EN BOURGO GNE VILLE DE DIJON
Confirmation par Philippe-Auguste, roi de France, d'une première charte de commune, octroyée par Hugues lil, duc de Bourgogne, aux habitants de Dijon.
In uomine sancte et individue Trinitatis. Amen. Philippus Dei gratia Francorum rex, uoverint univei^si présentes paiùtef et futuri, quaui fidelis et consanguineus noster Hugo, dux Bui-gundie (1), suis horainibus de Divione communiam dédit ad formam communie Suessionensis (2), salva libertate quam antea habebant. Hanc autemcoiiimuniam, memoratus dux Hugo, et Odo (3) filius ejusjuraverunt tenendam etinviolabiliter observandam. Unde, ad petitionem et vohmtatem ipsius Ducis, et filii ejus prefalam communiam manucapimus conservandam et manutenendam sub bac forma. Quod si Dux vel heredesejus memoratam communiam vellent infringere, vel ab inslitutionibus communie resilire, nos ad eos posse nostrum eam teneri facieinus. Quod si Dux pro laobis facere nollet, nos et res suas in terra nostra receptaremus, salvum conductum eis prebentes.
(1) Hugues III, duc de Bourgogne, fils du duc Eudes 1[ et de Marie de Champagne, succéda à son père eu 1162. 11 mourut k Tyr en 1192.
(2) Voir les Constilutious de cette commune, h la suite du u» V.
(3) Eudes, fils aiué du duc Hugues III et d'Alix de Lorraiue, sa première femme, prit possession du duché en 1192, épousa Mahaut de Portugal, fit ensuite casser ce mariage sous prétexte de parenté et contracta une nouvelle union avec Alix, tille de Hugues, siie de Vergy. Il mourut à Lyon en 1218.
rx
Oiiod Lit porpeluam et inconvulsam sortialiir firmitalem, presentem cartam sip;illi nostri auclorilale, et regii nominis karactere inferius annotato commuiiiri precipimus. Actum apud Calvuin Montem (1), anno ab Incarnalione Domini millesimo centesimo octogesimo tertio, legni noslri anno quinto, astantibus in palatio nostro, quorum nomina supposita sunt et signa. Signum comilis Theobaudi, dapiferi nostri (2), signuui Guidonis buticularii (3), signum Mathei camerarii (4), signum Radulphi conslabularii (5). Oalaper manum [Monogramme] Ilugonis cancellarii (6).
Scellé en cire varie à lacs de soie verte pendants.
Original : Archives de la ville de Dijon, B \, Privilèges et (ratichises de la Commune. — Imprimé dans : Pérard, Recueil de pièces pour servir à l'histoire de Bourgogne, p. 340; Ordmi- )ia)ices des Hois de France, V, 237; Mémoire sur la franchise du territoire de la ville de Dijon, 1786. in-4''.
Engagement par le duc Hugues 111, à la commune de Dijon, du service militaire ijue lui devaient les habitants
Ego Hugo dux Burgundie, omnibus notum esse volo, quod ego pro quingenfis libris (7) invadiavi hominibus communie Divionis exercilum nieum (8) quem
(1) Chaumont en Bassigny (Haule-Marue).
(2) Thibaut II, comte de Blois et de Chartres, succéda en 1152 comme grand-sénéchal à Raoul, comte de VermanJois. Après sa mort, arrivée eu 1190 au siège d'Acre en Palestine, son office fut supprimé (Anselme, II, 845).
(3) (iuy de Geulis, seigneur de Chantilly, houteiller de France, nommé en llsl, mort le 10 octobre 1221 (Anselme, Vlll, 516).
(4) Mathieu III, comte de Beaumont-sur-Oise, qui mourut avant 1214 (Anselme, Vlll, 403). Seulement il semblerait résulter de notre charte que Mathieu succéda à Renaud, créé chambrier en 1176, qu'il fut remplacé vers 1186 par Raoul, et qu'il reprit possession de sa charge vers 1190.
(5) Kaoul, comte de Clermonl en Bauvoisis, mort au siège d'Acre eu judlet 1191 (Anselme, VI, 44).
(6) Hugues de Puiseau:^, dit de Puiset, chancelier de France, mourut pu 1185 (Anselme, VI, 270).
(7) Bien que le Duc n'eût [jas expressément désigné l'espèce de monnaie avec laquelle il entendait être payé, il est permis de supposer qu'il s'agissait ici de la livre dijounaise, qui, avant comme après 1 1S5, suivati I des témoignages authentiques, valut toujours moitié de la livre parisis. La monnaie parisis étant supérieure d'un cinquième à la livre tournois, 500 livres dijonnaises égalaient 250 livres parisis, qui valaient elles-mêmes 200 livres tournois, c'est-à-dire 40 marcs il'argent. Or le marc d'argent, qui vaut aujourd'hui 56 francs, étant X 40 = 2,240 francs. Maintenant si, à défaut de renseignements sur le prix des denrées alimentaires de cette époque, comparé avec celui actuel, on recourt aux données exprimées par Leher, dans son livre de VApprérialion de la fortune privée au moyen ûrje, et si on multiplie par 6 les 2,240 francs, ou trouve que la commune de Dijon payait une somme de 13,440 francs pour se libérer du service uiihtaire.
(8) C'est-à-dire Vhost et la chevaurhée.
mihi debebant, lande et assensu filii mei Odonis. Dictam vero pecaniam in hominibus communie capient. Et si qiiis eos inde voluerit inquietare, ego eis super hoc auxilium bona fide prestabo. Ut autem hoc ralum et inviolabile permaneat, banc cartam sigillo nieo et sigilli lilii mei memorati Odonis corroboravi. Actumest istud anno ab Incarnatione Domini M" C° octogesimo V°.
Original : Arcliives de la ville de Dijon, Bl, Privilèges et franchises de la Commune.
lléclaralion du duc Hugues III concernant le service militaire engagé par lui à la commune de Dijon.
Ego Hugo Dei gratia Burgundie dux et Albonii cornes (1),universis presentibus et futuris, notum esse volo quod homines mei de communia Divionis habent a me in vadio pro quingentis libris, exercitum quem mihi communia Divionis debebat. Post modura vero illud quod in hominibus ecclesiarura et in militum communie pro retinenda gageria dicti exercitus ceperanl, salvo jure communie reddiderunt. Hoc autem non uisi de pura gratia et pro amore et precibus meis fecerunt, nec aliquid in hoc adversus me, vel adversus communiam deliquerunt. Si vero id in injuriam communie vel mei factum esse aliquid probari poterit vel ostendi, exinde nichil ab eis expostulabo, sed eos exinde prorsus absolvo et (fuietos in perpetuum clamo. Ut autem hec actio rata et inviolabile permaneat, egoeam appositione sigilli mei corroboravi.
Original : Archives de la ville de Dijon, Bl, Privilèges et franchises de la Commune.
(1) Hugues ayant épousé l'année précédente liéatrix, comtesse de Vienne, joignait à son titre de duc de Bourgogne, celui de comte de Vienne etd'Albon.
Autre déclaration du duc Hugues 111 sur le service militaire engagé A la commune de Dijon.
Ego Hugo Dei gratia Burgundie dux et Albonii cornes, universis ad quos litière iste pervenerunt nolum esse volo, quia burgenses Divionenses in eo quod in hominibus ecclesiarum et mililum ceperant pro retinenda gaigeria de exercitu quern a me titulo pignoris habeut, cum illiid quod ila ceperant postmodum reddiderunt, nichil in hoc fecerunt uisi de pura gratia et pro amore et precibus naeis, nec aliquid in hoc adversus me vel adversus communiara deliqueruut. Et si esset quod aliquid deliquissent, ex inde nichil unquani ab eis expostulabo, sed eos exinde prorsus absolve et quittes clame.
Scellé en cire verte à lacs de soie rouge et verte pendants.
Original : Archives de la ville de Dijon, Bl, Privilèges et franchises delà Commune.
Seconde charte de commune octroyée [lar Hugues III, duc de Bourgogne, à la ville de Dijon.
In nomiue sancte et individue Trinitatis. Amen.
Noverint universi présentes pariterque futuri. quod ego Hugo, dux Burgundie, dedi et concessi hominibus de Divione, conimuniam habendam im perpetuum ad formam communie Suessionis. salva liberfat*' qiinm prius liabebaut (1).
(1) Ce paragraphe, qu'on ne retrouve daus aucune des chartes ou des constitutions communales des villes du nord de la France, sauf pourtant celle de Saint-Quentin, atteste la préexistence à Dijon de certaines franchises dont les chartes de H83 et 1187 ne furent que lacousécration.
1. Infra baiileiicain (1) Diviouis, aller alteri reclè secundum suam opinionem auxiliabitur, et uiillatenus patielur, quod aliquis alicui eoruni aiiferat aliqiiid, vel de rébus ejus aliquid capiat (2).
2. Creditio (3) de pane et vino et aliis victualibus fiet mihi Divione quindecim diebus; cl si infra prescriptiim terminum crédita non reddidero. nihil aniplius mihi creditur, donec crédita persolvantur (4).
3. Si quis sacramentiim alicui facere debuerit et ante adraniilionem (5) sacramenti se in negotium suuni ituruni dixerit , propter illud faciendum de ilinere suo non remanebit, née ideo incidet; sed postquam redierit convenienter submonitus, sacramenlum faciet (6).
4. Si decanus Divionis (7) aliquem implacitaverit, nisi clamor ante venerit vel forefactum apparuerit, non ei respondebit; si tamen testera habuerit contra quem accusatus se defendere non possit, emendabit (8).
(1) Banlieue, littéralement BannumLeugœ, c'est-à-dire juridiction de la lieue autour de la cité. Celle de Dijon, porte une enquête dressée eu 1383, « s'étendait et durait par une lieue tout à l'entour de la ville, et plus, en « plusieurs lieux, n C'est-à-dire que, outre le linage ou territoire communal (4032 hectares), elle comprenait Fontaine, ancienne barounie des aïeux de saint Bernard, Pouilly, arrière-fief de la vicomte de Dijon, Ruffey, dotation de la Sainte-Chapelle, Ahuy, Asnières, Quetiguy, domaines de l'abbaye de Saint-Etienne; Saint- Apollinaire, Longvic, Marsannay, Plombières, qui appartenaient à celle de Saint-Bénigne, et enfin Chenôve, dont cette dernière partageait la propriété avec le duc de Bourgogne et le chapitre de Saint-Lazare d'Autun. Talant, château ducal, Daix, dépendance de cette châtellenie, quoique situés à moins d'une lieue des murs de la ville, en étaient exceptés.
(2) Unusquisque jurato suo fidem, auxilium, consiliumque per omuia juste observabit. Article 1" de la charte communale d'Amiens (1U3) et de la confirmation de cette c'.iarte par le roi Philippe-Auguste, en 1190. (Ordonnances, XI, 264; Documents inédits de l'Hisl. de France; Recueil des monuments de l'Histoire du Tiers- Etat, I, 39, 109.)
Infra civitatis Suessionensis firmitates aller alteri rectè secundum rectam suam opinionem auxiliabitur et nuilatenus patietur quod aliquis alicui eorum aliquid auferat vel ei taillatam facial, vel quidlibet de rébus ejus capiat. (.\rticle 1" de la confirmation de la commune de Soissons par Philippe- Auguste, en lisl. On/., XI, 219.)
Aller alteri infra firmitates ipsius ville rectè secundum opinionem suam auxiliabitur. (Art. 2 de la charte de confirmation de la commune de Beauvais par le roi Philippe-Auguste, eu 1182. Ordonnances, VII, 621.)
(.3) Droit qu'avait le seigneur de prendre à crédit chez ses vassaux, pour un temps déterminé.
(4) Homines civitatis episcopo per très menses de pane et de caruibus et de piscibus creditionem facient,
et si episcopus post très menses quod ei creditum fuerit non reddiderit, nihil ei creditur, donec illud per episcopum persulvatur. (Art. \" de la coufiiuiation de Soissons.)
(5) Obligation de prêter serment.
(6) Reproduction exacte de Tari. 3 de la confirmation de Soissons.
(7) On désignait amsi le doyen de Saint-Jean, qui prenait le titre de doyen de la Chrétienté, parce que son église avait été dans le principe le baptistère unique de la contrée. Ce dignitaire, dont l'autorité comme doyen rural s'étendait bien au-delà de Dijon, avait vraisemblablement succédé au chorévéque qui figure dans les premiers siècles de la monarchie, et il en avait conservé une sorte de juridiction qui s'exerçait , sinon au criminel, tout au moins pour tout ce qui regardait l'exécution des contrats et autres actes publics qui, avani l'institution définitive du notariat, se passaient presque exclusivement devant lui et sous son scel.
(8; Si autem archidiaconus aliquem implacitaverit, nisi clamator ante venerit, vel foris factura apparuerit, non ei respondebit. Si tamen testem habuerit contra quem accusatus defendere se non potuerit, emendahit. (Art. 4 de la conf. de Soissons.)
5. Si aliquis aliquam iiijuiiam fecerit homini qui liane communiani jiiraverit, et clamor ad juratos inde venerit; si ipsum hominem qui injuriam fecerit, capore polueriul , de corpore suo vindictani capient , nisi ibrifactuin emendavorit ipsi cui illatum fuorit, secundum judicium iilorum qui communiam cusludieriid (I).
6. Et si ilie qui ibrifactum fecit. ad aliquod receptaculum (2) perrexerit, el liomines communie ad ipsum receptaculum transmiserint el domino receptaculi vel primatibus ipsius loci questionem feceriut. ut de eorum inimico faciant eis reclitudinem, si l'acere voluerint, reclitudinem accipient; quod si facere nolueriut, liomines communie auxiliatores erunt faciendi vindictani de corpore et de pecunia ipsius qui rorilactum fecerit et liominuni illius receptaculi. ubi iuimicus eorum erit (3).
7. Si mercafor in istam villani ad mercafum venerit, et aliquis ei aliquid fecerit injuiie infia banleucam istius ville; si jurati inde clamorem audierint, et mercator in ista villa eum invenerit, homiues communie ad vindictani faciendam super hoc recte secundum opinionem suam auxilium prestabunt . nisi mercafor ille de hostibus dicte communie fiierit; et si ad aliquod rcce]Uaculuni ille adversarius peirexeril; si mercator vel jurati ad eum miserint, et ille mercalori salisfecerit secundum judicium juralorum communie, vel probare et ostendere poterit se illud forifactum non fecisse. communie sufficiel; quod si facere noluerit, si post modum intra villani Divinnis cajii poterit. de eo vindiclam facient jurali (4).
(1) Reproduil de l'art. 1*' des constituUons primitives de SoissoDS et modi6é à l'art. 7 de la confirmation par Pliilippe-Auf^'iiste. Cet article a été emprimté ; 1" à l'article 4 de la charte d'Amiens, ainsi conçu : Si quis lie commnuioue alicui jurato suo res suas abstiilerit. a preposito nostro subraonitus justiciam prosefiuelur; si vero prepositus de justicia defecerit a Majore vel scabiuis submonitus. in presentia commuTiionis veniet et ipiautuui scabiui inde judicaveriiit salvo juie nostro dji faciet. 2" A l'article -2 de la charte de Laou, 1126:Si quis quoquomodo alicui clerico militi, mercatori indigène vel extraneo aliquam injuriam fecerit, si de ipsa civitate sit is cpii injuriam fecerit, inlra quarlum duni submonitus ante Majorem et juratos veoiat et se vel de objecta culpa pur^'et, vel sicut ei judicatum fuerit emcndet. (Ordoiin., XI, 185.) 3» A l'article 8 des coutumes de Saint- Queiitin '1102), coutirmùes en 1195 par Philippe-Auguste, et dont voici la teneur: Si quis forls factum fecerit de quo clamor in presentia Majoris et juralorum factus sit, Major jndicio juralorum super lioc emendationem accipiet talem [Ordonn., XI, 270.) 'i» Et enfin à Tartide 3 de la confirmation de la commune de Beauvais par Philippe-Auguste, en 1182, lequel s'en rapproche le plus : Et quicunique forisfecerit liomini qui hanc communiam juraverit, Major et pares communie, si clamor ad eos inde venerit, de corpore suo vel de rébus suis justitiam facient secundum delilierationeni ipsorum; nisi forisfactum secundum eorum deliberatiouem cmendavcrit. {Ord., XI, 622.)
(2) Récepl, lieu de refuge.
\i) Reproduit de l'article 7 de la confinnalion de Soissons , et l'article 4 de celle de Beauvais.
(4) Calqué sur l'article 8 de la confirmation de Soissons, à l'exception toutefois du mot banteuca, qui, dans la charte de Dijon, étend extra muros un droit qui, à Soissons, ne dépassait pas les fortifications de la ville. Ce paragraphe ligure aussi, ;. peu près dans les mêmes ternies, à rarticle 5 de la charte de Beauvais.
8. Nemu, prêter me et senescallum (1), rneum poterit conducere in villam Divionis hominein qui forifactum fecerit homini qui hanc communiam juraverit, nisi forifactum emendare venerit secundum judicium eoruui qui communiam servant (2).
9. Pecuniam illam quam homincs liujus communie crcdiderunt antequam communiam jurassent, si lehabere non poterunt, postquam indejustum clamorem fecerint, querent quoquo modopoteruntquod creditam pecuniam rehabeant. Pro illa vero pecuuia quam credideruut postquam hanc communiam juraverint, nuilum hominem capient, nisi sit debitor vel fidejussor (3).
10. Si extraneus liomo panem aut vinum suum in vilIam Divionis causa securitatis adduxerit; si postea iuter dominum ejus et homines communie discordia emerserit, XV dies habebit vendeodum panem et vinum in ea villa, et deferendi nummos et aliam pecuniam suam, prêter panem et vinum, nisi ipse forifactum fecerit vel fuerit cum illis qui forifactum fecerunt (4).
1 1. Nemo de villa predicta qui hanc communiam juraverit, credet pecuniam suam. vel commodabit hostibus communie, (pianidiù euerra durabit; et si quis probatus fuerit aliquid credidisse hostibus communie, justitia de eo fiet ad judicium juratorum communie (5).
12. Si aliquaudo homines communie contra hostes suos exierint, nuUus de communia loquetur cum hostibus communie, nisi licentia custodum communie (6).
13. Ad hoc homines statuti jurabunt quod neminem propter amorem seu
(1) Le sénéchal était alors le peroounage le plus considérable de la maison des ilucs de Boursofrne. Il commandait l'armée en l'absence du prince, dirigeait le service de l'hôtel et présidait à la justice. Cette charge devint héréditaire dans la maison de Vergy par le don qu'eu fit eu 1197 le duc Eudes III à Hugues, seigneur de Vergy, son beau-pére. Des Vergy, elle passa par alliance dans la maison des Charny, puis dans celle des Chabot, etc. Eu sa qualité de conservateur-né des privilèges de la commune, le sénéchal possédait à Dijon, rue Chabot-Gharny, un hôtel converti plus tard en couvent de Bénédictines, et qui était un lieu de franchise.
(2) Transcrit littéralement de l'article 9 de la confirmation de Soissons. L'article (! de la confirmation de Beauvais est identique, sauf un dernier paragraphe, qui statue sur le cas où l'évêque introduirait par- ignorance un ennemi de la commune. L'article 51 de la charte d'Amiens porte : Si quis baunitus in pro aliquo forifacto excepte multro, homicidio, iacendio, proditione, raptu, Rex vel senescallus , vel prepositus Régis, episcopus, Major, unusquisque corum semel in anno poterit eum conducere in villam.
(3) Emprunté en entier à Tart. M de la confirmation de Soissons. Celle de Saint-Q\ientiii renferme, aux articles 32 et 33, le mode de procédure des créanciers contre leurs débiteurs.
(4) Emprunté en entier à l'article 12 de la confirmation de Soissons.
(5) Emprunté en entier à l'article 13 de la môme confirmation. L'article fO de la confirmation de Beauvais est conçu à peu près dans les mêmes termes. L'article IC de la commune d'.\miens est ainsi rédigé : Qui hostem communie in domo suo scienter receperit, eique vendendo et emendo et edendo et bibendo vel aliquod solacium impendendo commuuicaverit, aut consilium aut auxiliuni adversus communiam dederic, reus communie eflicielur, et nisi judicio communie cito satisfeceril, domum illius, si poterit, communia prosterne et catella Régis erunt.
'M) Reproduction exacte de l'article 14 de la charte de Soissons el de l'article 11 de celle de Beauvais.
propter odium deportabiiat seii gravalnint , et quod recdim judicium facient sec'undiim siiani estinuilioneiii. Omnes alii jurabiint quod prodichini judicium qu(»d predicti super eos facient, et pacientur et concèdent, nisi probare poluerint quod de censu proprio persolvere nequiverunt (I).
14. Universi homines inCra villam Divionis et extra infra banleucani commolantes in cujuscuniquo terrilorio niorcntiir, communiam jurent ; qui vero jurare nolueril. illi qui juraverunt de domo ipsius et de pecunia ejus justitiani facient (2).
lo. Si quis aulem de communia aliquid forifeceril et per juiatos emendare noiuerit, homines communie facient exinde justitiam (3).
16. Si quis ad sonum pro congreganda communia factum non venerit, XII denariis cmendabit (4).
17. Nullus infra villam Divionis, vel extra infra banleucam, aliquem potest capere nisi Major et jurati, quamdiu justitiam de eo facere voluerint (5).
18. Si quis de communia vel ipsa communia mihi aliquid forifecerit, opportebit ut ego in curia Sancti Benigni (6), per Majorem communie ad judicium
(1) Conforme aux artifles 15 et 16 de la confirmation de Soissons, reproduits à peu près dans les mêmes termes. (Article 19 de la (.harte de Be-iuvais.)
(î) (Conforme à l'article 17 de la confirmation de Soissons. C'est du reste la première et la plus importante des ol)lii:]:ations imposées aux membres des communes. Ainsi l'article 1" de la charte de lîeauvais porte : Universi homines intra muriim civitatis et in suburbio commorantes in cujuscumque terra nianeaut, communiam jurabuut, nisi forte ex consilio Majoris et parium et eorum qui consilium juraverunt, aliqui remanserint. A Amiens, les membres de la commune sont appelés jurés.
(3) Conforme à l'article 18 de la contirmalion de Soissons. Les articles S, 9, 11, 15, IG, de la charte d'Amiens, ceux 8, 10, 12, 13 de celle de Saint-Quentin contiennent également l'obligation imposée aux gens de la commune il'exécuter dans certains cas les jugements rendus par les Maire et échevins.
(i) Reproduction de l'arlide 19 de laconfirmalion de Soissons. L'article 30 de la charte de Saint-Quentin porte également ; Quando Major et jurati ad congregandos homines ville pro negociis suis campanam sonare fecerint, quicumque de communia illuc advenerit, illuc venire et ad doraum suam redire poterit.
A Dijon, le signal de rassemblée communale était donné par une cloche de Téglise Notre-Dame, première paroisse de la ville, dont le clocher était à la fois la guette et le beffroi de la commune.
(5) Ce paragraphe, qui résumait eu le complétant l'abandon que le Duc faisait à la comnumc de ses droits de totale justice, quoique emprunté à l'art. 20 de la charte de Soissons, était beaucoup plus libéral. En effet, tandis que celui-ci restreignait l'exercice de ses droits aux murs de la ville, la charte de Dijon, à l'exemple de celles d'Amiens (art 3, 4, 48) et de Saint-Quentin (art. 3), étendait au contraire la juridiction municipale sur toute la banlieue. Les termes étaient précis : Infra banleucam. D'où il arriva bientôt que les magistrats se prétendant aux droits du prince, contestèrent aux seigneurs des villages de celte banlieue (voir p. 5, note 1) les droits de justice que ceux-ci, forts de la réserve insérée au 4V article <le la charte, croyaient à l'abri de toute discussion. Kecovirir k la force cimtre une commune puissante, véritable jiersonne féodale ayant bannière, soldats, et derrière laquelle ou s'exposait à rencontrer le Duc ou le roi de Krance, c'était dillicile, voire même dangereux. La querelle donc, au lieu de se vider sur le champ de bataille, fut portée devant les tribunaux; aussi dura-t-elle jusqu'à la Hévolution avec des chances diverses, résultant des variations de la politique, de raffermissement du pouvoir central et des infJTieuces parlementaires.
(6) On désignait alors ainsi un vaste emplacement situé entre les églises Saint-Jean et Saint-Bénigne, au centre duquel s'élevait l'église Saint-Philibert. C'était aussi, avant l'établissement des paroisses, le cimetière général de la ville, et nous dirons depuis 1183 le formn de la cité. En effet, c'est dev.aut le portait de cette dernière église que la commune, convoquée à cor et à cri, tenait ses assemblées, élisait ou recevait sesmagis. trats. et qu'elle ai'complil jusipi'à la Révolution tous les actes importants de sa vie poUtique.
juratoruni, jiistitiam de eo vel de ea capiam, neo eos extra predictam curiam vel placitaro, vel cartam monstrare compellere polero (I).