‹ Charolles: Son alimentation en eau potableChapitre 4 sur 27 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Chaque jour les principes fondamentaux de l'hygiène, hier encore connus seulement de quelques savants et esprits avertis, dépassent les bornes du monde scientifique, pour pénétrer, lentement il est vrai, dans la masse du grand public.

Le premier et le plus important de tous ces principes, est certainement celui de l’alimentation en eau potable. C’est aussi, comme il est juste, celui qui s’est le plus rapidement répandu — De tous temps et dès la plus haute antiquité, l’homme s’est préoccupé d’avoir à sa disposition, pour les besoins journaliers, une eau propre à la consommation. C’est ainsi qu’on voit HIPPOCRATE recommander la consommation de l’eau de pluie bouillie; les Romaïns, pour avoir de l’eau potable, n’hésitaient point à aller la chercher parfois fort loin de son lieu de consommation. Ainsi en témoignent les ruines grandioses d’aqueducs, construits par eux partout en France, et qui surent résister aux tourments de plus de XX siècles.

A notre époque, la question de l’eau potable est une des principales préoccupations, sinon des particuliers, du moins des Municipalités. Les progrès de

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la science bactériologique nous ont appris quelle source de maux, pouvait être, pour les consommateurs, une eau contaminée. La liste est déjà longue, des maladies qu’elle peut nous transmettre : Fièvre typhoïde, choléra, diarrhée infantile, diarrhée dysenterie. C’est également à la mauvaise qualité de l'eau que l’on doit attribuer le goitre, et cette liste est susceptible de s’allonger encore au fur et à mesure des révélations de la science (1). Enfin l’eau livrée à la consommation, doit posséder certaines qualités, qui influent notablement sur la morbidité et la mortalité générale d’une ville.

Si d'autre part, on réfléchit que l’eau nous est aussi indispensable que lair atmosphérique, puisqu'elle constitue la partie fondamentale de nos tissus et le véhicule de tous nos aliments, on voit quelle importance prend la question de l’eau potable.

Aussi de tous côtés, savants, lettrés, sociologues, hommes politiques, discutent de cette question. Il n’est plus une Municipalité qui ne se soucie de la qualité de l’eau qu’elle distribue à ses administrés. Enfin lon voit les particuliers qui font, à la campagne, presque exclusivement usage des puits, tenir de plus en plus à être renseignés sur la potabilité de. l’eau qu'ils consomment.

En présence de cet intérêt général, il nous a semblé qu'il ne serait peut-être pas inutile d'étudier comment la ville de CHAROLLES a conçu, puis résolu, le

(1) D’après Kling, Levaditi et Lépine, le virus poliomyélitique serait transmissible par l’eau. (Académie de médecine, séance du 8 octobre 1929).

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difficile problème d’adduction d’eaux à la fois saines et abondantes.

Sans se présenter avec l’acuité que l’on rencontre seulement dans les grandes agglomérations, comme Paris ou Lyon, le problème de l’alimentation en eau n’en a pas moins ici une aussi grande importance, malgré que la population desservie soit infiniment moins nombreuse. Avant 1880, date à laquelle commencèrent les pourparlers pour l'installation d’une canalisation d’eau à CHAROLLES, les habitants se fournissaient d’eau dans 12 puits très inégalement répartis. Creusés en plein terrain calcaire, dans une ville qui ne possédait pas alors d’égouts, ces puits étaient très facilement contaminés (de part la nature même du sol) par les eaux usées, dévalant des deux collines sur lesquelles s’étage la ville, ou par les eaux de rivières en période de crue. C’est pourquoi une municipalité prévoyante s’attacha à doter la ville d’un service d’eau présentant toute sécurité pour les habitants. Elle s’adressa à des sources qui jaillissaient aux environs immédiats de la ville. Les puits ne sont plus maintenant utilisés que dans une partie haute de la ville, où n’atteignent pas les eaux de sources.

Nous décrirons d’abord sommairement, la captation, la canalisation et la distribution de l’eau.

Comme une étude hydrologique d’une région, ne saurait être complète sans une étude géologique, nous donnerons un aperçu de la constitution géologique du sol charolais; ce sera notre 2° partie. Dans une 3° nous détaillerons les procédés d’analyses que nous avons employés.

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