LE SAUMON
printemps, la femelle remonte ces fleuves, suit les rivières et va dépqser ses œufs dans nne espèce de fosse creusée par elle dans le sable ; puis, le mâle vient à son tour y répandre sa laite.
" Les saumons suivent un certain ordre ("ans ces migrations périodiques. U,ne femelle, la plus grosse de la troupe, juarçhe an tête ; les autres femelles la suivent, nageant deuy à deux ; puis viennent les mâles et enfin les jeuu.es s^umoQs. Us franchisant dans le jiiême ordre les |(#sça,des et les digue3, car le saumon peut s'élapcer à upç hauteur de quatre à cinq mètres hors de l'e^u. Pour cela, il se courbe en d«mi-jcer£le, s'appui contre un corps solide, tel qu'une pierre, çt, redressant son corps avec la force et la vitesse d'uu ressort, il s'élance audessus de l'obstacle.
J'ai yu reiterement les s^uiuon s'efforcer de fraucjxir Ja passe au saumon érigée par l'état au ruisseau à M^rse, près de la Grande Baie des Ha ! Ha ! district du Saguenay ; 1I9 %isaieu.t plusieurs sauts désespérés, infructueux, mais e.ufin, i^a >e;n venaient à bout.
" L^ vitesse av#c laquelle nagent les saumous, égale celle dWflie bcomqtiye de chemin de fer; " ils franchissent par seconde une étendue de vingt quatre pieds çnyirojp.
On ne sera pas surpris, dit Lacepède, de cette célérité, si Ton fait attention à la conformation du saumon. Les saumons ont dans leur queue une rame très puissante. Les muscles de cette partie de leur corps jouissent même d'une si grande énergie, que des cataractes élevées ne sont pas "pour ces poissons des obstacles insurmontable. C'est surtout, lorsque le plus gros de leur troupe, celui que Ton a nommé leur conducteur,' a sauté avec succès, qu'ils £'éla&G$pt avec u$e nouvelle ardenc Après toutes ce* fatigues, ils <#3t $oavept besoiu Je se reposer.
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Les mâles, ont d'ordinaire la tête plus grosse, le corps moins épais que les femelles. Leur mâchoire supérieure est plus avancée que celle d'en bas, et lorsqu'ils sont parvenus à leur troisième année, elle devient plus longue et
se recourbe vers l'inférieure Lorsqu'un mâle trouve
un autre mâle auprès des œufs déjà déposés dans la fiayère, ou auprès de la femelle pondant encore, il l'attaque avec courage et le poursuit avec acharnement ou ne lui cède la place qu'après l'avoir disputée avec obstination. Les saumons ne fréquentent ordinairement la irayère que pendant la nuit. Il arrive quelquefois cependant que les œufs pondus par les femelles et la liqueur séminale des mâles se mêlent uniquement par l'effet dès courants.
Les saumons vivent d'insectes, de vers, de jeunes poissons : on les voit s'élancer avec la rapidité de l'éclair sur les moucherons, les papillons, les sauterelles, et les autres insectes que les courants charrient ou qui voltigent audessus de la surface des eaux.
" Les jeunes saumons, dit le Dr Henry, sont fort frêles : la moindre chose les tue. Ils sautent constamment à la mouche et si l'hameçon s'enfonce profondément dans leur mâchoire, cela suffit pour .causer leur 'mort. Bien que quelques individus de la nombreuse famille des salmonidés aient été connus des anciens, rien ne démontre que le saumon franc, le véritable représentant de l'espèce, le fut des Grecs.
I love to see the man of care Take pleasure in a toy ; 1 love to see him row or ride, And tread the grass with joy, Or throw the circling salmon fly As lusty as a boy.
Ami, lecteur, aimez- vous la pêche à la ligne ? Etes- vous homme à devancer l'aurore, muni de votre canne à pêche et de votre panier, pour voir, en péchant, lever l'astre radieux du jour ? auriez- vous le courage et la patience de vous embusquer pendant des heures entières sur les rives d'un ruisseau, pour y tenter avec votre hameçon l'appétit de rusés poissons ? Bref, vous sentez-vous capable de vous arracher aux pavots de Morphée, à l'heure où sortent les lutins, au temps où les sorciers commencent leur sabat, à minuit sonnant; puis, d'avaler un hâtif repas; cela fait, de vous aventurer, à la lueur des étoiles, dans les sombres sentiers des Laurentides, connus seulement aux descendants de Gabriel et de Sioui, ces guides amphibies du lac
(*) Extrait des Pêcheriees du Canada, par J. M. LeMoine, 1863.
Saint-Charles (1), afin d'être prêt à lancer votre mouche à deux heures et demi du matin ? Si vous ne voustsentez pas ce courage antique, je vous dis, moi, que loin d'oser vous croire capable de jamais capturer le monarque de nos ririvières, le saumon argenté, ou même la truite saumonée, Isaac Walton (2), le père Isaac, comme le nomment tous
(1) les guidas du lao saint ohables.— Ce lac possède parmi ses habitante, quelques célébrités locales.
D'abord le fameux chasseur indien, Sioui, qui réside au Grand Lac, près la Baie de l'Echo, ainsi nommée à cause des échos que les montagnes voisines vous y redonnent.
Le premier lac, ou le lac Saint-Charles proprement dit, possédait aussi deux pêcheurs renommés au bon temps où le jovial colonel Alphonse DeSalaberry, et son vieil ami, M. Charles Panet, député de Québec, y allaient faire leurs fructueuses parties de pêche.
Ces pêcheurs, types du genre, deux frères, resteront longtemps dans le souvenir des habitués de l'hôtel Verre t, qui a voisinait leur modeste demeure. L'un, surnommé le Pape ; l'autre frère le plus célèbre des deux, succombait à une courte maladie, en octobre 1870, l'iesqu 'octogénaire. Aux amateurs, il ne fut jamais connu sous d'autre nom que celui de Gabriel.
Quel est le pêcheur de truites qui n'est allé s'asseoir au foyer du légendaire chasseur pour y écouter ses merveilleuses histoires :