SCENE V !• I
D. PERNAND , D. S ANCHE, D. ARIAS.
D. Samchb.
PsiTT^fiTRE un peu de tems le rendroit moins rebelle:
On Ta pris tout bouillant encor de sa querelle , Site» dans la chaleur d'un premier mouvement , Un cœur si généreux se rend mal-aisément :
Il voit bien qu'il a tort j mais une ame si liaute N'est pas si-tôt réduite à confesser sa faute. .
Don Sanche , taisez-vous ; et soyez, averti Qu'on se rend criminel à prendre son partie
Sanche.
I^obéis et me tais $ mais , de grâce , encor , Sire , Deux mot$ en sa défense !
D. Ferkand.
Btique^pourteaMTooe dircf
TRAGÉDIE
Qa*une ame accoutumée aux grandes actions
Ke se peut abaisser à des soumissions :
Elle n'en conçoit point qui s'explique sans honie ,
Et c'est à ce mot seul qu*a résisté le Comte,
U trouve en son devoir un peu trop de rigueur t
Et vous obâroit, s*il avoit moins de cœur.
Commandez que son bras» nourri dans les alaroies t
Mpare cette injure à la pointe des armes :
11 satisfera , Sire *, et , vienne qui voudra ,
Attendant qu'il l'ait sa, voici qui répondra.
Vous perdez le respect i mais je pardonne à r£ge
Et j'estime Tardeur en un jeune courage.
Un Roi ) dont là prudence a de meiUeats objets»
Est meilleur ménager du sang de ses sujets :
le veille pour les miens s mes soucis les conservent.
Comme le chef a soin des membres qu i le servent.
Ainsi votre raison n'est pas raison pour moi :
Vous parlez éa soldat » je dois agir en Koi %
Et , quoi qu'on veuille dire , et quoi qu'il ose croire »
Le Comte à m'obéir ne peut perdre sa gloire.
D^ailleurs ; Pafiront me touche : il a perdu d'honneui
Celui que de mon fils j'ai fait le Gouverneur.
S'attaquer à mon choix, c'est se prendre à moi-mêoie.
Et faire un attentat sur le pouvoir suprême.
K'en parlons plus. Au reste , on a vu dix vaisseaUJC
De nos vieux ennemis arborer les drapeaux i
Vers la bouche du âeuve ils ont ostf paroître;
D, Arias. Les Mores ont appris , par force ). à vous connoîcre i . Et » tant de fois vaincus 9 Jls ont perdu, le coeur De se plus hasarder wOiitrc un si grand vainc^ucur.
D. Fbrnakd* ^ Ils ne verront jamais % sans quelque jalousie^ Mon sceptre, en dcpit d'eux , régir l'Andalousie i Et ce pays si beau » qu'ils ont trop possédé y Àvec un œil d'envie est toujours regardé.
C'est l'unique raison quim*a fait dans Sévilltt' Placer, depuis dix ans, le trône de Castille , Pour les voir de plus près , et d*un ordre plus prompt Renverser , aussi-tôt , ce qu'ils entreprendront.
D. Arias.
Sire , ils ont trop appris aux dépens de leurs têtes «
Combien votre présence assure vos conquêtes i Vous n'avez, ncii à craindre.