‹ Chefd'œuvres de P. CorneilleChapitre 43 sur 92 · D. FERNAND, D. DIEGUE, D. ARIAS> D. RODRIGUE, D. SANCH · texte numérisé non relu

D. FERNAND, D. DIEGUE, D. ARIAS> D. RODRIGUE, D. SANCH

G É N É R E u X héritier d*une illustre £imiUe« Qui fut toufours (a gloire et !*appui de CastiUf ^ Race de tant d^ayeux , en valeur signaUs > Que l'essai de la tienne a si-tôt égalée » Pour te récompenser ma force est trop petite , Et )*ai moins de pouvoir que tu n'as de mérite» Le pays délivré d'un si rude ennemi»

Mon sceptre dans ma main par la tienne affermi ». Et les Mores défiûâ > avant qu'en ces alarmes reucsè pu donmsr oi^re à repousser leufis armes , Ne sont point des exploits qui laissent à ton Roi Le moyen ni Tespoir de s'acqukter vers toi.

Mais detix Rois tes captifs fieront ta récompense r Ils t'ont nommé tous deux leur Cid en ma présence % Puisque Cid en ieiw langue est auunt que Seigneur ^

TRAGÉDIE

Je ne t*cnvîcraî pas ce beau titre d'honneur. Sois désormais le Cid ; qvCk ce grand tiom tout cède < Qu'il comble d'épouvante er Grenade et Tolède ; * Et qu'il marque à tous ceux qui vivent sous mes loi £t ce que tu me vatix , et ce que jeté dois*

D. RODRIGUI.

Que votre Majesté , Sire , épargne ma honte s D'un si feible' service ellefidt trop décompte»

Et me force à rougir , devant un si grand Koi , De mériter si peu l'honneur que fen teçoi.

Je sais trop que je dois au bien de votre Empire » Et le sang qui m'anime , et l'air que je respire ; Et quand je les perdrai pour un si digne ob|et> Je ferai seulement le devoir d'un sujet.

Tous cetnt que ce devoir â mon service engage, Ne s'en acquittent pas avec même courage ;

Et lorsque la valetir ne va point dans l'excès » Elle ne produit poiht de si rares succès.

Souffre donc qu'on te loue , et de cette victoire: Apprends-moi plus* ait long la véritable histoire*.

D. Pv G D R I G U ï.

Sire» vous avez su qu'en ce danger pressant Qui jetta dans far viReiin ef&oi si puissant « Une troupe d'amis» chez mon pere assemblée, * Sollicita mon ame escor toute troublée. * . • Mais, sSre, patdoimifeâ matélnéHté,

Si j'osai l'employer sans votre autorité :

Le péril appsoeboit f leur btigadA^toft: ^fite f •

Memomr4litàtoO0ur^jehtt^l^4ùislÉâM8^

£t , s^û ià fUloit perdre t U m'était bien plus doux Dei90)tîr delà vie en combattant pour vous*

D. FSRNAND.

reaccuse ta cbakur à venger ton oflBense

EtTEtat d<îfcndu me parle en ta défense.

Crois que dorénavant Chimene a beau parler % Je ne Técoute plus que pour la consoler* Mais poursuis,

Rodrigue.

Sous moi donc cette troupe $*avance y £t porte sur le front une mâle assurance.

Kous pardknesdnq cents 5 maïs par un prompt renfort ^ Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port > Tant à nous voir marcher^ en si bon équipage » Les plus épouvantés reprenoient du courage ! ren cache les deux tiers , aussi-tôt qu'arrivés Dans le fond des vaisseaux qui lors furent trouvés ; Xe reste» dont le nombre augmentoità toute heure 1^ Brûlant d'impatience autour de moi demeure».

Se couche contre terre , et ^ sans Ëdre aucun bruit » Passe une bonne part d'une si belle nuit.

Par mon commandement la garde en fait de même» It se tenant eachée, aide à mon stratagfime > Et je feins hardiment d'avoir reçjn de vous L'ordre qu'on me ^poit suivre $ et que Je donne i tous^

Cette obscure clarté qui tombe des étoiles»

£nûn » avec le, ^ux f nous tait voir trenu voiles ; L'onde s'enâe d<i98ws $^ et;, d'im commun effi>rt« Les Mores et la mer montent jusques au poit.

On 1^ bis$«bft4s&e« » mui kos jkacois^ trwquiUe ^

TRAGÉDIË. 'ft

rôinc de soldats au port , point ttiif mtlitdiU tlUe| '

Kotre profond silence abusant 'leuis esprits 9

Us i^osent plus douter de noiisiivok surpris t

Ils abordent sans peur ; ils ancrent , ils descendent ^

Et courent se livrer aux mains qui les attendent»

Nous nous levoniralôts \ et tous, en infime tanSf

Faussons jusques au ciel mille cris dclatans.

Les nôtres- à ces cris de nos vaisseaux répondait s

Ils paroissent armés i les Mom se confondent :

L'épouvante les prend à demi descendus ;

Avant que ét combattre ils s*€sttment p«rdas s

Ils couroient au pillage , et rencontrent la guerre.

Nous les pressons sur l'eau , nous les pressons sur terre #

Et nôus fiisons courir des Tulsseaux de leur sang >

Avant qu'aucun résiste ou reprenne son rang.

Maisbîentftt, malgré nous, leurs Princes les rallient S

Leur courage renaît , et leurs terreurs s'oubliflM i

La honte de mourir sans avoir combattu

Af vftte leur désordre , et leur rend leur vertu*

Contre nous 5 de pied ferme, ils tirent leurs dpécs;

Des plus braves soldats les trames sont coupées >.

Et la terre et le fleuve , et leur flotte et le.poi?::»

Sont des champs de carnage où triomphe la mort.

O combien d'actions , combien d'exploits célèbres Sont demeurds sans gloire au milieu des ténèbres , Où chacun, seul témoin des grands coups qu'il donnoit, Ke pouvoit discerner où le sort inclinoit !

J'allois de tous côtés encourager les nôtres , Faire avancer les uns , et soutenir les autres , Ilanger ceux qui venoient , les pousser à leur tour>

70 B C I Dt

Et ne l'ai pu savoir jusques au point du jour*

Mais enfin sa dané montre notre avanuge :

Le More voit sa perte, ce perd soudain courage |

Et» voyant un renfort qui nous vient secourir,

I/atdeurdeTainccc cède à la peur de mourir.

Ils gagnent leurs vaisseaux , ils en coupent les cables «

Poussent jusqnes.aux cieux des cris épouvantables t

Font retraite, en tumulte , et sans considérer

Si leurs £ois avec eux peuvent se reticer*

Ainsi leur devoir cède à la frayeur plus forte }

Le flux les apporta , le reflux les remporte :

Cependant que Icucs Rois , engagés parmi nous^ t

£t quelque peu des leurs tout percés de nos coups,.

Disputent vaillamment , et vendent bien leur vie»

A se rendre moi-«nSme en vain je les cornues

Leeimeterreau poing, ils ne m'dcoutent pas.

Mais ^ voyant à leurs pieds tond»er tous lenre Mldats i

Bt que seuls désomais en vain ils se défendent,

lis demandent le chef: je me nomme ; ils se rendent*

Je vous les envoyai tous deux en ni£iiie-tems.

Et le combat cessa fiute de combattans.

C'est de ceuc façon que pour votre servicec« •

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