SCENE VI
V ALERE, POLIDORE, POLIDORI.
E NFiv , le beau mignon ! vos bons déportemen* Troubleront les vieux jours d’un pere, à tous momensî Tous les jours vous ferez de nouvelles merveilles ,
Et nous n’aurons jamais autre chose aux oreilles i
Que fais- je tous les jours qui soit si criminel î En quoi mériter tant Ic'courroux paternel i
a* LE DÉPIT AMOUREUX,.
POLIDORE
Je suis UQ étrange homme, et d'une humeur terrible
D’accuser un enfant si sage et si paisible i
Las 1 il rit comme un Saint , et dedans la maison
Du matin jusqu’au soir il esc en oraison î
Dire qu’il pervertit l’ordre de la nature ,
Et fait du jour la nuit... ô la grande imposture!
Qu’il n’a considéré pere , ni parenté ,
En vingt occasions .. horrible fausseté !
Que, de fraîche mémoire, un furtif hyménée A la hile d’Albert a joint sa destinée ,
Sans craindre de la suite un désordre puissant....
On le prend pour un autre, et le pauvre innocent Ne sait pas seulement ce que je lui veux dire Ah 1 chien I que j’ai reçu du Ciel pour mon martyre î Te croiras-tu toujours , et ne pourrai-je pas Te voir être une fois sage , avant mon trépas ?
{Jl s'en va. )