‹ Chaudières marines: cours de machines à vapeur professé à l'École dChapitre 31 sur 80 · MATIÈRES ISOLANTES EMPLOYÉES · texte numérisé non relu

MATIÈRES ISOLANTES EMPLOYÉES

POIDS

da rctélement (met. carré)

EAU COMDENSAk

En 10 heures

Ptr heure

et par mètre carré

8 centimètres do feutre et toile

5 centimètres d'amiante, y compris une lame centrale ds 5 millimètres de coton siliceux . . . 5 centimètres d'amiante pure

5 centimètres de coton siliceux

6 centimètres d'amiante, y compris une lame centrale de 5 millimètres de coton siliceux. . .

6 centimètres d'amiante pure

6 centimètres de feutre et toile

Ce tableau, dans lequel on pourrait relever quelques anomalies, fait ressortir clairement la grande supériorité à poids égal, du feutre sur lés isolants minéraux. En tenant compte des prix, la différence est plus importante encore, car les deux enveloppes de feutre essayées coûtaient respectivement 8 fr.,10 et 9 fr.,40 le mètre carré, tandis que, pour les cinq autres isolants, les prix, peu différents les uns des autres, étaient compris entre 16 et 18 francs le mètre carré.

M. Charles Norton a fait, en Amérique, une application très ingénieuse de l'électricité pour mesurer les pouvoirs isolants. Un réservoir, autour duquel est placée la matière isolante, est rempli d'huile ; un rhéostat plonge dans le liquide. On fait passer le courant de manière à maintenir une température constante dans le réservoir. La puissance en watts absorbée par le rhéostat est équivalente aux pertes par rayonnement.

Sur les chaudières cylindriques, le feutre est toujours employé comme isolant pour l'enveloppe et le fond. Sur l'enveloppe, il est bon de l'arrêter dans le bas, à quelque distance de la façade, pour éviter le contact des escarbilles et du mâchefer amassés sur le parquet de chauffe; on le recouvre toujours, du reste, dans toute la partie inférieure, d'une tôle de 1"",8, pour éviter le contact des outils de chauffe, qui se remisent souvent entre les chaudières après avoir servi. On feutre encore fréquemment la portion des façades susceptibles de l'être, en ayant soin d'arrêter le feutre à 0",40 au moins des conduits de fumée, sous un petit feuillard en Z, de ne pas le faire descendre à plus de 0^,i& de distance des parquets, enfin, de ne pas l'amener à plus de 0",15 du bord des trous d'homme dans lesquels on peut introduire des bougies.

Partout où le feutre est supprimé, on le remplace par un isolant minéral, de préférence, le coton siliceux recouvert d'une toile d'amiante. Pour les façades, il semblerait plus simple, au point où Ton en est, d'employer exclusivement les isolants minéraux. L'emploi d'une toile d'amiante sur le feutre de l'enveloppe serait aussi à recommander, si les questions de prix n'intervenaient pas.

U. 74. — Isolement des conduits de fumée. — Sur les conduits de fumée, qu'il est nécessaire d'isoler pour diminuer le rayonnement des façades de chaudières sur les chauffeurs, on dispose, en général, deux écrans successifs, à des distances de 4cen- I timètres; le premier est simplement en tôle mince; le second en laiton poli, à faible pouvoir émissif ; on a soin de chevaucher les attaches de ces écrans entre eux et sur la boite à fumée ou ses portes, pour diminuer réchauffement de l'écran extérieur Kig. 51 par conductibilité.

Les écrans deviennent insuffisants dans la marche au tirage forcé en chambre close, puisqu'ils n'empêchent pas réchauffement de l'air qui s'amasse dans les hauts de la chambre de chauffe sans trouver d'issue; l'emploi d'un léger feutrage en coton siliceux est alors avantageux. Sur le Fulminanty qui n'a pas de chambre close, le coton siliceux a rendu habitable une plate-forme placée directement sur les chaudières pour l'installation de machines soufflantes. Les revêtements de bois,autrefois employés sur les portes de boîtes à tubes et même les conduits de fumée, sont abandonnés, à cause des dangers d'incendie.

Il s'est fait autrefois un emploi assez étendu des isolants dits plastiques ; c'était en général de la boue de rivière, mêlée à un ou deux millièmes de son poids de poil de vache, retenue en place par une toile métallique ; les vases de mer ne peuvent convenir, à cause des chlorures qu'elles renferment. Les enduits plastiques n'ont qu'un faible pouvoir isolant; ils pourraient cependant rendre encore quelques services sous la culotte de cheminée, qui rayonne d'une manière si gênante dans la chambre de chauffe.

L'isolement de la cheminée elle-même est toujours obtenu par des lames d'air. Une première enveloppe, fixée à la cheminée par des tôles et cornières, fait partie de l'appareil évaporatoire ; en la faisant monter jusqu'au sommet de la cheminée, on améliore le tirage, parce que le refroidissement à l'air libre est diminué, et on peut utiliser en même temps la lame d'air comme cheminée d'appel, pour l'aération de la chambre de chauffe et même des logements. Pour protéger les entreponts contre le rayonnement de la cheminée, il est bon d'entourer celle-ci

d'une seconde enveloppe faisant partie de la coque. La deuxième enveloppe, utile dans tous les cas, devient à peu près indispensable pour beaucoup de chaudières tubuleuses actuellement en essai, dont la cheminée est exposée à rougir.

Les chaudières tubuleuses, au point de vue de Tisolement, sont assimilables aux conduits de fumée des chaudières tubulaires ; leur enveloppe en tôle est même soumise à des échauffemenls plus violents que celle de ces conduits, puisque, dans quelques-unes de ses parties, elle entoure les foyers eux-mêmes. Les isolants employés consistent principalement, pour la partie basse, dans un revêlement général de maçonnerie, et, pour la partie haute, dans une couche d*escarbilles comprise entre deux tôles minces. Une maçonnerie de briques, réduite à Tépaîsseur de 5 centimètres, a Tinconvénient de peser 80 kilogrammes le mètre carré, non compris ses attaches ; une couche de fraisil de même épaisseur pèse encore 35 kilogrammes au moins, non compris les tôles. Certaines chaudières tubulaires perdent par leurs enveloppes isolantes, une fraction importante de l'économie de poids, qu'elles permettraient sans cela de réaliser par rapport aux chaudières cylindriques.

Les feutrages en coton siliceux et en amiante trouveraient d'utiles applications sur diverses parties des chaudières tubuleuses et spécialement sur leurs façades. On a commencé à les employer à bord des torpilleurs.

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