SCENE PREMIERE
D* ARIAS, LE COMT£.
Je Tayoue « entre nous , quand je lui fis Taffront 9
J'eus le sang un peu chaud > et le bras un peu prompt ^ Mais puisque c'en est fait , le coup est sans remède*
Qu'aux volontés du Roi ce grand courage cède : U j prend grande part , et son coeur irrité Agira contre vous de pleine autorité. • Au^si vous n'avc2. point de valable ddfense ; Le rang de rofiensé , la grandei» de VoSeom Demandent des devoirs et des soumissions Qui passent le commun des satisfactions.
Le Comte.
Le Roi peut i son gré disposer de ma vie*
D. A&XAs»
De trop d'emportement votre fimte est -suivie 1 Le Roi vous aime eocore , apaisez son courroux* U a dit : jft Lfi r JSffX. Désobiisexrvous }
Monsieur, pour conserver ma gloire et mon estime» Désobéir un peu n'est pas un si grand crime ; Et , quelque grand qu'il fût , mes services prdscns , Pour le faire abolir sont plus que suffisans.
D. A&IAS.
Quoiqu'on fasse d'illustre et de considérable. Jamais k son sujet un Roi n'est redevable > Vous vous flattei beaucoup , et vous devex savoir Que qui sert bien son Koi ne fait que son devoir. Vous TOUS perdrez , Monsieur , sut cette confiance.
Le Comte.
Je ne vous en croirai qu*après l'expérience.
Vous devez, redouter la puissance d'un Roi.
Un jour seul ne perd pas un homme tel que moî. Que toute sa grandeur s*arme pour mon supplice t Tout TÉtat périra « s'il faut que je périsse.
D. Arias.
Quoi ! Vous ccaîgnex si peu le pouvoir souverain ?•
Le Comte.
D'un sceptre qui sans moi tomberoit de sa xnain. Il a trop d'intérêt lui-même en ma personne ; Et ma tc^e en tombant fcroit choir sa couronne.
D. ARIA s.
Soufire:^ que la raison remette vos esprits.
Prenez un bon conseil.
Le C o m t b.
Xeconseil en est pris*
TRAGÉDIE^ ij
D. Arias.
Que luicUrai-je^ enfîn ? je lui dois rendre compte.