‹ Chasse et pêche au CanadaChapitre 7 sur 115 · LE CHASSEUR PRÉHISTORIQUE · texte numérisé non relu

LE CHASSEUR PRÉHISTORIQUE

tif employait pour les capturer, recherchant dans leur ehair l'aliment et le vêtement dans leurs dépouilles.

Lyell prétend que les armes en pierre et les ossements déterrés hors du lit de la Somme, en France, accusent une antiquité, d'au moins cent mille ans. D'autres savants ont porté à deux cents cinquante mille ans, l'ère où Ton chassait le Grand Elan d'Irlande, l'Urus et l'ours des cavernes. Pour les abattre, leur enlever la peau, le rude Nemrod d'alors n'avait que sa hache en pierre, sa lance et son couteau de silex.

J'ai souvenance d'une agréable matinée passée à York, Angleterre, en septembre 1881, à entendre un des nôtres, le savant professeur 0. C. Marsh, de Yale Collège, Amérique, discourir, en présence de 1' Association Britannique, sur les races éteintes. Il avait tracé en craie — grandeur naturelle — la silhouette d'un oiseau de la période Jurassique — Varchœoptérix — ^serpent quant à la partie inférieure ; se guidant sur trois squelettes, plus ou moins complets qui nous en restent : l'un déposé au British Muséum, à

on n'entendait partout que gémissements des victimes. Des villages entiers perdaient en un instant leur population humaine.

Un cri de détresse universelle atteignit enfin les paisibles régions de l'Ouest : le Bon Esprit vint au secours des malheureux. La nue vomit des éclairs ; les éclats du tonnerre remuèrent le monde jusque dans ses plus profondes assises. Le ciel fit main-basse sur ces agents de destruction : les monts retentirent de leurs rugissements, du râle de leur agonie.

Tous succombèrent, excepté un mâle énorme, le plus féroce de ton*, que l'artillerie céleste fut impuissante à foudroyer. Il gravit les cimes sourcilleuses qui cachent les sources de la Monongahela, et ivre de rage, il j défia la vengeance céleste.

Le feu du ciel calcina les épinettes altières et fit jaillir en éclats les vieux chênes : mais le terrible monstre narguait les éléments conjurés... L.

Rugissant, furieux, il enjamba les flots de la mer à l'Ouest ; en ce moment, il règne, en monarque absolu, au désert, malgré le Grand Esprit.."

Londres ; le second, à Munich, Bavière ; le troisième, au Muséum de Berlin ; cet animal d'après son étrange conformation, ses vertèbres, sa queue de serpent, semblait appartenir au genre Struthionidœ : les écrivains les plus célèbres, Sir Richard Owen en tête, le classent maintenant parmi les oiseaux ; on en voit une bonne représentation au Muséum Bedpath, à Montréal.

Le professeur Marsh avait minutieusement examiné et comparé les trois spécimens. Sa théorie, ses lumineuses explications, parurent créer une vive impression sur les savants d'Europe réunis en ce mémorable sanhédrin, à York, au cinquantième anniversaire de l'association. Un disciple de Saint-Hubert présent fit la remarque qu'il aurait fallu plus que du plomb No. 8 pour abattre un archœoptérix. ,

Redemandons aux géologues, le chasseur du passé, se& armes, ses leurres, ses caches, ses affûts

La chasse, avant d'être pour l'homme un délassement, avait dû être une nécessité. Il fallait se vêtir, se nourrir, *e protéger contre les animaux incommodes. Plongez votre regard, sur la mer des âges : voyez cet homme alerte, athlétique, injambe, vêtu de peaux. Voyez-le s'élancer à travers les vastes plaines de l'Europe et de l'Amérique : il traque sans sourciller, sur les glaces et les neiges, le gros gibier, sans autre arme que son couteau de pierre assujetti à un long manche. La victime, il est vrai, n'a pas encore appris à se défier de l'homme. Seul, peut-être, il ne saurait la capturer ; mais réuni en bande, rien de plus facile pour lui que de cerner ces géants. Il leur creusera des fosses, qu'il masquera habilement ; ou il les refoulera dans l'angle d'un rocher ; ou il les fera se jeter d'effroi du haut d'un précipice ; il leur tendra enfin, comme le chasseur d'aujour-

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d'hui, avec succès, mille embûches : car, n'est-il pas le roi ■de la création ? (1)

Bientôt, en quête d'abri, il s'aventurera dans les souterrains creusés par les courants dans la berge des rivières ; là, le besoin, père de l'industrie, lui suggérera d'ajouter 1a pêche à la chasse. Il se créera des armes moins grossières, plus effectives. Puis, gagnant chaque jour en force, en confiance, il prolongera ses courses, jusqu'aux confins de l'océan, découvrira dans l'ami de l'homme, le chien, une bête de trait, un compagnon, un guide dans ses chasses.

Puis, il ensemencera une lisière de terre ; pour s'assurer un gîte, au-dessus de l'onde des lacs et puiser à sa porte l'alimentation, il élèvera sur pilotis, sa demeure lacustre, que la crue des eaux ne pourra atteindre ; témoins : certains lacs de la Suisse, de l'Allemagne, de la France, de l'Italie.

Ses loisirs, il les emploiera à repolir, à ajuster, à aiguiser ses armes, ses appareils de chasse et de pêche. Les métaux airachés aux flancs de la montagne seront utilisés pour ses nouveaux engins : il coulera le bronze dans la pierre ; il en fera des hameçons qu'il garnira d'os : il se creusera une pirogue dans le tronc d'un arbre. Son chien, gardien du toit domestique, deviendra son inséparable compagnon de chasse, etc. (2).

Tel se lit l'histoire du sportsman des jours'qui ne sont plus, tracée sur les os, le bronze, les restes de ses banquets, le squelette de ses chiens, mêlés à ceux du gibier et du poisson, enfouis dans les cavernes, (3) ou le soleil a cessé de luire depuis des séries de siècles.

(1) Praetit piscibus maris et volatilibus cœli et bestiis, universse que terrm omnijte reptili qvod movetur in terra. Genèse, eh V. 26 ,

(2) Voir une intéressante étude sur cette matière, par le Professeur Alfred M. Mayer, du Steven Institute of Technology, dans son magnifique volume sur le Sport, intitulé Sport with Oun and Rod.

(3> Les cavernes dans la vallée de la Dordogne et de la Vezères, en France, ont fourni aux savants de curieuses révélations.

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