SCÈNE 1 1 T
ÎÏORANrE, CLITON.
Il est mort ! Quoi ! monsieur, vous m'en donnez aussi. A moi, de votre cœur l'unique secrétaire, A moi , de vos secrets le {^rand dépositaire ! Avec ces qualités j'avois lieu d'espérer ' Qu'assez malaisément je pourrois m'en parer.
DOUANTE.
Quoi ! mon combat te semble un conte imaginaire ?
CLITON
Je croirai tout, monsieur, pour ne vous pas déplaire ; Mais vous en contez tant, à toute heure, en tout lieu, Que quicontpie en écliappe est bien aimé de Dieu. Maure, juil', ou chrétien, vous n'épargnez personne.
DORANTE
Alcippe te surprend ! sa guérlson t'étonne !
L'état où je le mis étoît fort périlleux ;
INIais il est à présent des secrets merveilleux.
Ne t'a-t-on point parlé d'une soui-ce de ie,
Que nomment nos guerriers poudre df sympatliie?
i66 LE MENTEUR.
On en voit tous les jours des effets étonnants.
Encor ne sont-ils pas du tout si siuprenants ; Et je n'ai point appris qu'elle ei'it tant d'efijcace, ^ Qu'un homme que pour mort on laisse siu: la place, Qu'on a de deux grands coups percé de paît en part , Soit dès le lendemain si frais et si gaillard.
DORAKTE.
La poudre que tu dis n'est que de la commune ;
On n'eu fait plus de ras : mais , Cliton , j'en sais une
Qui rappelle sitôt des portes du trépas ,
Qu'en mrins d'uue Ijeure ou deux on ne s'en souvient pas ^
Quiconque la sait faire a de grands avantages.
CLITON
Donnez-m'en le secret, et je vous sers sans gages.
DORANTE
.fe te le donnerois , et tu serois liexueux ; Mais le secret consiste en quelques mots hébreux , Qui tous à prononcer sont si fort difficiles, Que ce seroit pour toi des trésors inutiles.
CLtTOB.
A'ous savez donc l'hébreu ?
DORANTE
L'iiébreu ? parfaitement* J'ai dix langues , Cliton , h mon commandement.
Vous auriez bien besoin de dix des mieux nourries , Pour fournir toiu- à tour à tant de menteries ; Vous les hachez menu comme cliair à pâtés. ^ Vous avez tout le corps bien plein de vérités,