‹ Chefs-d'œuvre de P. CorneilleChapitre 159 sur 173 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

AUGUSTE, EUPHORBE, POLYGLÈTE,

Gardes.

AUGUSTE

J. OUT ce que tu me dis , Euphorbe , est incroyable. '

EUPHORBE

Seigneur, le récit même eu paroît effroyable: On ne conçoit qu'à peine une telle fureur, Et la seule pensée en fait frémir d'horreur.

AUGUSTE

Quoi ! mes plus chers amis ! quoi î Cinna ! quoi ! Maxime !

Les deux que j'honorois d'une si haute estime,

A rp^ii j'ouvrois mon cœur, et dont j'avois fait choix

Pour les plus importants et plus nobles emplois !

Après qu'entre leurs mains j'ai remis mon empire,

Pour m'arrarhcr le jour l'un et l'autre conspire !

Maxime a vu sa faute, il m'en fait avertir,

Va montre un cœur touché d'un juste repentir :

Mais Cinna !

EUPHORBE

Cinna seul dans sa rage s'obstine , ^ Et contre vos bontés d'autant plus se mutine ; Lui seul combat encor les vertueux efforts Que sur les conjurés fait ce juste remords j

Et, malgré les frayeurs h leurs regrets mêlées, Il tâche à raffermir leurs âmes ébranlées.

AUGUSTE

Lui seul les encourage , et lui seul les séduit î O le plus déloyal que la terre ait produit î O trahison conçue au sein d'une furie ! O trop sensible coup d'une main si chérie ! Cinna , tu me trahis ! . . . Poiyclète, écoutez.

( Il lui p?rle à l'orpillc j POLYCLÈTE.

Tous vos ordres , seigneur , seront exécutés.

AUGUSTE

Qu'Éraste en même temps aille dire a Maxime Qu'il vienne recevoii- le pardon de son crime.

SCÈISE II.

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