MERCURE DE FRANCE » ÉDITION DÉFINITIVE
(1" vendémiaire an x). (1828).
Laissons aux imaginations Notre siècle rejette avec hauvulgaires et corrompues àplai- teur tout ce qui tient de la mersanter jusqu'à la fadeur sur veille ^ ; mais le serpent a souà-coup] échapper le scalpel, et s'écrie... ; — 5* éd. et suiv. : laisse échapper le scalpel...
1. Gai. De usu, part. LUI, chap. x. {Note de Chateaubriand,) (a) !'• éd. et suiv. : qu'en te sacrifiant.., — Jusqu'à la 5* éd.
exclusivement, Chateaubriand a fait « hécatombes » du masculin, et imprimé « entiers >•; dans les 5* éd. et suiv., il a imprimé « entières ».
{b) V éd. et suiv. : et qu'en faisant fumer...
(c) r® éd. et suiv. : de l'encens le plus précieux..,
\d) T" éd. et suiv. : k me connaître moi-même...
(e) 1'° éd. et suiv. : de ton pouvoir, de ta sagesse...
2. i'® éd. : de la merveille : [sciences^ arts, morale, religion tout demeure désenchanté.] Le serpent a souvent...; — 2* et 4"
la séduction du serpent ; pour nous quiy dès notre enfance, nous sommes livrés à V étude de la nature, et qui avons supporté la vie sauvage des déserts j pour rechercher les œuvres du Très-Haut, le serpent est souvent tombé sous nos yeux, et nous n'avons pu méconnaitre la malédiction dont il fut atteint après son crime. [D'où, viendrait cette secrète horreur, dont les hommes sont frappés à sa vwe?] Tout est mystérieux, caché, étonnant, dans cet incompréhensible reptile 2.
Ses mouvements diiïèrent de ceux de tous les autres animaux. On ne saurait dire où gît le principe de son déplacement; car il n'a ni nageoires, ni pieds, ni ailes, et cependant il fuit comme
vent été Vobjet de nos observations, et y si nous osons le dire, nous avons cru reconnaître en luicetespritpernicieux et cette subtilité que lui attribue l' Écriture K Tout est mystérieux»
caché, étonnant dans cet incompréhensible reptile .
Ses mouvements diffèrent de ceux de tous les autres animaux; on ne saurait dire où gît le principe de son déplacement, car il n'a ni nageoires, ni pieds, ni ailes, et cependant il fuit comme une ombre; il s'évanouit magiquement, il reparaît, et disparaît ensuite, semblable à une petite fumée d'azur, et 3 aux éclairs d'un glaive dans les ténèbres. Tantôt il se forme en cercle, et darde une langue de feu; tantôt, debout sur l'extrémité de sa
éd. : de la merveille : [sciences, arts, morale, religion, tout reste désenchanté]. Le serpent...
1. 1" éd. : cette subtilité dont il est parlé dans rÉcriture...
2. Tout ce développement se retrouve dans les variantes de l'édition de Londres, telles que les a publiées l'édition Fume. Nous allons le reproduire ici en soulignant au passage les divergences : « Laissons aux imaginations vulgaires et corrompues plaisanter du serpent jusqu'à la fadeur; pour nous qui, dès notre enfance, nous sommes livrés à l'étude de la nature et qui avons bi^avé la vie sauvage des déserts pour rechercher les œuvres du Très- Haut, souvent le serpent est tombé sous nos yeux, et nous n'avons pu méconnaître la malédiction dont il fut atteint après son crime. D'où viendrait sans cela cette secrète horreur dont les hommes sont saisis à sa vue? Tout est mystérieux, caché, étonnant, dans cet incompréhensible reptile.... »
3. r®, 20, 4% 5", 6", V éd. : s'évanouit magiquement, reparaît, disparaît encore, semblable à une petite fumée d'azur, ou aux éclairs...
une ombre; il s'évanouit magiquement [sons les y eux], reparaît, disparaît encore : semiDlable h une petite fumée d'azur, ou aux éclairs d'un glaive dans les ténèbres. Tantôt il se forme en cercle, et darde une langue en feu; tantôt, debout sur l'extrémité de sa queue, il marche dans une attitude perpendiculaire, comme par enchantement. Il se jette en orbe, monte et s'abaisse en spirale, roule ses anneaux comme une onde, circule sur les branches des arbres, glisse sous l'herbe des prairies, ou sur la surface des eaux. [La danse d'Ariadne avait moins d'erreurs , le labyrinthe moins de sinuosités, que les méandres tracés par ce reptile.] Ses couleurs sont aussi peu déterminées que sa marche; et, comme ses mouvements, elles ont [tout] le faux brillant et [toutes] les variétés trompeuses de la séduction. Plus étonnant encore dans le reste de ses mœurs, il sait, ainsi qu'un homme souillé de meurtres, jeter à l'écart sa robe tachée de sang.
Par une étrange faculté, il peut faire rentrer dans son sein les petits monstres
queue, il marche dans une attitude perpendiculaire, comme par enchantement.
Il se jette en orbe, monte et s'abaisse en spirale, roule ses anneaux comme une onde, circule sur les bran* ches des arbres, glisse sous l'herbe des prairies, ou sur la surface des eaux *. Ses couleurs sont aussi peu déterminées que sa marche :
elles changent aux divers aspects 2 de la lumière, et, comme ses mouvements, elles ont le faux brillant et les variétés trompeuses de la séduction.
Plus étonnant encore dans le reste de ses mœurs, il sait, ainsi qu'un homme souillé de meurtre, jeter à l'écart sa robe tachée de sang, dans la crainte d'être reconnu. Par une étrange faculté, il peut faire rentrer dans son sein les petits
1. T" éd. : surface des eaux. [Le labyrinthe avait moins de sinuo sites que les méandres tracés par ce reptile."] Ses couleurs...