‹ Chefs-d'œuvre d'éloquence françaiseChapitre 54 sur 87 · LE PÉCHEUR MOURANT · texte numérisé non relu

LE PÉCHEUR MOURANT

Conclusion de la première partie du sermon sur la mort du pécheur et sur la mort du juste , prêché par Massillon, le jour des Morts, dans ses A vents

de 1700 à 1720 1.

Le pécheur mourant , ne trouvant plus dans le souvenir du passé que des regrets qui l'accablent, dans tout ce qui se passe à ses yeux que des images qui l'affligent , dans la pensée de l'avenir que des horreurs qui l'épouvantent; ne sachant plus à qui avoir recours , ni aux créatures, qui lui échappent, ni au monde, qui s'évanouit, ni aux hommes, qui ne sauraient le délivrer de la mort, ni au Dieu juste, qu'il regarde comme un ennemi déclaré dont il ne doit plus attendre d'indulgence ; il se roule dans ses propres horreurs; il se tourmente , il s'agite pour fuir la mort qui le saisit, ou du moins pour se fuir lui-même; il sort de ses yeux mourants je ne sais quoi de sombre et de farouche, qui exprime les fureurs de son âme; il pousse du fond de sa tristesse des paroles entre-

1 Le premier Avent de Massillon à Paris est de 1699, et le dernier de 1720. Nommé évêque de Clermont le 7 novembre 1717, sacré le 31 décembre 1718, il fit en 1721 son entrée solennelle dans son diocèse , et ne reparut plus dans les chaires de la capitale que pour prononcer, à Saint-Denis , Toraison funèbre de Mme la duchesse d'Orléans , mère du régent , morte le 8 décembre 1722,

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