‹ Chefs-d'œuvre de P. Corneille (volume 2)Chapitre 152 sur 162 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

CORNÉL TE /tenant une petite urne en sa main PHILIPPE.

iVl ES yeux,puis-ie vous croire? et n'est-ce point un songe '

Qui sui' mes tristes vœux a formé ce mensonge ?

Te revois-je , Philippe ? et cet époux si cher

A-t-il reçu de toi les honneurs du bûcher ?

Cette urne que je tiens contient-elle sa cendre ?

O vous, à ma douleur objet terrible et tendie , ^

Éternel entretien de Laine et de pitié,

Pieste du grand Pompée , écoutez sa moitié.

?s 'attendez point de moi de regrets ni de larmes ;

Un grand cœur à ses maux applique d'autres charm©.

Les foibles déplaisirs s'amusent à parler,

Et quiconque se plaint cherche à se consoler.

Moi, je jiue des dieux la puissance suprême,

Et, poiu- dire encor plus, je jure par vous-même^

Car vous pouvez bien plus sur ce cœur affligé

Que le respect des dieux qui l'ont mal protégé ;

Je jiue donc par vous, ô pitoyable reste,

IVIa divinité seule après ce coup funeste,

Par vous , qui seul ici pouvez me soulager ,

De n'éteindre jaiaais l'ardeur de le venger,

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