‹ Chef-d'œuvres de T. CorneilleChapitre 41 sur 66 · C É C IL · texte numérisé non relu

C É C IL

Sur un avis donné. . . .

Le Comte.

L’avis m’est favorable ;

Mais comme l’amitié vous rend si charitable,

Depuis quand , et sur quoi vous croyez-vous permis Dépenser que le teros ait pu nous rendre amis ?

Est-cc que l'on m’a vu, par d’indignes foiblesses. Aimer les lâchetés , appuyer des bassesses ,

Et prendre le parti de ces hommes sans foi ,

Qui de l’art de trahir font leur unique emploi?

Cécile.

Je souffre par raison un discours qui m’outrage;

Mais , réduit à céder , au moins j’ai l’avantage Que la Reine, craignant les plus grands attentats. Vous traite de coupable, et ne m’accuse pas.

£ iij

i* LE COMTE D’ESSEX,

Le Comte.

Je sais que contre moi vous animez la Reine.

Peut-être à la séduire aurez-vous quelque peine » Et quand j’aurai parlé, tel qui noircit ma foi , Pour obtenir sa grâce aura besoin de moi.

( Il sort.)

Page 1