‹ Chef-d'œuvres de T. CorneilleChapitre 12 sur 66 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

THESÉE, (ENARUS, ARIANE, NERINE.

CE N A R U S

JPrinc», mon trouble parle; et quand je voudroit taire

Le supplice où m’expose un destin tour contraire ,

D c mes yeux interdits la confuse langueur Trahitoit malgré moi le secret de mon cœur.

J’aime , et de cet amour dont j’adore les charmes , la Princesse est l’objet ; n’en prenez point d'alarmes,

is ARIANE,

Au point de votre hymen vous en faire l’aveu ,

C’est vous montrer assez ce qu’est un si beau feu.

De tous s es mouvemens ma raison me rend maître : - L’effort est grand» sans doute ; on en souffre, et peutêtre

Un rival tel que moi , par sa vertu trahi,

Mérite d’etre plaint , et non d’être haï.

C’est tout ce qu’il prétend pour prix de sa victoire •

Ce malheureux rival qui s’immole à sa gloire.

Vos soupçons auroient pu faire outrage à ma foi ,

S’ils s’etoient avec vous expliqués avant moi;

C’est en les prévenant que je me justifie.

Lîe considérez point le malheur de ma vie.

L’hymen depuis long-tems attire tous vos voeux :

J’y consens ; dés demain vous pouvez être heureux. Piritlîoiis présent n’y laisse plus d’obstacle ;

Ma Cour qui vous honore attend ce grand spectacle ; Ordonnez-en la pompe , cr dans un sort si doux Quoi que j’aie à souffrir , ne regardez que vous....

( A Ariane. )

Adieu, Madame.

( Il an. )

TRAGÉDIE

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