‹ Chefs-d'œuvre de P. Corneille (volume 2)Chapitre 39 sur 162 · ACTE V, se EN E · texte numérisé non relu

ACTE V, se EN E

Je veux tenter pourtant encore uue autre voie. Amenez Polyeiicte ; et si je le renvoie , S il tlenieure insensible à ce dernier efibrt, Au sortir de ce lieu qu'on lui donne la mort.

Votre ordre est rigoureux.

!• ÉLIX.

Il faut que je le suive.

Si je veux empêcher qu'un désordre n'arrive. Je vois le peuple e'mu pour prendre son parti ; ' • Et toi-même tantôt tu m'en as averti : Dans ce zèle pour lui qu'il fait déjà paroître , Je ne sais si long-temps j'en pourrois être maître ç Peut-être dès demain , dès la nuit, dès ce soir, J'en verrois des eflets que je ne veux pas voir; Et Sévère aussitôt courant h. sa vengeance ' ' M'iroit calomnier de quelque intelligence. Il faut rompre ce coup qui me seroit fatal.

ALBIN

Que tant de prévoyance est un étrange mal 1 Tout vous nuit, tout vous perd, tout vous fait de l'omLrage : Mais voyez que sa mort mettra ce peuple en rage ; Que c'est mal le guérir que le désespérer.

FÉLIX

En vain après sa mort il voudra murmurer ; Et, s'il ose venir à quelque violence, C'est à faire à céder deux jours à l'insolence : J'aurai fait mon devoir, quoi qu'il puisse arriver. Mais Polyeucte vient, tâchons à le sauver. Soldats , retirez- vous , et gardez bien la porte.

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