‹ Chefs-d'œuvre de P. CorneilleChapitre 140 sur 173 · C I N IS' A · texte numérisé non relu

C I N IS' A

Maxime est comme moi de ses plus confidents ,

Et nous nous alarmons peut-être en imprudents.

EMILIE

Sois moins ingénieux à te tromper toi-même , Cinna ; ne porte point mes maux jusqu'à l'extrême j Et , puisque désormais tu ne peux me venger , Dérobe au moins la tête à ce mortel danger ; Fuis d'Auguste iirité l'implacable colère. Je verse assez de pleurs pour la mort de mon père ; ^ jN aigris point ma douleur par un nouveau tourment; Et ne me réduis point à pleurer mon amant.

CINNA

Quoi î sur l'illusion d'une terreur panique. Trahir vos intérêts et la cause publique ! Par cette lâcheté moi-même m'accuser !

Et tout abandonner quand il faut tout oser ! Que feront nos amis si vous êtes déçue ?

Mais que deviendras-tu si l'entreprise est sue ?

CINNA

s il est pour me iraliir des esprits assez bas , Ma vertu pour le moins ne me trahira pas ; Vous la venez , brillante au bord des précipices , Se coiuronner do gloire en bravant h's supplices , Rendre Auguste jaloux du sang qu'il répandra, Et le faire trembler alors qu'il me perdra.

Je dcviendrois suspect à tarder davantage. Adieu. Radcmisscz ce généreux courage.

S'il faut subir le coup d'un destin rigoureux , 3'e mourrai f^ul ensemble heureux et riialhcurcux; ^

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