‹ Chefd'œuvres de P. CorneilleChapitre 32 sur 92 · SCENE V !• I · texte numérisé non relu

SCENE V !• I

D. PERNAND , D. S ANCHE, D. ARIAS.

D. Samchb.

PsiTT^fiTRE un peu de tems le rendroit moins rebelle:

On Ta pris tout bouillant encor de sa querelle , Site» dans la chaleur d'un premier mouvement , Un cœur si généreux se rend mal-aisément :

Il voit bien qu'il a tort j mais une ame si liaute N'est pas si-tôt réduite à confesser sa faute. .

Don Sanche , taisez-vous ; et soyez, averti Qu'on se rend criminel à prendre son partie

Sanche.

I^obéis et me tais $ mais , de grâce , encor , Sire , Deux mot$ en sa défense !

D. Ferkand.

Btique^pourteaMTooe dircf

TRAGÉDIE

Qa*une ame accoutumée aux grandes actions

Ke se peut abaisser à des soumissions :

Elle n'en conçoit point qui s'explique sans honie ,

Et c'est à ce mot seul qu*a résisté le Comte,

U trouve en son devoir un peu trop de rigueur t

Et vous obâroit, s*il avoit moins de cœur.

Commandez que son bras» nourri dans les alaroies t

Mpare cette injure à la pointe des armes :

11 satisfera , Sire *, et , vienne qui voudra ,

Attendant qu'il l'ait sa, voici qui répondra.

Vous perdez le respect i mais je pardonne à r£ge

Et j'estime Tardeur en un jeune courage.

Un Roi ) dont là prudence a de meiUeats objets»

Est meilleur ménager du sang de ses sujets :

le veille pour les miens s mes soucis les conservent.

Comme le chef a soin des membres qu i le servent.

Ainsi votre raison n'est pas raison pour moi :

Vous parlez éa soldat » je dois agir en Koi %

Et , quoi qu'on veuille dire , et quoi qu'il ose croire »

Le Comte à m'obéir ne peut perdre sa gloire.

D^ailleurs ; Pafiront me touche : il a perdu d'honneui

Celui que de mon fils j'ai fait le Gouverneur.

S'attaquer à mon choix, c'est se prendre à moi-mêoie.

Et faire un attentat sur le pouvoir suprême.

K'en parlons plus. Au reste , on a vu dix vaisseaUJC

De nos vieux ennemis arborer les drapeaux i

Vers la bouche du âeuve ils ont ostf paroître;

D, Arias. Les Mores ont appris , par force ). à vous connoîcre i . Et » tant de fois vaincus 9 Jls ont perdu, le coeur De se plus hasarder wOiitrc un si grand vainc^ucur.

D. Fbrnakd* ^ Ils ne verront jamais % sans quelque jalousie^ Mon sceptre, en dcpit d'eux , régir l'Andalousie i Et ce pays si beau » qu'ils ont trop possédé y Àvec un œil d'envie est toujours regardé.

C'est l'unique raison quim*a fait dans Sévilltt' Placer, depuis dix ans, le trône de Castille , Pour les voir de plus près , et d*un ordre plus prompt Renverser , aussi-tôt , ce qu'ils entreprendront.

D. Arias.

Sire , ils ont trop appris aux dépens de leurs têtes «

Combien votre présence assure vos conquêtes i Vous n'avez, ncii à craindre.

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