‹ Chassériau; 48 planches hors-texte, accompagnées de 48 notices rédigéesChapitre 16 sur 58 · L’ART DE NOTRE TEMPS · texte numérisé non relu

L’ART DE NOTRE TEMPS

râbles à Vœuvre. « M. Chassériau — dit Louis Peisse — dans la Revue des Deux Mondes, a voulu, peut-être sans nécessité, entreprendre une chose difficile, faire un tableau avec deux figures de femmes, toutes deux en pied, de même taille, toutes deux vêtues d’une robe de même couleur, de même étoffe, avec le même châle, posé de la même manière, et soutenir cette espèce de gageure sans employer aucun artifice de lumière ou d’effet, uniquement par l’autorité du style, de la forme, du caractère. A-t-il suffisamment réussi? Nous ne le pensons pas. Cependant il a exécuté ce tour de force avec une résolution et une habileté qui méritaient de triompher... »

Pour rendre justice à cette œuvre — lit-on d’autre part dans les Beaux-Arts de Curmer, en 1843 — il suffit de la regarder « avec l’attention, avec l’intérêt que mérite le nom du jeune peintre et le souvenir de tant de beaux ouvrages dignes de lui... Legrand tort peut-être de M. Chassériau c’est d’avoir été trop modeste, trop simple, trop vrai. Il n’a rien accordé à l’effet, au bruit, à la mode. Il se serait fait honte à lui-méme, s’il avait obtenu un succès de fleurs, de rubans, de gazes, de satin, un succès de marchande de modes, pour tout dire... »

C’est une admiration unanime qui a accueilli récemment Les Deux Sœurs quand elles ont reparu à la Centennale de 1900. Il n’est personne qui n’ait souhaité alors de voir un jour cette belle toile représenter au Louvre un des aspects les plus forts du talent de l’artiste.

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