‹ Chefd'œuvres de P. CorneilleChapitre 27 sur 92 · D. RODRIGUE, LE COMTE · texte numérisé non relu

D. RODRIGUE, LE COMTE

Ote-moi d'un doute. '

ConooiS'tu bien Don Diegue 2

L s C O Ht T I*

V Oui.

1>« ROD&IGUB.

Parlons bas ; écoute.

$ais-tu que ce vieillard fut la même vertu >

La vaillance et riionneut de son tems i le sais-tu î

D. RODRIGVK.

MOif Comte, deuxmots.

Le C g m t s.

Parie.

D. RODKXGVB.

Cette ardeur que dans les yeux je porte »

Sais-tu que c'est son sang? Le sais-tu?

L £ Comte.

Que m'importe i

D. RODRIGUB,

A quatre pas d'ici je te le fais savoir.

LS COUTS.*

Jeune présomptueux !

D. RODILIGUK.

D. HOPRIGXIB.

Parle sans tMmouTotr.

Je SUIS jeune , il est vrai > mais aux âmes bien ndes« La valeur n'attend pas le nombre des années.

Le Comte.

Te mesurer à moi 1 Qui t'a rendu si vain « Toi qu'on n'a jamais vu les armes i la maixi î

D. KODRIGUE.

Mes pareils à deupc fois ne se font pas connoître » £t pour leur coup d'e^ veulent des coups de maître.

Le C o m t £• Sais-tu bien qui je suis î

D.RODRTGVE. ^

, Oui y tout autre que moi

Au seul bruit de ton nom pourroit trembler d'eflroi.* . Mille et mille lauriers dont ta tcte est couverte» Semblent porter écrit le destin de ma perte : rattaque en téméraire un bras toujours vainqueur; Mais j'aurai trop de ibrce , ayant assez de cceur.. A qui venge son pere il n'est rien d'impossible : Ton bras est invaincu j mais non pas invincible.

Le Comte.

Ce grand cœur qui paroit aux discours que tu tiens « Par tes yeux chaque jour se découvroit aux miens i Et, croyant voir en toi l'honneur de la Castiile » Mon ame , avec plaisir, te destinoit ma fille. Je sais ta passion > je suis ravi de voir Que tous ses mouvemens cèdent i ton devoir »

Qu'ils n'ont point afFoibli cette ardeur magnaninie p Que u haute vertu répond à mon estime i

£t que 9 voulaat pour gendre un chevalier parÊut, Je ne me trompois point au choix que j'avois fàxu Mais je sens que pour toi ma pitié s'intéresse : rkdmire ton coarage , et je plains ta jeunesse. Ke cherche point 1 faire un coup d'essai £ital : Dispense ma valeur d'un combat inégal i Trop peu d'honneur pour moi suivroit cette victoire s A vaincre sans péril on triomphe sans gloire. On te croiroit toujours abattu sans ef&rt % Bt j'aurois seulement le regret de ta mort,

D* KOD&IGVE.

D'une indigne pitié ton audace est suivie !

Qui m'ose ôter i'honneuss , craint de m*ôter la vie?

L B Comte*

RedrMsoi d^ici.

D. KOD&IGVI*

Marchom» sans diseoudr.

Le Comte.

Es-tu si las de vivre i

D. RODUtGVB.

As-tu peur de ipourir i

Vkns; tu fais ton devoir, et le fils dégénère , Qui survit uif moment i l'honneur de son perCé

TRAGÉDIE

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