ESSAI DE CONSOMMATION
Pression à la chaudière
Pression à la machine
D* Détente 4j,
Puissance développée
Consommation ( par m* de grilles .
de charbon ( par cheval • • .
9566 eï»ov»ux
8781 chevaux
issoo
9842 ohev»nx 116',6 0,796
12,69 8582 chevaux 52S98 0,662
9563 el>«Tanx
8665 ch«iT.ini
Le fonctionnement a été parfait pour les trois chaudières ; Timpression a été surtout favorable pour la chaudière Niclausse, qui était moins connue que les deux autres, et dont les excellents résultats étaient moins prévus.
En prenant pour unité, la consommation par heure et par cheval de la chaudière Belleville dans les deux essais, on forme le tableau suivant:
BRLLBVILLE
d'allbst
NIOLAUSSB
Essai de vitesse
Essai de consommation ....
Pour la consommation, la chaudière Belleville a donc l'avantage dans la marche à feux retenus ; ses bonnes qualités à ce point de vue étaient depuis longtemps établies.
A feux poussés, la chaudière Belleville a une infériorité de rendement de près de deux dixièmes, par rapport à la chaudière D'AUest, et de près d'un dixième, par rapport à la chaudière Niclausse. Ces résultats sont également conformes à ce que l'on devait prévoir; mais ils ont été rendus plus saillants par cette circonstance, que les feux ont été poussés plus vivement, sur la chaudière la moins propre aux grandes combustions.
En raison de l'absence de circulation, la vapeur des chaudières ^Belle ville doit se frayer son chemin dans de l'eau presqu'au repos; elle doit produire plus d'émulsion à la surface, et se dégager en entraînant plus d'eau. De plus, le phénomène de convection est plus imparfait. La chambre de combustion des chaudières Belleville se limite à un fourneau très bas. Tels sont les deux motifs probables de l'infériorité de la chaudière Belleville aux combustions vives; tous les deux sont évités sur la chaudière D'Allest ; le premier est évité sur la chaudière Niclausse.
La chaudière D'Allest ne supporte pas les combustions vives, en raison même de la disposition générale qui contrarie la dilatation des tubes.
11 faudrait, pour avoir des conclusions plus nettes et plus complètes, faire travailler les trois chaudières, jusqu'à la limite de ce qu*elles peuvent produire, dans des expériences de vaporisation comprenant la mesure du poids d'eau d'alimentation et du titre de la vapeur obtenue; la machine ne fonctionnerait pas, puisqu'il ne serait pas possible de lui faire consommer toute la vapeur produite. On vérifierait ainsi les assertions des constructeurs qui, tous trois, et particulièrement M. Niclausse, attribuent à leurs chaudières, d'après leur expérience personnelle et des essais d'atelier, la faculté de bien fonctionner à des intensités de combustion supérieures à celles réalisées dans les expériences des trois croiseurs.
Depuis les essais de recette, la chaudière du Priant a eu une légère avarie dans un tube mal soudé.
L*expérience journalière confirme que la chaudière Belleville et la chaudière Niclausse se rapprochent l'une de Faulre, sous le rapport de la rusticité, de la résistance aux variations de température, de la commodité des démontages et des réparations; sous ce dernier rapport, la chaudière Niclausse est supérieure à toutes les autres. La chaudière D'Allest, dont la construction se rapproche davantage de celle des chaudières lubulaires, réalise moins bien, sous ces différents rapports, les avantages des chaudières lubuleuses.
158. — Comparaison des chaudières Du Temple-Normand^ avec les précédentes. — Parmi les modèles à circulation accélérée, les chaudières Du Temple et les chaudières Normand sont les seules qui aient subi, dans la Marine, l'épreuve d'un service prolongé.
Ces chaudières n'ont jamais été Tobjet d'un essai comparatif avec les trois modèles considérés dans le numéro qui précède; mais, de leur comparaison avec les chaudières locomotives, qu'elles ont remplacées sur les torpilleurs français, on peut conclure qu'elles ont une suporiorité générale marquée sous le double rapport de la bonne combustion et de l'utilisation de la chaleur, tout au moins aux grandes combustions. L'état actuel des faits établis permet de leur demander une combustion de 200 kilo/?rammes avec plus de sécurité qu'une de ISO kilogammes aux chaudières à circulation limitée ou même libre. On a obtenu sur le Forban des résultats économiques remarquables, inscrits dans le tableau de la page 87.
Les chaudières Du Temple et Normand sont, d'autre part, en état d'infériorité, par rapport aux précédentes, et surtout par rapport à la chaudière Niclausse, sous le point de vue de l'ensemble des facilités de ramonage, de visite, de démontage, de réparation. On trouve donc des Inconvénients, aussi bien que des avantages, à les appliquer aux grands bâtiments. D'autre part, leur adoption parait s'imposer pour les torpilleurs, les conlre-torpilleurs, les éclaireurs el toute la série des petits navires rapides. Dès lors, le grand intérêt de l'uniformisation des types devient un motif sérieux de généraliser leur emploi, dans toute la limite que la prudence permet.
159. — Combinaison des chaudières lubuleuses et des chaudières cylindriques, — Dans la Marine de guerre française, et è la compagnie des Messageries maritimes, le problème de la substitution complète des chaudières tubuleuses aux chaudières cylindriques a été hardiment abordé. Ailleurs, on a procédé avec une prudence très grande, en opérant d'abord un remplacement partiel, et en Juxtaposant des chaudières
des deux systèmes dans une même chambre de chauffe. Telle a été la solution adoptée en Amérique, pour l'installation des chaudières Ward sur le Monterey ; en Allemagne, pour l'installation des chaudières des cuirassés Kaiset'-Friedrich 11/ et Ersatz-Friedrich-der-Grosse^ et du croiseur Ersatz-Leipzig ^\g choix devant être fait plus lard entre les quatre modèles, Belleville, Niclausse, Dûrr, Tornycroft, en essai sur quatre croiseurs ; en Hollande, pour les croiseurs Hollande Zieland^ Friedlandj qui ont deux chaudières cylindriques et huit chaudières Yarrow; enfin, sur une frégate-école de la République Argentine, qui reçoit des chaudières Niclausse et des chaudières cylindriques.
On trouve également la chaudière Normand-Sigaudy, combinée avec la chaudière cylindrique sur un remorqueur de Bayonne.
Cette adoption partielle des appareils nouveaux ne paraît avoir présenté aucun inconvénient. Les chaudières des deux systèmes, desservies par un luyautage commun, s'accordent bien ensemble. 11 est vraisemblable que c'est sous cette forme, et moyennant ces précautions, que les cliaudières tubuleuses pourront s'introduire dans la marine de commerce, surtout quand on y voudra recourir à des modèles moins bien éprouvés par une longue pratique que la chaudière Belleville.