SAL OM E , HER ODE
u el est donc le sujet qui vous met en colcre ? - . H E R O D E.
Celui qui tous les jours ne fait que me déplaire.
C’est possible , la Reine avec sa cruauté ,
Car scs traits de rigueur n’ont point de nouveauté. •
Tu l’as bien deviné ; oui , c’est cette cruelle ,
Et le dernier affront que je recevrai d’elle.
Vous en direz, de même encore au premier jour.
Nullement. Son mépris a détruit mon amour ;
Je la hais maintenant à l’égal de la peste ,
Et trouve que pour moi , c’est un fléau céleste.
Puis-jc savoir quel est ce mécontentement ?
Herodi.
TRAGEDIE
Hikodi.
Je m’en vais te l’apprendre, assieds-toi seulement. Désirant de la voir , non sans impatience ,
Je l’avois demandée avec beaucoup d’instance , Quand cet esprit ingrat, qui s’est senti presser.
M’a rendu ce devoir, afin de m’offenser :
En vain je l’ai traitée avec toute l’adresse ,
Dont un parfait amant oblige une maîtresse :
Car , travaillant sans fruit dans le soin que j'âî pris , Mes faveurs 1 ont toujours irrité ses mépris.
Toutes mes passions n’ont fait que lui déplaire ;
Ses yeux ^tinceloient d’une injuste colere ;
Et dans ces mouvemens cruels et furieux ,
Elle m’a dit des mots si fort injurieux ,
Que , ne pouvant souffrir une telle insolence ,
Enfin je l’ai chassée avccque violence.
Voilà ce qui me pique , et me trouble si fort :
Vois quelle est sa manie , et me dis si j’ai tort.
Oui ,' vous avez grand tort, et son ingratitude Devoir vous affliger d’un traitement plus rude , Puisque , sans redouter ses dangereux effets ,
Vous l’irritez sans cesse à force de bienfaits.
C’est un monstre d’orgueil et de méconnoissance, A qui votre bonté donne trop de licence ,
Si la faveur du ciel ne détourne scs coups ,
Sa malice , à la fin , se défera de vous.
Etant assez instruit de sa mauvaise envie ,
Je l’empêçherai bien d’attenter sur ma vie.
MARIA M NE
J’en doute j notre sexe est fort vindicatif ,
Et dans ses trahisons scrend bien inventif :
La tigresse qui voit enlever sa portée ,
Est moins à redouter qu’une femme irritée.
Vcuillci considérer que dans un juste effroi»
Pour votre sûreté , je parle contre inoi.
Je mettrai tant de gens à veiller autour d’elle »
Que son ame offensée , après cette querelle ,
N’aura pas le moyen de prendre aucun parti ,
Sans que tout à l’instant on m’en tienne averti :
Son meilleur est d’avoir tou)ours la bouche close ,
( L'Huissier s’avance vers le Roi. ) Autrement.,.. Qu’est-ce 1
On vient vous dire quelque chose.