EUPHROSINE, DORI S
Eh i bonsDieux! qu’avez-vous qui vous rend éperdue? Euphrosine.
Je n’en puis plus.
D’où vient ?
Euphrosini.
Doris , je suis perdue.
Qu’ est-ce qu'on vous a fait ; et que dois-jc penser? Euphrosine.
11 faudroit , que je crois , un peu me délacer ,
J’étouffe. \ ,
Doris.-
Eh ! bien , venez-ça que je vous délace.
E U P II R o S I N L •
Arrête. Je suis mieux , et voilà qui se passe.
Doris.
Courage ! efforcez-vous, reprenez vos esprits. Qu’avez-vous?
COMÉDIE. 2
Eup H ROSINE.
Ce que j’ai ? je ne puis avoir pis»
Don i s.
Depuissi peu de tems que je ne vous ai vue Vous est-il arrivé quelque affaire imprévue ?
Euphro sine.
Juges-en par mon trouble et par mon désespoir.
Ou prête-moi l’oreille , et tu vas tout savoir. Apprends, Doris , apprends que le fourbe d’Esope...»
Achevez , qu’a-t-il fait le malheureux Gyclope î Euphrosine.
ï-oin de tenir parole , et d’être mon appui,
Il n’a pas dit un mot qui n’ait été pour lui.
Il m’épouse demain , par l’ordre de mon pcrc.
Doris.
Lui , Madame ?
Euphrosine.
Est-ce à tort que je me désespéré :
Parle-moi nettement , nous sommes sans témoins , Est-ce à tort ?
Doris.
Non, Madame; on se pendroit à moins.
De votre désespoir, quelque effet qu’on redoute.
Etre femme d’Esope est encor pis sans doute ;
Et sc précipiter d’un haut rocher à bas
Est un sort moins cruel que d’entrer dans ses bras.
Comment J quand ce magot , d’odieuse mémoire ,
A votre époux futur vous a tantôt fait boire ,
C’ctoit à sa santé , sans que vous le crussiez ,
,o LES FABLES D’ÉSOPE,
Que ce malin bossu vouloir que vous bussiez î Il faut qu’assurément votre pere radote.
Euphrosine.
Quel époux il me donne , et quel amant il m’ôtè! Tu sais ce qu’est Esope, et ce qu’est Agenor ?
Belle comparaison ! c’est du fer et de l’or.
Mais Agenor aussi , dont l’amour est extrême. N’est guere impatient de revoir ce qu’il aime : Depuis qu’il est parti pour aller à Lesbos ,
De son pere défunt empaqueter les os,
Deux mois sont écoulés , et voici le troisième.
Euphrosine.
Qu’apcrçois-jc, Doris?
Madame , c’est lui-même !