lettres autogr. signées [cachets
Correspondance de Madame de Montherot, née Charlotte- Aimée Damoiseau, dame de Vizerny, près Semur, épouse de J.-B. de Montherot. — Cette correspondance comprend 14 lettres avant 1789; 58 lettres de 1789 a 1793 ; 28 lettres de 1793. A la fin de 1793, les attaques violentes de Madame de Montherot contre la Révolution et ses opinions exaltées de royalisme lui valurent son arrestation. Elle fut incarcérée à 67 ans, et condamnée à mort par le tribunal révolutionnaire, comme complice d'un complot dans la maison d'arrêt de Dijon, où elle était détenue.
On peut voir dans ces lettres, les propos que tenaient les royalistes à Dijon. Nous en extrayons quelques passages, dont nous conservons l'orthographe ;
1789. — 7 novembre : « Vous scavée qu'il n'y a plus de parlement, qu'il y auras à Châlons, à Dijon, à Autun, à Bourque, des grand baliage, et cant vint assemblée provinsial. M. de Mirabeau boulverse tous. Dijon sera une ville qui ne veauderas pas Moutiée-saint-Jean dans trois ans. On y est pas en sûrté à présant. On rembourse les charges sure le pied du denier trante, autre injustise. C'est M. Vol dus qui a écrit ses nouvelles à son frère le jésuite. On est icy en bisbille, tout y vas comme le reste, mal. Le clergée est anéantis,
tous leur bien confisquée, et ils ne feras pas de profit, soyée en persuadé. Quel maisons y auras til donc à Semure pour dans dix huit mois, nous la prenderions, hélas, si nous existons, car la noblesse est bien menasée icy ; c'est un infâme
séjour a présant Il est arrivée hier un courrier à sept
heures du matin à M. de la Tour du Pin, luy anonsée la
destruction des Parlement et de toute les cours »
29 décembre. — « Vous avée eu du tapage (à Semur).
La folie, c'est une maladie qui se communique. Nous en avons une furieuse dose icy, c'est une horeur que se siècle.... »
On voit que Madame de Monlherot écrit avec une orthographe qui rend ses lettres parfois inintelligibles. L'écriture de cette grande dame n'est pas meilleure, et l'on est souvent réduit à deviner. Ce spécimen suffit, et nous traduirons maintenant :
28 janvier 1790. — «... M. de Montigny est maire depuis hier soir, malgré tout ce que l'on a fait contre lui, placards, requêtes, lettres. Je crois que l'on sera content ici des nouvelles nominations, malgré les clubs qui seront morts à la fin de l'autre semaine. Ils sont détestés dans le peuple.
« On dit que votre nomination (à Semur) n'est pas légale.
Le peuple les nomme aristocrates M. Masulier médecin
et avocat, a été insulté, hué et obligé de sortir... »
2 février. — «... Je crois que M. Verly sera premier échevin. Le club est pris en grippe ici. Tout y souffre, les gens honnêtes en grande partie sont dehors, le pauvre est malheureux, l'ouvrier, le marchand, le procureur, l'avocat en grande partie souffrent. Us ont tous perdu cette infâme nation. Notre Roy est esclave. C'est une horreur que la France. Ils verront clair trop tard, nos malheureux, lorsqu'il n'y aura plus de ressource. Ils font vendre les biens du clergé, qui est-ce qui les achètera? Tout cela n'aura qu'un temps bien court. Nous devenons raisonnables ici, c'est la misère qui nous rend doux. Les gens de ces clubs seront un jour errants et rejetés de toute la terre. Le peuple est d'autant plus à
plaindre qu'il n'a ni lumière, ni intelligence, ni connaissance
sur rien. Il faut les plaindre »
21 juillet. — «... Mon gueux de procureur démocrate est venu me parler aujourd'hui; il travaille et fait des frais contre tous ceux qui ne sont pas de son avis. Les placards vont toujours leur train; ce sont d'infâmes gens qui sont en place.... »
3 août. — «.... Les démocrates sont enragés des secours que le Roy a des étrangers, cela leur a tourné la tête. On a manqué de pendre un aristocrate à la lanterne. Ils ont battu une femme honnête, c'est la femme d'un procureur. C'est une horreur que Dijon. Ils ont insulté ce pauvre M. de Montigny. Je ne peux vous exprimer l'horreur de cette ville. J'ai bien des peines, bien des inquiétudes. Ha I quel siècle d'horreur, d'infamie. Il parait que nous avons le peuple, nous sommes trop peu pour les contenir. Je vous écris peut-être pour la dernière fois »
27 août. — Les commissaires sont dans de bons sentiments à l'exception de trois, mais le district et le département sont des enragés. Nos gens à deux francs ont été fort fâchés d'être payés en assignats, ils criaient à l'horreur. Ils viennent de prendre encore des avocats enragés pour faire une seconde chambre, Daubenton en est. Nos nouvelles vont lentement, et cette assemblée de la nation mène grand train et grand tapage. Ils ont toujours des partisans, des ambitieux, et voilà les gens qui sont bons pour cadrer avec eux. Ils ont parcouru ici les campagnes pour se faire des partisans, le grand nombre n'est plus pour eux. Les perruquiers avaient commandé un souper le jour de la Saint-Louis, ceux de la garde du château ont voulu le manger, les garçons perruquiers les ont chassés et battus ; cette querelle n'est pas finie, la partie est remise à dimanche. Mais la garde sera sage, on n'a pas un perruquier ici qui ne soit aristocrate, très royaliste pour mieux m'expliquer. Il y en a un grand nombre, et il s'en fait tous les jours. Si le roi se montrait, il aurait les trois quarts de la France On a brûlé six châteaux en Lorraine, nous ne serons pas de sitôt tranquilles.... Les commis-
saires aiment beaucoup M. de Montigny, il se conduit bien, il est sage et honnête, mais le département et le district voudraient le voir perdu.... »>
5 septembre. — «... Il y a eu à Nancy une grande perte pour le parti démagogue. On me marque que le régiment du Roy est toujours dans une grande fermentation à Verdun. M. de Bouillé s'est conduit comme un Dieu. Il y avait 15,000 hommes pour soutenir le parti des insurgeants, il n'est resté de Chateauvieux que 50 hommes au pins, la mestre de camp cavalerie y a péri à l'exception d'un escadron qui s'est sauvé dans les bois : M. Bouillé est à leur chasse; de là il va à Lunéville pour mettre à la raison les carabiniers qui se sont mal conduits. Ici il y a un tapage fou, parce que les officiers étaient royalistes, le département les a cassés, c'est une horreur. Beaucoup se sont retirés et ont prolesté contre les autres nominations. Hier, les protestants étaient assemblés a l'hôtelde-ville. Nos clubs cherchent à gagner des hommes pour défendre nos côtes ; ils demandent un écu par jour et on leur offre neuf sols, c'est bien loin de leur compte et rien ne les
encourage pour partir, craignant de ne pas revenir C'est
deux régiments suisses que M. Bouillé a envoyés contre Chateauvieux »
4 octobre. — « Hier me promenant sur la place, j'entrai
chez Bidault, où était M. Gille. Je trouve un M. Be....ton, chevalier de Saint-Louis, qui me dit que les assignats étaient excellents, que l'on aurait les biens de la nation à bon marché. Qu'est-ce que c'est que les biens de la nation ? Qu'est-ce que la nation ? Il me parle des bandits qui sont à Paris. Je le regardai ; Monsieur, lui dis-je, vous avez une croix de Saint-Louis, et vous osez paraître contre le Roy. Madame, les dettes de Mgr d'Artois, il les faut payer. C'est notre prince, nous les aurions bien payées et avec plaisir ; savez-vous, Monsieur, que toute personne honnête ne reconnaît qu'un Roy, que vous n'effacerez jaoïais les sentiments des Français. J'achèterai des biens, me dit-il. Nous vous en ferons bien déguerpir et votre croix que vous déshonorez. Gille me dit : On est tous démocrates à la place royale. Nous ne les craignons pas,
répondis-je. Qu'ils agissent. Il ne faut pas être timide vis-àvis une canaille aussi mal pensante que celle qui est ici. C'est une norreur.... »
8 octobre. — «... Tout est calme ici, à l'exception de quelques mouvements étouffés par le peu d'ensemble. Sans Léopold, sans des secours étrangers, nous n'aurions de longtemps de l'espérance. On dit que le cadet Bazire est parti ruiné. Ce dont je suis sûre, c'est qu'il a vendu la montre de sa tante il y a trois semaines. Arnoux est arrivé à Is-sur- Tille, il a eu les honneurs, les fêtes que l'on doit à un monstre que le peuple connaîtra trop tard ; il a été couronné, porté en triomphe. On est fou, c'est une maladie qui a été bien aisée à communiquer. Volfius arrive, ils seront présidents l'un et l'autre du club d'ici pour le ranimer, car il était pris en grippe ; les deux rois vont le ranimer, votre idiot vien-
dra-t-il aussi ici pour nous tracasser Les gens de
MM. de Courbeton et de Bevis ont pillé leurs vignes pendant la vendange, en disant qu'elles étaient à la nation »
13 novembre. — « On m'a dit, car je ne sors pas, que
Bazire est plus fou qu'à l'ordinaire, Morveaux plus fourbe et les autres plus actifs. On m'a écrit de la Lorraine que tout y est changé, qu'ils veulent lanterner les magots et les clubs de Paris. La gazette annonce les princes et 53,000 hommes de Léopold. Votre Semur est donc abandonné aux proscrits. Vos juges de paix sont des enragés ; Guéniot-Drouin l'est-il pour le canton de Moustier-Saint-Jean.... »
19 novembre. — «.... Nos assemblées sont gouvernées par les démagogues, ils se rendent maîtres du bas peuple soit par argent, soit en les faisant boire. Ils ont jusqu'à présent fait les présidents, secrétaires et scrutateurs à leur gré, il y a grande apparence qu'il en sera de même pour les cinq officiers municipaux qui sont à remplacer. Nos jugeurs ont été installés jeudi dernier, et la nuit du jeudi au vendredi a été passée à troubler la tranquillité des citoyens. Leur espèce de triomphe est bien insolent, et il est si peu mérité qu'il ne peut durer longtemps. Il me paraît que chez vous comme chez nous, les honnêtes gens sont découragés et abandonnent la
chose publique, c'est un mal et un grand mal. Du moins je le pense ainsi, et quoique nous ne soyions pas les plus nombreux, j'assure que je ne désemparerai qu'à la fin. Je pense comme vous, que plus ils choisiront mal, moins cela tiendra.... Dès que nos échevins seront nommés, je vous en ferai part »
Sans date. —«.... On m'apporte un billet d'enterrement de M- Dagonneau ; son père était chevalier, conseiller, et d'ancienne noblesse. Les têtes sont tournées, son fils est un enragé démagogue »
2 juillet 4791. — «.... Je voudrais savoir en quoi consiste la maison de M. de Montbéliard, à Semur, pour la louer. Ha 1 quelle ville que Dijon ; les honnêtes gens n'y sont pas en sûreté »
1% juillet. — «.... Jeudi nous aurons une confédération. Les aristocrates tremblent et les démocrates ont peur d'être compris dans le nombre du vacarme. J'espère, grâce à M. de Montigny, que nous en serons exempts »
23 août. — «.... Vous me chercherez un bon domestique, qui sache le service et qui soit propre, un paysan de ma terre de cinq pieds deux ou trois pouces, bon aristocrate, une fille de cuisine de quinze à seize ans, de gens honnêtes bien pensants Je donnerai de gages à celui qui sait le service
25 écus, à l'autre 16 écus, et 14 écus à la fille de cuisine »
6 octobre. — « Que fait donc M. de Sainte-Maure de ses
fils; ils ne partent pas ; j'enverrais au moins le cadet. On compte envoyer des quenouilles à tous les gentilshommes qui resteront dans leurs terres: ils en auront trois pour lui et il les mérite bien. On trouve que tout cela est bien long. M. de Montigny part à la Saint-Martin, nous sommes perdus cet hiver avec nos enragés »
Octobre. — «.... A l'égard de nos nouvelles, du 15 octobre au l" novembre nos forces ne seront pas encore réunies. Je crois qu'il y aura bien 200,000 hommes, c'est assez. Oh ! Il ne faut plus que patience ; la conduite du Roy étonnera toute la France, on l'aimera sûrement. Nos princes sont chéris,
surtout Mgr le comte d'Artois et la maison de Condé. Les magots commencent ici à avoir peur, ils disent qu'il y a du bruit à Metz, on ne m'en parle pas. Consolez-vous, Monsieur, tout ira bien, Dieu les protégera et les honnêtes gens se réuniront à eux, les uns par des sacrifices, les autres de leur personne. La loi militaire ne plaît point aux paysans; dites bien à mes gens de Vizerny d'être tranquilles; ceux qui feront les insolents seront punis comme on punit à la guerre »
27 décembre. — « Je ne vous fais point compliment sur
votre cousin qui est nommé maire à Dijon, il fait des visites de porte en porte chargez-vous le moins que vous pourrez d'assignats parce qu'ils pourront vous rester entre les mains avant qu'il fut peu »
Sans date. — «.... Nous sommes ici dans des transes continuelles. Tout le monde crie contre et personne ne vient au secours. On dit que le Roy et les princes veulent la constitution anglaise, et qu'ils s'arrangeront avec l'assemblée sans nom et sans titre de la guerre civile. INous sommes perdus. Etes-vous tranquilles (à Semur). Dieu le veuille. Les prêtres sont dehors de leurs prisons. Votre parents'est conduit comme une bête Tous sont par ici pour la fédération, jusqu'aux prêtres constitutionnels, jugez ce que l'on a à en redouter »
Sans date. — « Un enragé clubiste Ligeret part pour
Semur pour être à la tête de votre club. Si personne ne lui louait de maison, cela serait très heureux pour votre ville,
car il vous la bouleversera La misère est à son comble,
ici l'hiver sera affreux à passer, enfin quand vous viendrez, vous verrez que nous sommes tous à peu de chose près royalistes.... »
10 janvier 1792. — «.... On a brûlé, pillé les châteaux pour faire fuir les aristocrates; on les craignait, on les a fait sauver; voilà ce qu'on demandait. On a flatté le duc d'Orléans de monter sur le trône; on l'a ruiné et après couvert de boue. Il ne reste plus qu'un pas à l'assemblée, c'est de se défaire
du Roy; ce n'est pas difficile, celui-ci étant C'est de vous
à moi.... »
14 janvier. — «... J'ai de l'humeur contre les assignats ; on ne peut en changer qu'en grosse perte. Il y a ici un tas de gueux, on est volé de toutes parts. Quel abominable siècle !.... »
. 19 janvier. — «.... Tous les jours il passe des émigrés. Aujourd'hui je donne à manger à quatre, hier à deux qui partent avec courage et joie — »
2 mars. — «.... La misère pourrait bien nous donner du bruit. On commence à menacer tout haut dans les marchés ; le blé est à 9 1. Et il n'en vient point, quoique la police fasse en sorte que l'on soit tranquille sur la petite provision qu'ils ont prise dans l'Auxois.... On dit que personne ne veut partir; on aura bien des mauvais moments à passer jusqu'au balayage !.... Quand est-ce que nous aurons notre tranquillité »
22 avril. — «... On est ici comme à l'ordinaire. Le club des femmes 89 a été quitté par rapport à la motion du divorce ;
celui des hommes est enchanté de la guerre Ils ne savent
faire que des sottises, des horreurs.... »
4 octobre. — «.... Nous louons la maison de M. de Mont-
béliard qui nous convient mieux Votre domestique
fera bien de rester à Semur. Nos cuisiniers ici gagnent cinquante écus et les laquais trente, sans culotte, et je n'augmenterai pas mes gages dans un temps comme celui-ci ;
Paris a diminué ses gages d'un tiers On a eu du tapage
dans toutes les communautés, quelle vie !.!.. »
15 novembre. — «... Si j'ai été si longtemps, Monsieur, sans que vous receviez de mes nouvelles, cest que j'ai eu un coup de sang; il a fallu me faire saigner et j'ai été longtemps à toujours dormir. C'est le bonheur dont nous jouissons qui m'a rois dans cet état On assure que c'est
l'acquéreur des Chartreux qui sera maire d'ici ; ce sera comme il leur plaira »
23 novembre. — «.... Les nouvelles sont magnifiques. Le général Dumouriez prend tout; nous n'avons de frayeur que
pour M. de Custine qui esl bloqué par 30,000 Hessois. Et l'armée du prince de Condé, composée de quelques Suisses, de Hongrois et des émigrés; que vont-ils devenir, bannis de leur patrie ruinée ; c'est cependant l'élite de la France ; quelle perte pour le royaume !.. »
23 février 1793. — «.... Quel siècle 1 nous sommes perdus
avec nos domestiques à deux lieues d'ici le blé est à
onze livres ; point d'argent, point de blé; la famine avance. Ici tout le monde est resté tranquille.... »
13 mars. — «.... Le bon pasteur se remplit; c'est une maison malsaine, un concierge affreux par son despotisme ; les prisons sont pleines ; voilà nos nouvelles.... »
30 avril. — «... Ma santé est perdue, plus de jambes, un dégoût total. Je m'en vais, serez-vous mon exécuteur testamentaire. Voilà tout ce que je désire. Je suis plus malade aujourd'hui. II y a quatre prisonniers de sortis; ces MM. prolongent les affaires et y mettent un grand appareil ; tout le monde est dans la consternation. Dijon est désert ; on est malheureux et mourant de faim, on se ruine »
14 mai. — «.... On arrête toujours ici.... Madame Richard qui n'aime pas être gênée a la tête perdue, que je la plains.... MM. Belot et Gille sont cachés... »
10 septembre. — «.... On ne peut avoir du pain, je suis forcée d'en manger du bis, mon estomac ne s'en arrange
pas, il me faudrait soixante livres de beurre Ah, que je
crains l'hiver. Si j'avais une bonne redingote de terre, je serais bien heureuse ; plus d'inquiétudes, plus de soucis, je suis bien ennuyée de mon existence »
Ici s'arrête la correspondance de Madame de Montherot, dont la sévérité des arrestations ne put calmer les intempérances de plume et de langage. La lettre qui termine ce dossier n'est pas d'elle, mais ce document confirme ce que l'on sait de la condamnation de cette dame.
« L'Isle-sur-le-Serein, le 21 frimaire an III. « Le receveur de l'agence nationale de l'enregistrement et des domaines à L'Isle-sur-lc-Serein,
« Au citoyen Finot, propriétaire à Semur.
« Ta sais, citoyen, que la citoyenne Damoiseau, femme Montherot de Dijon, a été condamnée à mort par le tribunal révolutionnaire, et que conséquemment ses biens sont confisqués au profit de la nation ; tu sais également qu'elle en possédait commune de Blacy et communes voisines, qui sont de l'arrondissement de mon bureau ; j'ai pris possession de ces biens au nom de la nation, mais il en dépend plusieurs rentes dont je ne connais qu'une clause, parce que le débiteur l'a déclaré. Comme tu étais, citoyen, chargé de la recette de ces rentes pour la citoyenne Montherot, je te prie -de faire remettre le plutôt possible au secrétariat du district d'Avallon tous les titres de rentes et de propriétés que tu pourrais avoir entre les mains, etc., etc..
« Salut et fraternité, « Thomassin. »