‹ Chefd'œuvre de RotrouChapitre 52 sur 92 · D’ ORLÉANS · texte numérisé non relu

D’ ORLÉANS

Monseigneur,

Après V estime que vous ave\ faite de cette peinture parlante de Mariamne 3 je croirois diminuer beaucoup de son prix 3 si je n av ois V honneur de la présenter a Vo tr * Altesse. Vous ave^ payé trop prodigalement une si petite rareté 3 V ayant appellée

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ij É P I T R E,

merveilleuse ; et certes 3 cette louange de ta bouche d’un si grand P rince 3 mérite bien de plus dignes reconnaissances que celles-ci . Je ne prétends pas aussi 3 Monseigneur , m acquitter par un si petit hommage 3 des honneurs que je dois a V otre -Altesse :

ce seroit user d' actions de grâces trop communes vers une Divinité si propice. J’espere bien de présenter quelque jour a vos autels des offrandes plus recevables. Les Muses 3 dispensatrices de la gloire y ri auront qu’a me fournir asse£ d’industrie pour ce beau dessein 3 je m’assure que vos illustres actions m’en donneront assez de matière.

L’Ange qui veille pour le salut de la France , et qui travaille si glorieusement pour sa prospérité 3 ne Va pas encore conduite jusqu’à la grandeur ou elle doit arriver. Si la Justice et la Piété 3 accompagnées de la Valeur 3 ne promettent aux nobles projets du Roi 3 que des succès bien favorables 3 les limites de cet Etat s’ étendront 3 au moins 3 aussi loin sous le Régné du vie-

torieux Louis , que sous celui de Charlemagne ; et K dtre Altesse servira sans doute beaucoup a ce digne etablissement .

Soit que vous commandiez une armée au delà des Alpes , pour aller rechercher dans l' Italie les droits de vos Prédécesseurs , soit qu'avec de plus grandes forces vous alliez ôter le joug a la Grece , pour le donner a toute l'Asie , selon la voix des Oracles , Mo n seigneur, vous ferez des choses plus qu humaines , et qui feront entreprendre de beaux efforts aux excellens Esprits de ce Siecle , afin de les immortaliser . Il ne faudra guere d'invention pour donner , après ces emplois , beaucoup de splendeur a l'image de votre vie ; il suffira , si l’on peut , représenter naïvement les lauriers dont vous serez couronné. le nai pas tellement vieilli au service de V otre Altesse , que je ne puisse encore espérer de voir ces progrès , et de produire même alors quelqu Œuvre qui rende témoignage de votre gloire et

de mon très-humble z e ^ e a 'votre Service ,

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•vous faisant avouer qu apres le plaisir quon sent a faire de belles actions 3 il ri y en a point d’égal a celui de s’entendre louer de bonne grâce .

Je suis ,

MONSEIGNEUR

de Votre Altesse,

Le très-humble et très -obéissant Serviteur , Tristan i'Hermite.

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