‹ Chefd'œuvres de P. CorneilleChapitre 16 sur 92 · C H I M EN E · texte numérisé non relu

C H I M EN E

Dis4noi donc» je te prie 9 une seconde fois » Ce qui te fait juger qu'il approuve monchcwx! Appren^moiidc nouveau, quel espoir j'en dois prendre? tJn si charmant discours ne se peut trop entendre i Tu ne peux trop promettre aux feux de notre amour» Ladottc^ liberti de se montrer au jour,

Que t*art-il répondu sur la secrète bngae Que font Mprès 'de toi Don Sanche et Don Rodrigue i iras - tu point trop fait voir quelle inégalité > Entre ces deux amans > me penche d*un côté l

Non : j^ai peint votre coeur dans une indifférence Qui n*enfle d*aucun d*eax , ni n*abat l'espérance ;

Èt, sans les voir d'un œil trop sévère , ou trop doux ^ Attend Tordre d'un pere àciioisirun époux.

Ce respect l'a ravi ; sa bouche et son visage M'en ont donné > sur l'heure y un digne témoignage } £t, puisqu^il faut encor vous en faire an récit , Voici d'eux et de vous ce qu'en hâte il m'a dit.

Elle est dans le devoirs tous deux sont dignes d'elle , Tous deux formés d'un sang noble, vaillant , fidèle » Jeunes i mais qui font lire ;^$ément dans leurs yeux I/éclaunte vertu de leuis braves ayeux* Don Podrigue, sur-tout , n'a trait à son visage Qui d'un homme de coeur ne soit la haute image » Et sort d'une maison si féconde en guerriers , Qu'ils y prennent naissance au milieu des lauriers, la valeur de son pere « en son tems sans pareille t Tant qu'a dure sa force , a passé pour merveille» Ses rides sur son front ont gravé ses exploits » Et nous disent encor ce qti'il fut autrefois. Je me promets du fils ce que j'ai vu du pere ;

Et ma fille , en un mot > peut Taimer et me plaire, n alloit au conseil , dont Theure qui pressoit ,

A tranché ce discours qu'à peine il commençoit;

Mais k ce peu de mots » je crois que sa pensée

TRAGÉDIE. f

Entre vos deux anuinft n*est pas fort babuKée.

Le Roi doit à son fils élire un Gouverneur , ' £t c'est lui que regarde un tel degré d'honneur i Ce choix n'est pas douteux ; et sa rare vaillance Ke peut souffrir qu*on craigne aucune concurrence. Comme ses hauts exploits le rendent sans égal % Dans un espoir si juste il sera sans rival »

£t puisque Don Rodrigue a résolu son pere % Au sortir du conseil, â proposer Pafiaire, Je vous laisse à juger s'il prendra bien son tems» Et si tous Tos désirs seront bientèt centens.

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