SCÈNE \ I
DORANTE, C L I T O N
ÊH BIEN, VOUS le voyez; l'histoiie est de'couverte.
DORANTE
Ah ! Cliton , je me trouve à deux doigts de ma perte. C L I T o N.
Tous en aurez sans doufc un plus heureux succès , Et vous avez gagné chez elle un grand accès. Mais je suis ce fâcheux qui nuis par ma présence , Et vous fais sous ces mots êti e d'intelligence.
Peut-être : qu'en crois-tu ?
CLITON
Le peut-être est gaillard.
DORANTE
Penses-tu qu'après tout j'en quitte encor ma part, Et tienne tout perdu pour un peu de traverse ?
CLITON
Si jamais cette part toïnboit dans le commerce , Et qu'il vous vînt marchand pour ce trésor caché, Je vous conseillerois d'en faire bon marché.
DORANTE
Mais pourquoi si peu croire un feu si véritahle ?
CLITON
A chaque Lout de champ vous m?ntez comme un diable
i6o LE MENTEUR. ACTE III, SCÈNE VI.
DORANTE
Je disois vérité.
Quand un meuteur la dit, ' En passant par sa bouche elle perd son crédit.
DORANTE
Il faut donc essayer si par quelque autre bouche Elle pourra trouver un accueil moins farouche. Allons sur le chevet rêver quelque moyen * D'avoir de l'incrédide un plus doux entrelien. Soiiveut leur belle humeur suit le cours de la lune; Telle rend des mépris , qui veut qu'on l'importune. I^Iais, de quelques effets que les siens soient suivis j Il sera demain jour; et la nuit porte avis. ^