‹ Chef-d'œuvres de T. CorneilleChapitre 63 sur 66 · CÉCILE · texte numérisé non relu

CÉCILE

Son trépas

Importe à votre gloire, aihsi qu’à vos états;

Et l’on ne peut trop tôt prévenir par sa peine Ceux qu’un appui si fort à la révolte entraîne.

ÉLISABETH

Ah ! je commence à voir que mon seul intérêt

K’a pas fait l’équiré de ce cruel arrêt î

Quoi ! l’on sait que, tremblanrcà souffrir qu’on le donne»

Je ne veux qu’éprouver si sa fierté s’étonne ;

C’est moi sur cet arrêt que l’on do<t consulter ,

Et sans que je le signe , on l’ose exécuter.

Je viens d’envoyer l’ordre afin que l’on arrête....

S’il arrive trop tard , on paîra de sa tête ;

Et de l’injure faite à ma gloire, à l’Etat,

D’autre sang , mais plus vil , cxpîra l’attentat.

Cécile.

Cette perte pour vous sera d’abord amere;

Mais vous verrez bientôt qu’elle étoit néceflairc.

Elisabeth.

Qu’elle étoit nécessaire ! Otez-vous de mes yeux , Lâche ! dont j’ai trop cru l’avis pernicieux.

La douleur où je suis ne peut plus se contraindre, Le Comte par sa mort vous laisse tout à Craindre > Tremblez pour votre sang , si l’on répand le sien ï

Cécile.

Ayant fait mon devoir , je puis ne craindre rien , Madame ; et quand le tems vous aura fait connoîcr® Qu’en punissant le Comte on n’a puni qu’un traître , Qu’un sujet infidèle....

Elisabeth.

Il l’étoit moins que toi.

Qui t’armant contre lui t’es armé contre moi i J’ouvre trop tard les yeux pour voir ton entreprise ) * Tu m’as par tes conseils honteusement surprise ,

Tu m’en feras raison!

Cécile.

Ces violons éclats....

Elisabeth.

Va , sors de ma présence , et ne réplique pas.

( Cécile son . )

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