ACTE IV, SCÈNE IV
Qiielqiie espoir qui d'ailleurs me l'ose ou puisse ofTiir. '^
Ma juste impatience auroit trop à souffrir :
La vengeance éloignée est à demi perdue ;
Et , quand il faut l'attendre , eUe est trop clier vendu*.
.Te n'irai point cliercLer sur les bords africains ''
Le foudre souhaité que je vois en tes mains ;
La tête qu'il menace en doit être frappée. 7
J'ai pu donner la tienne au lieu d'elle à Pompe'e:
Ma haine avoit le choix ; mais cette haine enfin
Sépare son \ainqueur d'avec son assassin ,
Et ne croit avoir droit de punir ta victoire
Qu'après le chûtimenl d'une action si noire.
Rome le veut aîn^i ; son adorable front ^
Auroit de quoi rougir d'un trop honteux affront ,
De voir en même jour, après tant de conquêtes ,
Sous un indigne fer ses deux plus nobles têtes.
Son grand cœur, qu'à tes lois en vain tu crois soumis .
En veut aux criminels plus qu'à ses ennemis ,
Et tiendroit à malheur le bien de se voir libre ,
Si l'attentat du Kil affranchissoit le Tibre.
Comme autre qu'un Romain n'a pu l'assujettir, 9
Autre aussi qu'un Piomain ne l'en doit garantir.
Tu tomberois ici sans être sa victime ;
Au lieu d'un châtiment ta mort seroit un crime ,
Et, sans que tes pareils en conçussent d'effroi ,
L'exemple que tu dois périroit avec toi.
Venge-la de l'Égjpte à son appui fatale ;
Et je la vengerai , si je puis , de Pharsale.
Va, ne perds point de temps, il presse. Adieu : tu peux ' "
Te vanter qu'une fois j'ai fait pour toi des vœux.