‹ Chefd'œuvres de BoursaultChapitre 63 sur 108 · DO RIS · texte numérisé non relu

DO RIS

^ V o ic x le café qu’on apporte.

Ésope, à Euphrosine .

N’en prenez-vous pas ?

Euphr osiki.

Non.

Quoi ! jamais ?

Euphrosine,

Rarement,

Ésope.

Prenez-en avec moi , s’il vous plaît , autrement

11 pourroit à vos feux arriver du désordre;

"* Et par le chat-huant je vous laisserois mordre.

Eh! prenez-en, Madame, au lieu d’une fois deux,

Et garantissez-vous d’un oiseau si hideux.

Euphrosine.

Le cafc inc fait mal.

Je boirois de l’absinthe Pour trouver à sortir d’un pareil labyrinthe.

COMÉDIE

Euphrosine.

Que l'on m’en donne donc , puisqu’il vous plaît ainsi , Monsieur.

La confidente en prendra bien aussi ?

Je vois bien qu’à la joie elle n’est pas contraire.

Oh î pour moi volontiers , je suis fille à tout faire.

Ésope.

Allons à la santé de votre epoux futur.

Vous me ferez raison que je crois ?

Eupiio sine.

A coup sûr.

Vous touchez de mon coeur un endroit trop sensible Pour vous rien refuser qui lui semble possible.

Quand vous verrez mon pere , appuyez fortement Sur les perfections de mon premier amant.

J’attends tout d’un secours aussi grand que le vôtre.

Dori s.

Et sur-tout pesez bien sur les défauts de l’autre. Taitcs-en un portrait vilain au dernier point ,

Quoi que vous en disiez, vous ne l’outrerez point.

Euphrosins,

Dites que le premier, digne de ma tendresse,

Est l’homme le mieux fait qu’ait vu naître la Grèce,

Dites que le second , bâti tout de travers ,

Est le plus laid mâtin qu’ait produit l’univers.

EUP H ROSINE.

Persuadez-lui bien qu’ Agenor ( je le nomme )

A toutes les vertus qui font un honnête homme.

Persuadez-lui bien qu’il n’est vice si bas Que n’ait le godenot que je ne nomme pas.

Euphrosine.

Que pour l’un chaque jour renouvelant mon zele , Jusqu’au dernier soupir je lui serai fidclle.

Que pour l’autre, peu propre au lien conjugal»

S’il se joue à l’hymen il s’en trouvera mal »

Et qu’il a sur le front une table d’attente »

Qui de sa destinée est la preuve éclatante.

Voilà ce qu’à son perc il faut faire savoir.

Page 1