PTOLOMÉE, CLÉOPATRE, CHARMION
Savez-vous le bonheur dout nous allons jouir, Ma sœur?
p. Corneille-. 2. 21
CLÉOPATRE
Oui , je le sais , le grand Ce'sar arrive ; Sous les lois de Pholin je ne suis plus captive.
PTOI.OMEE.
Vous haïssez toujours ce fidèle sujet. '
CLÉOPATRE
Non, mais en liberté je ris de son projet.
PTOLOMÉE
Quel jjrojet laisoit-il dont vous pussiez vous plaindre ?
CLÉOPATRE
J'en ai souffert beaucoup, et j'avois plus à craindre.
Un si :;iand politique est capable de tout;
Et vous donnez les mains à tout ce qu'il résout.
PTOLOMÉE
Si je suis ses conseils, j'en connois la prudence.
CLÉOPATRE
Si j en crains les effets, j'en vois la violence.
PTOLOMÉE
Pour le bien de l'état tout est juste en un roi.
CLÉOPATRE
Ce genre de justice est à craindre pour moi : Après ma part du sceptre à ce titre usurpée. Il en coûte la vie et la tète à Pompée. ^
PTOLOMÉE
Jamais un coup d'état ne fut mieux entrepris. Le voulant secourir , César nous eût surpris ; ^'ous voyez sa vitesse ; et l'Egypte troublée Avant qu'être en défense en seroit accqblée. Mais je puis maintenant à cet heureux vainqueur Offrir en sûreté mon trône et votre cœur.