D. FERNAND, D. DIEGUE, D. ARIAS> D. RODRIGUE, D. SANCH
G É N É R E u X héritier d*une illustre £imiUe« Qui fut toufours (a gloire et !*appui de CastiUf ^ Race de tant d^ayeux , en valeur signaUs > Que l'essai de la tienne a si-tôt égalée » Pour te récompenser ma force est trop petite , Et )*ai moins de pouvoir que tu n'as de mérite» Le pays délivré d'un si rude ennemi»
Mon sceptre dans ma main par la tienne affermi ». Et les Mores défiûâ > avant qu'en ces alarmes reucsè pu donmsr oi^re à repousser leufis armes , Ne sont point des exploits qui laissent à ton Roi Le moyen ni Tespoir de s'acqukter vers toi.
Mais detix Rois tes captifs fieront ta récompense r Ils t'ont nommé tous deux leur Cid en ma présence % Puisque Cid en ieiw langue est auunt que Seigneur ^
TRAGÉDIE
Je ne t*cnvîcraî pas ce beau titre d'honneur. Sois désormais le Cid ; qvCk ce grand tiom tout cède < Qu'il comble d'épouvante er Grenade et Tolède ; * Et qu'il marque à tous ceux qui vivent sous mes loi £t ce que tu me vatix , et ce que jeté dois*
D. RODRIGUI.
Que votre Majesté , Sire , épargne ma honte s D'un si feible' service ellefidt trop décompte»
Et me force à rougir , devant un si grand Koi , De mériter si peu l'honneur que fen teçoi.
Je sais trop que je dois au bien de votre Empire » Et le sang qui m'anime , et l'air que je respire ; Et quand je les perdrai pour un si digne ob|et> Je ferai seulement le devoir d'un sujet.
Tous cetnt que ce devoir â mon service engage, Ne s'en acquittent pas avec même courage ;
Et lorsque la valetir ne va point dans l'excès » Elle ne produit poiht de si rares succès.
Souffre donc qu'on te loue , et de cette victoire: Apprends-moi plus* ait long la véritable histoire*.
D. Pv G D R I G U ï.
Sire» vous avez su qu'en ce danger pressant Qui jetta dans far viReiin ef&oi si puissant « Une troupe d'amis» chez mon pere assemblée, * Sollicita mon ame escor toute troublée. * . • Mais, sSre, patdoimifeâ matélnéHté,
Si j'osai l'employer sans votre autorité :
Le péril appsoeboit f leur btigadA^toft: ^fite f •
Memomr4litàtoO0ur^jehtt^l^4ùislÉâM8^
£t , s^û ià fUloit perdre t U m'était bien plus doux Dei90)tîr delà vie en combattant pour vous*
D. FSRNAND.
reaccuse ta cbakur à venger ton oflBense
EtTEtat d<îfcndu me parle en ta défense.
Crois que dorénavant Chimene a beau parler % Je ne Técoute plus que pour la consoler* Mais poursuis,
Rodrigue.
Sous moi donc cette troupe $*avance y £t porte sur le front une mâle assurance.
Kous pardknesdnq cents 5 maïs par un prompt renfort ^ Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port > Tant à nous voir marcher^ en si bon équipage » Les plus épouvantés reprenoient du courage ! ren cache les deux tiers , aussi-tôt qu'arrivés Dans le fond des vaisseaux qui lors furent trouvés ; Xe reste» dont le nombre augmentoità toute heure 1^ Brûlant d'impatience autour de moi demeure».
Se couche contre terre , et ^ sans Ëdre aucun bruit » Passe une bonne part d'une si belle nuit.
Par mon commandement la garde en fait de même» It se tenant eachée, aide à mon stratagfime > Et je feins hardiment d'avoir reçjn de vous L'ordre qu'on me ^poit suivre $ et que Je donne i tous^
Cette obscure clarté qui tombe des étoiles»
£nûn » avec le, ^ux f nous tait voir trenu voiles ; L'onde s'enâe d<i98ws $^ et;, d'im commun effi>rt« Les Mores et la mer montent jusques au poit.
On 1^ bis$«bft4s&e« » mui kos jkacois^ trwquiUe ^
TRAGÉDIË. 'ft
rôinc de soldats au port , point ttiif mtlitdiU tlUe| '
Kotre profond silence abusant 'leuis esprits 9
Us i^osent plus douter de noiisiivok surpris t
Ils abordent sans peur ; ils ancrent , ils descendent ^
Et courent se livrer aux mains qui les attendent»
Nous nous levoniralôts \ et tous, en infime tanSf
Faussons jusques au ciel mille cris dclatans.
Les nôtres- à ces cris de nos vaisseaux répondait s
Ils paroissent armés i les Mom se confondent :
L'épouvante les prend à demi descendus ;
Avant que ét combattre ils s*€sttment p«rdas s
Ils couroient au pillage , et rencontrent la guerre.
Nous les pressons sur l'eau , nous les pressons sur terre #
Et nôus fiisons courir des Tulsseaux de leur sang >
Avant qu'aucun résiste ou reprenne son rang.
Maisbîentftt, malgré nous, leurs Princes les rallient S
Leur courage renaît , et leurs terreurs s'oubliflM i
La honte de mourir sans avoir combattu
Af vftte leur désordre , et leur rend leur vertu*
Contre nous 5 de pied ferme, ils tirent leurs dpécs;
Des plus braves soldats les trames sont coupées >.
Et la terre et le fleuve , et leur flotte et le.poi?::»
Sont des champs de carnage où triomphe la mort.
O combien d'actions , combien d'exploits célèbres Sont demeurds sans gloire au milieu des ténèbres , Où chacun, seul témoin des grands coups qu'il donnoit, Ke pouvoit discerner où le sort inclinoit !
J'allois de tous côtés encourager les nôtres , Faire avancer les uns , et soutenir les autres , Ilanger ceux qui venoient , les pousser à leur tour>
70 B C I Dt
Et ne l'ai pu savoir jusques au point du jour*
Mais enfin sa dané montre notre avanuge :
Le More voit sa perte, ce perd soudain courage |
Et» voyant un renfort qui nous vient secourir,
I/atdeurdeTainccc cède à la peur de mourir.
Ils gagnent leurs vaisseaux , ils en coupent les cables «
Poussent jusqnes.aux cieux des cris épouvantables t
Font retraite, en tumulte , et sans considérer
Si leurs £ois avec eux peuvent se reticer*
Ainsi leur devoir cède à la frayeur plus forte }
Le flux les apporta , le reflux les remporte :
Cependant que Icucs Rois , engagés parmi nous^ t
£t quelque peu des leurs tout percés de nos coups,.
Disputent vaillamment , et vendent bien leur vie»
A se rendre moi-«nSme en vain je les cornues
Leeimeterreau poing, ils ne m'dcoutent pas.
Mais ^ voyant à leurs pieds tond»er tous lenre Mldats i
Bt que seuls désomais en vain ils se défendent,
lis demandent le chef: je me nomme ; ils se rendent*
Je vous les envoyai tous deux en ni£iiie-tems.
Et le combat cessa fiute de combattans.
C'est de ceuc façon que pour votre servicec« •