‹ Chassériau, notices rédigéesChapitre 2 sur 53 · I. — THÉODORE CHASSÉRIAU EN · texte numérisé non relu

I. — THÉODORE CHASSÉRIAU EN

Nous ne connaissons que par les impressions écrites des contemporains la physionomie de l'artiste lorsqu'il fut parvenu à l'âge d'homme. Il n'était pas beau, mais la lumière de son regard, l'impassibilité dont il enveloppait son naturel inquiet et ardent faisaient une impression profonde sur tous ceux qui l'approchaient.

t Théodore Chassériau avait un grand air de distinction — nous apprend Aglaùs Bouvenne. Il était d'une taille élevée. Il portait toute sa barbe, qui était noire et extrêmement soignée. Le timbre de sa voix était plein d'harmonieuses sonorités. Il s'exprimait dans un langage choisi, très pur. Instruit, correct dans sa mise, élégant sans affectation, cavalier infatigable, il obtint tous les succès qu'accorde le monde à ses favoris. Habillé dès le matin, il travaillait dans sa tenue de visite. Le paletot de sortie était seul remplacé par un

paletot d'intérieur, semblable mais un peu moins frais, sous lequel apparaissait toujours un irréprochable gilet de piqué blanc ».

Le portrait peint le plus connu de Chassériau remonte à une époque bien antérieure. Daté de 1838, il a été reproduit avec variantes dans une eau-forte de Bracquemond. Le jeune homme est sanglé dans une redingote à larges revers, très simple et très élégant. Sa physionomie grave a l'expression de réserve un peu farouche qui nuance la plupart de ses œuvres (Collection de M. Arthur Chassériau).

Plus ancienne et peut-être plus attachante encore est la douce figure méditative qui est reproduite ici (même collection). Chassériau s'est représenté au travail, dans son petit atelier de la rue Saint- Augustin. A peine âgé de seize ans, il a terminé, sous la direction de M. Ingres, ses études d'écolier étonnamment précoce. Son maître, qui l'affectionnait particulièrement et qui avait dit un jour de lui : « cet enfant-là sera le Napoléon de la peinture », est parti pour Rome, et lui-même, resté sans guide, à l'âge où tant d'autres en sont encore à l'alphabet du métier, prépare seul ses envois au Salon.

I, — Th. Chassériau en 1836

COLLECTION ARTHUR CHASSÉRIAU

PHOT. BRAUN

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