur-
tout aujourd’hui que l'électricité est répandue à la
campagne et que le commerce met en vente divers
modèles de pompes permettant d’amener l’eau jusque
sur l’évier. Combien de maladies pourraient être
épargnées, si l’on prenait soin d’avoir une eau saine;
les entérites, les fièvres dites muqueuses sans parler
des fièvres typhoïdes et para-typhoïdes sont en géné-
ral provoquées ou tout au moins aggravées par une : eau de mauvaise qualité.
Pour la ville de CHAROLLES proprement dite, l'alimentation en eau potable est depuis 1883 assurée par deux sources captées aux abords immédiats de la ville.
Avant l’exécution des travaux de captage, les habitants devaient avoir recours à l’eau des puits disséminés dans les divers quartiers. L’analyse du puits AUCLAIR, Que nous avons étudié, prouve surabondam-ment qu'on ne peut pas compter d’une façon certaine sur la stabilité d’eaux de pareilles provenances. La nature géologique du sol, la disposition de la ville construite en étages, tout concourt à donner un tel résultat. L’alimentation d’une ville en eau par puits creusés sur place, doit être rejetée, à moins qu’il n’y
ait impossibilité abolue d’agir autrement. La densité, si faible soit-elle, d’une agglomération ne permet pas en effet d’assurer la non contamination des puits. En tous cas lorsqu'on sera forcé de recourir à ce procédé devra-t-on surveiller les eaux. La numération des microbes de contamination d’origine fécale répétée à intervalles réguliers, permettrait de s’apercevoir de toute fluctuation dans la potabilité.
Il ne nous a pas été possible de nous procurer une statistique quelconque pouvant nous renseigner sur l’état sanitaire de CHAROLLES avant 1883. Du rapport de M. Roriva, en 1881, il semble résulter que l'état sanitaire était satisfaisant.
Une réflexion cependant s'impose. En admettant qu’une telle statistique nous montre un état sanitaire satisfaisant, il ne faudrait pas en inférer qu’une telle situation aurait pu se prolonger jusqu’à nos jours. Les conditions de la vie ont en effet singulièrement changé depuis 1883 et l'apparition de l’automobile a bouleversé les habitudes tranquilles de nos ancêtres. Les déplacements sont actuellement fréquents. Un voyageur peut avoir contracté une typhoïde qui ne se déclarera qu'après son retour. De même, des convalescents peuvent être des porteurs chroniques de bacilles typhiques. Si la fosse d’aisance a la moindre fissure, si le puits en est situé trop près, voilà tout un quartier infecté.
On voit l’importance du problème social résolu par la municipalité charolaise, lorsqu’en 1880 elle décida d'entreprendre les travaux nécessaires à l’adducticn et la distribution d’eau potable.
Complétée en 1886 par celle de la FONTAINE DE MALESSART, la captation de la source de MEAUPRÉ a
DAVOS UE
permis de doter la ville d’un service de distribution d’eau, bien compris et bien établi. Nous avons, en étudiant les deux sources, indiqué les quelques inconvénients que nous avons cru devoir relever, et dont le plus grave est, pour la source de MEAUPRÉ, de troubler après les forte pluies Nous avons vu quelles mesures seraient souhaitables pour mettre le plus possible les sources à l’abri d’une contamination possible. Tel qu’il est le service des eaux à CHAROLLES est assuré d’une façon fort satisfaisante et que pourraient lui envier bien des villes d'importance égale ou même supérieure.
La meilleure preuve de l'excellence du système adopté, est fournie par l’état sanitaire de la ville de CHAROLLES. Depuis 1883, date de la mise en service de la canalisation, on ne peut retrouver trace d’aucune épidémie de typhoïde, ou autre maladie transmise par l’eau. On a bien noté au cours des années, quelques cas de typhoïdes (un cas de 1919 à 1929) mais toujours il a été montré que la maladie avait été apportée de l’extérieur. Enfin, chacun de ces cas est toujours resté isolé et aucun d’eux n’a jamais donné lieu à un foyer de contagion.
Sous ce rapport, on voit donc que l’état sanitaire de CHAROLLES est excellent, et c’est la meilleure preuve que l’eau qui y est distribuée est pure de toute souillure.
Le projet actuellement en discussion, qui permettra d'alimenter la partie haute de la ville du quartier du CALVAIRE, viendra compléter cet ensemble et permet-
0 ce
‘tra d'assurer à toute l’agglomération charolaise une distribution d’eau potable, répondant parfaitement aux desiderata de l’hygiène moderne.
Le Président de la Thèse,
Ph. BRETIN.
Vu : ;
Le Doyen, Jean LÉPINE.
Vu et permis d’imprimer :
Lyon, le 11 Mars 1930 Le Recteur, Président du Conseil de l’Université, Joseph GHEUSI.