LIS CHIENS CÉLÈBRES
Lord DorcheeteT, eu 1796, an père de l'auteur des Anritne Canadiens, F. A. DeGaspé ; Cabot, le magnifique Terre- Neuve, présenté au Prince de Galles, à son arrivée en cette colonie, en 1860. Wolfe, le colossal Saint-Bernard, qui me fat offert en don la même année, un des plus beaux spécimens que j'ai encore vus ; Bans oublier Vaillant, le fidèle compagnon de mon (7) ami L. H. Fréchette, qui l'a si bien chanté.
Alexandre Dumas, a glissé une anecdote qui en vaut la peine, sur l'origine de l'accolade, ou " poignée de mains " que se donne les chiens, dans la préface du superbe volume sur les chiens, écrit par Benédicl-Henry Revoil.
(7) Pêle-meie, Fréchette, p. VJ, aum Met Lomt» p. «5.
CHIENS DE CHASSE
Le bon chien fait le bon chasseur.
Le bon chasseur fait le bon chien.
En Canada, la chasse à la Bécassine et à la Bécasse se fait avec trois espèces de chiens : ces espèces bien que le produit de mélanges de races, à une époque reculée, sont devenues des races distinctes : le Pointer, le Setter et le Cocker spaniel.
LE POINTEE
Mon chien bondit, s'écaite et suit avec ardeur. L'oiseau dont les zéphirs vont lui porter l'odeur. Il s'approche, il le voit, transporté, mais docile, Il me regarde alors et demeure immobile.
J'avance, l'oiseau part, le plomb que l'œil conduit, Le frappe dans les airs au moment qu'il s'enfuit.
Saint-Lambert.
Le pointer, n'est pas de race aussi ancienne que le setter. Il fut amené en France, par des officiers anglais pendant l'invasion de 1814 et 1815. On le possédait en
Angleterre peut-être un demi siècle ayant. (1) Il se nommait d'abord Spanish Pointer — Pointer d'Espagne, parceque le croisage des races qui le produisit semble avoir eu lieu d'abord en ce pays, où sa vigueur et son entrain le rendirent précieux pour l'exercice ardue de la chasse, dans des plaines arides et souvent sans eau. On le considère un croisé entre le Foxhound ou le lévrier (Greyhound) et l'Epagneul — ou entre l'Epagneul et le lévrier Danois. On ne doit jamais, quoiqu'on en dise, le croiser avec le setter. Cependant j'ai connu des Métis d'une rare sagacité. Le métis entre le pointer et le setter se nomme dropper ; j'ai connu des dropper à Québec,
(l) " Le pointer est le chien favori des anglais, et ils ont doublement droit d en être fiers, puisque c'est leur création, et qu'elle est vraiment merveille use.
C'est un chien à poil extrêmement ras, fin comme la soie et dont la robe affecte toutes les couleurs, mais principalement la couleur blanche tachée de foie, d'orange ou de noir, la couleur la plus recherchée est la couleur blanche et foie, puis la couleur blanche et orange, et enfin la couleur blanche et noire ; mais avec le plus de blanc possible. Le poil doit être gros à la naissance, et très fin à l'extrémité. Il ne doit pas tomber plus bas que le jarret. L'oreille dont la finesse décèle la pureté du sang, doit être courte, et, quant on la ramène vers le nez, ne pas dépasser le coin de l'œil. Bien dressé, c'est un chien d'une obéissance absolue. La puissance de son nez, même par la chaleur est étonnante,, et la rapidité de sa course est sans égale. Il n'est pas de chien plus brillant, ni ayant au même degré l'instantanéité et la fermeté de l'arrêt. Il tombe véritablement en catalepsie.
Cette résistance à la chaleur, et cette faculté de conserver la finesse de son odorat dans les conditions les plus défavorables, font, que de l'autre côté de la Manche (en Ang eterre), on s'en sert principalement à l'ouverture de la chasse, en plaine.
Il est certain néanmoins, que la nature a mieux armé les petits cockers et springers, contre la morsure des ajoncs, et que la santé de ces chiens souffre moins que celle des pointers, de chasses journalières dans l'eau glacée des marais/' (Baereyrk.)
Le pointer trempé d'une longue pluie froide grelotte. ... il a sujet de regretter dans les épines et les ajoncs, le feutrage et les longues soles du setter.
CHIENS DE CHASSE
d'une rare sagacité ; les formes athlétiques du pointer prédominent généralement chez les dropper ; Ton affirme qu'ils sont incertains dans leurs chasses et que leurs écrois dégénèrent à la seconde génération.
Le pointer est âpre, ardent, batailleur même ; il typéfie les deux ordres que les vieux livres désignent comme Sagaces et Pugnaces.
S'il n'a pas la vitesse merveilleuse du setter, il est plus dur à la misère, souffre bien moins de la soif ; on peut même l'employer dans les plaines où le manque d'eau potable rendrait le setter inutile. Il chasse à ravir dans les lieux découverts ; mais il n'aime pas les fourrés, le grand bois, bien qu'on réussit souvent à vaincre, en cela, sa répugnance ; il ne prend l'eau qu'à contre-cœur. Pour le jeune Actéôn des villes, qui ne peut se permettre que trois ou quatre parties de chasse par saison, le pointer est préférable. Une fois dressé, il reste dressé ; tandis que le setter requiert souvent une nouvelle leçon à chaque partie de chasse, à moins de chasser constamment.
Le pointer n'a pas le naturel affectueux du setter : il pointera aussi bien pour un étranger que pour son maître. Il chasse en un mot pour son propre compte ; mais il ne tolère pas toujours la maladresse chez le chasseur. Sir Walter Scott se plaisait à rappeler une anecdote à propos d'un vieux pointer qu'il avait prêté à son ami, le comédien, Daniel Terry. Terry fit lever une couvée entière de perdreaux et lâcha ses deux coups de feu sans rien tuer. Le chien se retourna, le toisa de haut en bas ; puis, il continua de pointer. Terry eut une seconde mésaventure semblable :
l'animal, baissa la queue, leva la patte de derrière
puis, quitta de suite le malencontreux chasseur. " Le pointer est infatigable ; l'ardeur de la poursuite lui fait tout oublier. Tous les chiens quand ils ont soif, se précipitent
dans l'eau qu'ils rencontrent ; le pointer quand il est lancé, n'y fuit pas attention ; il craint de perdre un seul instant. C'est au maître à veiller sur le chien. Il part au galop, prend le vent, court en tout sens et tombe en arrêt. Vous êtes à mille pas de lui, qu'importe ! Son arrêt est si ferme, que vous avez le temps d'arriver " au son de sa clochette.
Blain, écrivain distingué, reconnait quatre variétés de pointers : le pointer Anglais, celui d'Espagne, celui de Kussie, celui de France. (1) Youatt ajoute une cinquième le pointer Portugais, race inférieure, dit-il, sous bien des rapports.
Le temps fut où le pointer d'Espagne, était fort prizé, en sa terre natale, aussi bien qu'à l'étranger, pour sa force, son fin nez etc. ; mais ses formes grossières, son caractère hargneux, son appétit vorace le firent bientôt tomber en discrédit.
Heureusement qu'on avait songé à le croiser avec le Foxhound ou lévrier à renard ; ses écrois furent réputés les égaux des pointers anglais, en vigueur, en vitesse et pour le flaire. Blain mentionne un de ces chiens — la propriété du Col. Thornton — qui fut vendu ou échangé pour cent louis valant de vin de Champagne et de Bourgogne, une tonne de vin de Bordeaux, un fusil de chasse de valeur et un pointer.
Le pointer de Eussie, peu connu en ce pays, mériterait
(2) " Ayant la révolution française, les races de chiens d'arrêt de la France étaient fort estimées, et il est incontestable que les Anglais leur ont fait plus d'un emprunt pour améliorer les leurs, filles se distinguaient par la finesse du nez, jointe à la fermeté de l'arrêt ; mais elles manquaient d'allures et de fonds. Ces défauts n'avaient pas d'ailleurs, les inconvénients qu'ils présentent aujourd'hui, parce que le gibier abondait partout. Infiniment moins pourchassé, il était beaucoup plus abordable.j*
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de l'être davantage, au rapport de Frank Fore3ter; sa forte taille, son poil long et rude, le renient insensible au froid du Canada ; il n'est certes pas beau à voir, mais on en parle très avantageusement. Le pointer de France, bien moins grand que le pointer de Russie ou même le pointer aDglais, réunit une foule de bonnes qualités ; mais il est moins vigoureux et à moins de vitesse que le pointer anglais. Beaudrillard (1) en fait beaucoup d'éloges ; il s'emploie selon lui, dans ce qu'il nomme les grandes
Les pointers d'Espagne dits " chiens à deux nez, " parce qu'ils ont les narrines séparées par une gouttière passent pour être inférieurs quant à l'odorat, aux autres races. Stonehenge, Youatt, Lewis donnent la préférence aux pointers aDglais. Le point capital pour le chasseur désireux d'acquérir un pointer, est la connaissance personnelle et par des eypériences réitérées, de son savoir faire en fourré, ou en plaine. N'achetez donc jamais un pointer simplement d'après la connaissance de sa lignée, l'élégance de ses formes. Bien que nos races de pointers soient par fois, rien moins que pures, nous avons connu des chasseurs expérimentés des vieux pays, Sir George Gore entr'autres, en faire grand cas.
(1) Dictionnaire des Chasses.