‹ Chateaubriand et l'hystérieChapitre 21 sur 24 · BERLIN · texte numérisé non relu

BERLIN

A Berlin, les établissements suivants devaient appeler d’une manière toute spéciale mon attention :

i° La collection d’anatomie comparée, sous la direction de M. le professeur Reichert ;

1 P hysiologisches Institut ( Deuisch . ahad. Jahrbuch).

2 Je ne l’ai point vue.

2° L’institut anatomique, également dirigé par M. le professeur Reichert ;

3° La collection de zoologie, sous la direction de M. le professeur Peters;

4° La collection de l’institut pathologique, sous la direction de M. le professeur Virchow;

5° Enfin l’institut physiologique, dont le directeur est M. du Bois-Reymond.

1° COLLECTION D’ANATOMIE COMPAREE b

M. le professeur Reichert est chargé à la fois de l’enseignement pratique de l’anatomie, qui se fait dans un institut spécial (voyez ci-dessous), et de la direction de la collection d’anatomie. Celle-ci n’est, pas placée dans l’institut : elle est logée dans les bâtiments mêmes de l’académie. Elle comprend la plus grande partie de l’ancienne collection de Johannès Müller. Depuis deux ans toutefois, les pièces concernant l’anatomie pathologique ont été transportées à l’institut pathologique de la Charité. Cette collection comprend aussi l’anthropologie et un certain nombre de pièces paléontologiques, bien qu’il y ait pour la paléontologie une collection spéciale. La collection d’anatomie est en somme considérable et disposée dans des salles devenues beaucoup trop petites et, de plus, mal agencées, mal éclairées. Dans deux de ces salles, une galerie supérieure ne reçoit le jour que de bas en haut. Au reste, dans ce moment même, M. Reichert est en instance près du gouvernement pour obtenir un institut suffisant pour loger la collection. Aucune salle n’est spécialement destinée soit au montage des pièces, soit aux travaux des élèves, dont les tables sont placées devant les fenêtres dans des couloirs encombrés ou même dans les salles de la collection.

Tous ces défauts d’installation sont d’autant plus choquants que la collection paraît être extrêmement riche, du moins en squelettes, car les pièces molles font à peu près défaut. Les vitrines sont le plus souvent appliquées contre les murs. Il y en a aussi de centrales, perpendiculaires aux fenêtres; tout cela sans uniformité. Le fond des vitrines et des meubles est partout blanc.

Dans la première salle sont placés des squelettes, des os séparés

1 Die anatomisch-zootomische Sammluncj ( Deutsch . ahad. Jahrbnch.).

(en désordre); on remarque des séries considérables de crânes de quadrumanes 1 ; la collection présente plusieurs de ces séries tout à fait remarquables. On y trouve aussi un grand nombre de squelettes humains de diverses races, car l’anthropologie se confond ici avec l’anatomie comparée, de même que la paléontologie.

Dans la seconde salle , entourés par un meuble à hauteur d’appui, sont des squelettes de grands mammifères, des têtes, des squelettes plus petits placés entre les jambes des grands, etc.2. Là est un squelette de Baleine franche de taille moyenne. Le musée, me dit-on, en possède une autre plus grande, mesurant 58 pieds et qui n’a pu encore trouver place. Notons encore un Balénoptère de très grande taille, une mâchoire de Cachalot de forte dimension, et la tête d’un individu jeune. Là enfin est le Zeuglodon de l’Alabama, acheté par Johannès Müller à un prix considérable. Dans cette salle se trouvent, comme dans la précédente, des séries de crânes fort nombreux pour une même espèce. Parfois les têtes osseuses de très petit volume sont disposées en séries dans des tubes, avec la mâchoire inférieure retenue en place par un fil qui enveloppe en même temps la supérieure. Une vitrine renferme toute une série de déformations de bois de cervidés.

La salle suivante est consacrée à la pathologie et aux monstres humains ou autres. On y remarque un squelette entier de microcéphale. C’est dans cette salle et la précédente qu’existe la petite galerie supérieure mal éclairée. Elle est réservée aux invertébrés; mais il ne s’y trouve que fort peu de préparations véritables , telles que dissections de crustacés et cl’insectes : un grand nombre de flacons contiennent les animaux entiers.

Enfin vient une salle consacrée à l’anatomie humaine, avec une collection craniologique considérable et une collection embryogénique. Là sont également les pièces de cire. Je remarque une injection des veines du crâne faite préalablement avec un mélange de plâtre et de cire, très finement disséquée ensuite et conservée

1 J’ai remarqué à l’institut anatomique (voy. ci-tlessous) une trentaine au moins de crânes de singes anthropoïdes sur lesquels M. Reichert fait en ce moment un travail, et l’on m’a assuré qu’il en avait encore au moins autant à son domicile particulier, appartenant tous à la collection d’anatomie comparée.

2 Cette disposition, légèrement modifiée, pourrait être très bonne : il suffirait d’élever à la hauteur des meubles l’espace entouré par eux.

clans l’alcool, ce qui est d’un très heureux effet. Des injections lymphatiques conservées de même sont bien préférables aux injections lymphatiques sèches.

La collection et le service des travaux anatomiques sont surtout alimentés par le jardin zoologique, qui y envoie la plupart de ses animaux morts. Ils sont, m’a-t-on dit, payés en gros chaque année et reviennent au total à très bon marché.

On peut signaler encore quelques préparations flexibles (ailes de chauves-souris, poissons cartilagineux, etc.) faites par le procédé d’un attaché au service de la collection , M. J. Wickersheimer.

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