ACTE m, SCÈNE III
voulez pas me répondre , et vous avez tort , car jamais je n'oublie un mot de vous. Ce matin , par exemple , ici même , ne m'avez-vous pas dit que rendre à un malheureux un cadeau qtUil a fait t c^est Vhumilier et lui faire mesurer toute sa misère? — Aussi , je suis bien sûre que vous ne lui avez pas rendu sa Bible ? — N*est-il pas vrai ? avouez-le.
LE QUAKER lui donne sa Bible lentement , en la lui
faisant attendre.
Tiens , mon enfant , comme c'est moi qui te la donne , tu peux la garder.
KITTY BELL. Elle s'assied à ses pieds à la manière des enfans
qui demandent une grâce.
Oh ! mon ami, mon père, votre bonté a quelquefois un air méchant , mais c'est toujours la bonté la meilleure. Vous êtes au-dessus de nous tous par votre prudence ; vous pourriez voir à vos pieds tous nos petits orages que vous, méprisez^ et cependant , sans en être atteint, vous y prenez part ; vous en souffrez par indulgence , et puis vous laissez tomber quelques mots, et les nuages se dissipent , et nous vous rendons grâces , et les larmes s'effacent , et nous sourions , parce que vous l'avez permis.
LE QUAKER ]*em1>rasse sur le front.
Mon enfant ! ma chère enfant ! avec toi , du moins , je suis sûr de n'en avoir pas de regret.
On parle.
— On vient!... Pourvu que ce ne soit pas un de ses amis. — Ah ! c'est Talbot, j'en étais sûr.
On entend le cor de chasse.