‹ Chef-d'œuvres de MolièreChapitre 62 sur 127 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

MASCARILLE , paraissant â la fenêtre de la maison i*. Trufaldin , LÉLIE.,

Ma'SCARILLE, à la fenêtre.

JP s VT-oN vous demander comment va votre dos ?

Quoi î tu m’oses encor tenir un tel propos ?

Voilà, voilà que c’est de ne voir pas Jeannette,

Et d’avoir en tout teins une langue indUctette i

ÿlaîs, pour ccttc fots-cî, je n’ai point de coutrôuxî Je cesse d’éclater , de pester contre tous.

Quoique de l’action l’imprudence soit haute ,

Ma main sur votre échine a lavé votre faute.

Ah î je me vengerai de ce trait déloyal !

MASCAHII.I.E.

Vous vous êtes causé, vous même , tout le mal.

Lé L T X.

Moi ?

MASCARItLt.

Si vous n’étiez pas une cervelle folle ,

Quand vous avez parlé naguère à votre idole ,

Vous auriez apperçu Jeannette sur vos pas ,

Dont roreille subtile a découvert le cas.

On auroit pu surprendre un mot dit à Célie ?

Mascarille.

Et d’où doneques viendroit cette prompte sortie ?

Oui, vous n’êtes dehors que par votre caque».

Je ne sais si souvent tous jouez au piquet ;

Mais , au moins , faites-vous des écarts admirables!

L é L I E , à part.

O le plus malheureux de tous les misérables !....

( A Mascarille. )

Mais, encore, pourquoi me voir chassé par toi? Mascarille.

Je ne fis jamais mieux que d’en prendre l’emploi i , Par-là , j’cmp8che , au moins, que de cet artifice le ne sois soupçonné d’être auteur ou complice.

COMÉDIE. laf

Tu dcvois donc pour toi frapper plus doucement. Mascarilli.

Quelque sot TrufalcHn lorgnoic exactement;

£t puis, je vous dirai, sous ce prétexte utile Je n’étois point fâché J’évaporcr ma bile.

Enfin , la chose est faite, et , si j’ai votre foi Qu’on ne vous verra point vouloir venger sur moi»..

Soit indirectement, ou par quclqu’autrc voie.

Les coups sur votre rable assenés , avec joie ,

Je vous promets, aidé par le poste où je suis.

De contenter vos voeux , avant qu’il soit deux nuits.

Quoique ton traitement ait eu trop de rudesse , Qu’cst-ce que dessus moi ne peut cette promesse f Mascarille.

Vous le promettez donc ? ,

Oui , je te le promets. .

Mascarille.

Ce nVst pas encor tout. Promettez que jamais Vous ne vous mêlerez dans quoi que j’entreprenne^

Soit.

Mascartzlb.

Si vous y manquez , votre fievre quartaine !

Iklais tiens-moi donc parole et songe à mon xepos* Mascarille.

Allez quitter l’habit et graisser votre dos.

{Il se retire de la fenêtre et la referme. J

10g L’ÊTOURDI,

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