SCENE VIII
fRUFALDIN, MASCARILLE.
TRUïArDIN.
lEco VTB : sais-tu bien ce que je viens de faire t Mascarille.
Non ; mais , si vous voulez , je ne tarderai guère »
Sans doute, à le savoir.
Trufaldik.
D*un chêne , grand et fort , Dont près de deux cents ans ont déjà fait le sort ,
Je viens de détacher une branche admiiable.
Choisie expressément de grosseur raisonnable.
Dont j’ai fait, sur le champ , avec beaucoup d’ardeur,
( Il montre son hras. )
Un bâton , à-peu-près.... oui , de cette grandeur , Moins gros par un des bouts, mais plus que trente gaules ,
Propre , comme je pense , à rosser les épaules i Car il est bien en main , verd , noueux et massif.
Mascarille.
Mais pour qui , je vous prie , un tel préparatif } Trufaldin.
Pour toi, premièrement; puis pour ce bon apôtre.
Qui veut m’en donner d’une , et m’en jouer d’une > autre k
lei
COMÉDIE
Pour cet Arménien , ce marchand déguisé ,
Introduit sous l’appât d’un conte supposé.
Mascarillé.
Quoi ! vous ne croyex pas
Trufaldin, l'interrompant.
Ne cherche point d’excuse.
Luî-m8me heureusement a découvert sa ruse , în disant à Célie , en lui serrant la main ,
Que pour clic il venoit, sous ce prétexte vain.
Il n’a pas apperçu Jeannette, ma fîllole.
Laquelle a tout ouï, parole pour parole;
Et je ne douce point . quoiqu’il n’en ait rien dit ,
Que tu ne sois de tout le complice maudit.
Mascarilli.
Ah ! vous me faites tort ! S’il faut qu’on vous affronte;»^ Croyex qu’il m’a trompé le premier à ce conte. Trufaldin.
Veux-tu me faire voir que tu dis vérité ?
Qu’à le chasser mon bras soit du tien assisté \ Donnons-en à ce fourbe et du long et du large ,
Et de tout crime après mon esprit te décharge. Mascarilli.
Oui-dâ ; très-volontiers , je l’époustcrai bien ,
Et, par-là , vous verrex que je n’y trempe en rien..,
7 A part. )
Ah ! vous serex rossé , Monsieur de l’Arménie ,
Qui toujours gâtex tout ! '
( Trufaldin frappe à la porte de sa maison , et LtTie en sort. )
toi
L*ETOURDr,