‹ Chateaubriand et l'hystérieChapitre 15 sur 24 · LEIPZIG · texte numérisé non relu

LEIPZIG

Leipzig est aujourd’hui un des grands centres universitaires de l’Allemagne pour l’étude des sciences naturelles et de la médecine. Les noms de Ludwig, His, Leuckart et Cohnheim personnifient quatre branches des sciences biologiques vers lesquelles notre attention devait se porter : la physiologie, l’anatomie humaine, l’anatomie pathologique, et la zoologie et zootomie. Les trois premières de ces sciences ont des instituts magnifiques; et un institut encore plus beau et plus grand, actuellement terminé, va recevoir au printemps prochain le service de la zoologie et zootomie. Tous ces instituts sont dans le voisinage les uns des autres, avec un institut physique, un institut chimique, un institut pour les sourds-muets (ce dernier en cours de construction également) , et enfin l’hôpital» De sorte que les étudiants ne perdent point, à se déplacer, un temps qu’ils peuvent mieux employer.

Gomme à Munich, comme à Würzburg, ces instituts sont tou-

jours d’autant mieux installés qu’ils sont plus récents. L’institut anatomique, bâti depuis cinq ans, est plus beau que l’institut physiologique, plus ancien, et sera dépassé parle luxe de l’institut zoologique qui s’élève actuellement. Dans un certain nombre de ces instituts, les professeurs sont logés (institut physiologique et zoologique) ; dans d’autres, les assistants seulement ont un logement de garçon. Cette combinaison est assez pratique, en ce sens qu’elle entraîne le renouvellement forcé de ces assistants l.

Cet institut, célèbre par la direction cjue lui a imprimée M. Ludwig, ne pouvait m’intéresser qu’au point de vue de certaines dispositions spéciales. On y remarque, comme dans les autres instituts de Leipzig, une grande tendance, non pas à isoler les travailleurs, mais à les grouper dans des appartements spéciaux. Déjà j’avais été frappé , à l’institut physiologique de Munich , du grand nombre de petits appartements consacrés en quelque sorte à chaque genre de recherches.

Le professeur, avons-nous dit, est logé dans l’institut, il en occupe le premier étage; dans le sous-sol, une machine à gaz du système Rôsike de la force de quatre chevaux dessert le laboratoire et peut, en outre, actionner une essoreuse; un mécanicien, qui a son atelier près de la machine, la conduit et travaille au montage des appareils; le rez-de-chaussée, très vaste, est occupé par une série de salles, servant : l’une aux expériences sur les gaz, une autre aux recherches d’électricité, d’autres aux vivisections. Dans une des salles sont des kymographions de divers modèles. Une salle est spécialement destinée aux injections : l’appareil est une cuve plate en forme de table roulante, un bec de gaz placé sous la table entretient l’eau de la cuve à la température nécessaire, un grillage placé au-dessus de l’eau permet de tenir les animaux chauds pendant l’injection et laisse couler les matières injectées. Trois auges placées latéralement chauffent au bain-marie (au moyen d’un bec de gaz placé au-dessous) les flacons contenant les masses. Quant à la pression, elle est réglée

1 Quelque chose d’analogue existe à Paris pour le médecin de Sainte-Barbe logé par l’établissement et dont cette simple condition entraîne la fréquente mutation.

2 Physioloijlsches Institut ( Deutsch . ahad. Jahrbuch ).

par différence d'écoulement dans un vase ferme et muni d un ma nomètre à mercure qui permet toujours de mesurer cette piession à chaque instant; il y a trois de ces vases, afin de pouvoir pratiquer trois injections simultanées. Ces appareils sont fabriqués par le professeur Hirtzel, à Plagewitz (aux environs de Leipzig). L institut possède également une salle spéciale consacrée aux recherches microscopiques, avec une collection de préparations.

Il y a aussi un laboratoire de chimie, et enfin une petite bibliothèque. Naturellement une salle spéciale est réservée aux balances; chaque balance, outre sa cage de verre, est encore abritée par une cloche de carton exactement suspendue à un contrepoids et qu’on soulève quand on doit faire une pesee.

L’amphithéâtre est spécialement dispose pour 1 enseignement de la physiologie. Les animaux en expérience y sont apportés sur une table roulante recouverte cl’une glace sur fond jaunâtre.

Bestiaire . — Dans plusieurs pièces du sous-sol du laboratoire sont des cages, d’un modèle identique, pour les chiens. Le fond est formé de planches qu’on peut retirer isolement afin de les lavei . Ces cages sont élevées de 5o centimètres environ au-dessus du sol pour permettre le nettoyage du parquet bitume au-dessous des animaux. Dans une pièce spéciale est un fourneau pour prepaier leui nourriture. Une autre pièce présente une série de petites auges longues de 60 centimètres environ, larges de 3o et grillées en dessus, pour mettre les grenouilles pendant 1 hiver. Comme elles se nuisent en s’empilant les unes sur les autres, on nen met que cinquante dans chaque bassin, avec 8 a îo centimeties deau. Celle-ci est renouvelée tous les jours pendant l’hiver.

Le laboratoire possède un jardin dans lequel est une volière, puis une grande cage en forme de voliere abritant un bassin pour les grenouilles en été. Enfin, près de la est une ecurie pouvant recevoir deux chevaux, avec une salle munie dune grande table roulante et des trucs nécessaires pour immobiliser ces animaux et pratiquer sur eux des opérations. — Une pièce voisine est consacrée aux lapins. Ceux-ci s’abritent dans des boîtes munies d’une chattière et d’un couvercle qui se lève. Ces boîtes sont beaucoup plus petites qu a l’institut physiologique de Würzburg. D’ailleurs on ne trouve pas pratique, a 1 institut de Leipzig, delevei ou de nourrir des lapins, et on les acheté selon les besoins.

Cet institut, sous la direction de M. le professeur Cohnheiin, est plus considérable, à tout prendre, que l’institut physiologique. L’assistant, le docteur Weigert, y est seul logé. Je n’ai visité que les salles du premier étage. M. Cohnheim m’a informé que sa galerie placée au second étage était toute en réfection et ne pouvait m’offrir, pour l’instant, aucun intérêt.

Toutes les salles du premier étage de l’institut pathologique sont éclairées par de larges fenêtres. Les étudiants les plus avancés ou qui poursuivent des recherches travaillent généralement dans des salles particulières, distinctes des grandes salles agencées pour l’enseignement micrographique et où se font, à certains jours et à certaines heures de la semaine, des cours forcément élémentaires. Nous avons déjà signalé cette distinction entre ce qu’on pourrait appeler véritablement des amphithéâtres de microscopie et les vrais laboratoires de recherches. Dans l’amphithéâtre, l’élève, comme partout, reçoit un matériel uniforme, consistant en une petite boîte ou plutôt cuvette de carton , avec les réactifs indispensables. Chaque élève a de plus une armoire.

Comme à Wûrzburg, il existe pour cet enseignement une collection de matériaux (pathologiques), consistant en tumeurs fragmentées et conservées dans l’alcool, quelquefois après macération dans la liqueur de Millier ou dans l’acide chromique. Ces fragments sont donnés aux élèves pour pratiquer des coupes.

Le professeur a , pour son usage personnel , plusieurs cabinets. Une salle renferme tout un matériel destiné aux études de pathologie expérimentale, appareils de contention, pompes à mercure, enregistreurs électriques, etc. , * a . Dans une autre salle voisine est un grand kymographion abrité par une sorte de châssis de toile qui s’ouvre en deux et se sépare comme un paravent. Un constructeur-mécanicien est spécialement attaché à l’institut pathologique. Celui-ci, comme partout, peut, quand il le veut, faire commerce des instruments qu’il fabrique. C’est la coutume générale en Allemagne et en Hollande (université d’Ütrecht).

1 Patlwlogisck-anatomisch.es Institut [Deutsch. ah ad. Jahrbuch ).

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