‹ Chefd'œuvres de BoursaultChapitre 56 sur 108 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

L’Hirondelle en volant et l’Anguille à la nage Le passèrent sans peine , et l’auroicnt fait vingt fois, ït Cércs ? dit le Peuple , en élevant sa voix :

Vous avez fait passer l’Anguille et l’Hirondelle; Monsieur le Philosophe , en vous remerciant,

Mais Cércs que devint-elle ?

Dit encore une fois le Peuple impatient.

Messieurs, dit l’Orateur , vous dessillez ma vue»

Je me suis abusé jusques à ce moment :

La vérité toute nue

N’a pas assez d’cnjoûment ;

Une table l’insinue Bien plus agréablement^

Messieurs les Auditeurs , qui par votre suffrage Rendez bon ou mauvais le destin d’un Ouvrage, Celui qui va paraître est d’un genre nouveau :

S’il vous blesse, il est laid ; s’i’ vous plaît, il est beau. Esope, si connu par ses savantes Fables,

Eut jadis condamné par des Juges coupables ;

Mais ceux qui de son sort décident aujourd’hui Ont trop d’intégrité pour s’aimer contre lui.

11 ne vous dira point de ces quolibets fades ,]

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