‹ Chassériau; 48 planches hors-texte, accompagnées de 48 notices rédigéesChapitre 36 sur 58 · r- U ART DE NOTRE TEMPS · texte numérisé non relu

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et de marchandises précieuses, de femmes coiffées de tiares, parées de colliers de sequins se pressait sur le môle baigné par la mer bleue.

La deuxième scène (reproduite ici) représente un navire oriental entrant dans un port d 'Occident.

{< Dans le pendentif de droite — décrit Gautier — des Indiens et des Chinois abordent à un rivage d’Europe. La jonque bizarre et monstrueuse gonfle sa voile de feuilles de bambou, et un canot amène à la berge, couverte de ballots et de marchandises, différents personnages exotiques, dont les robes de mousseline, les turbans, les ceintures diaprées, font un contraste heureux avec les costumes plus sévères du Nord. La mer, non plus bleue, cette fois, mais verte, brode d’une frange argentée les récifs et les fortifications de la côte, et le vent plus âpre lui arrache des lanières d’écume qui s’éparpillent en l’air. »

Pierre Malitourne, qui regrettait tout à l’heure la tristesse uniforme des compositions de Chassèriau, se plaint ici de cet intermède, qui aurait dû cependant lui donner satisfaction :

(( Cette réalité — dit-il — jetée brusquement au milieu de tout ce symbolisme, n’a pas été, il nous semble, une intention assez réfléchie ; et nous nous étonnons encore que le sentiment sérieux du peintre n’ait put résister â la tentation d’un caprice. »

Ce <( caprice n est particulièrement précieux pour nous. Nous y voyons l’idée première que devait renouveler Puvis dans sa Marseille porte de l’Orient.

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