‹ Chef-d'œuvres de MolièreChapitre 75 sur 127 · SCENE XII · texte numérisé non relu

SCENE XII

CÉLIE, MASCARILLE

( Mascarille parle d'abord bas à Celle. )

i^üoi que tu veuilles dire , et que l’on se propose. De ce retardement j’attends fort peu de chose.

Ce qu’on voit de succès peut bien persuader Qu’ils ne sont pas encor fort près de s’accorder;

Et je t’ai déjà dit qu’un coeur comme le nôtre >Jc voudroit pas pour l’un faire injustice à l’autre.

Et que très fortement, par de diflFérens noeuds,

Je me trouve attachée au parti de tous deux.

Si Léüc a pour lui l’amour et sa puissance,

Andres pour son partage a la reconnoissance ,

Qui ne souffrira point que mes pensers secrets Corrsultent jamais rien contre ses intérêts.

Oui ■ s’il ne peut avoir plus de place en mon ame,

£i le don de mon coeur ne couronne sa fiamme,

COMÉDIE

Au moins , dois-je le prix à ce qu’il fait pour moi De n’en choisir point d’autre , au mépris de sa foi»

Et de faire à mes voeux autant de violence Que j’en fais aux désirs qu’il met en évidence.

Sur ces difficultés qu’oppose mon devoir,

Juge ce que tu peux te permettre d’espoir i

Mascarii-lb.

Ce sont , à dire vrai , de très-fàcheux obstacles ,

Et je ne sais point l’art de fauc des miracles;

Mais je veux employer mes efforts plus puissans » Remuer terre et Ciel , m’y prendre de tous sens , Pour ticher de trouver un biais salutaire,

Et vous dirai bientôt ce qui se pourra faire.

( Il s'en va. )

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