‹ Chefs-d'œuvre de P. CorneilleChapitre 16 sur 173 · L'INFANTE, LÉONOR · texte numérisé non relu

L'INFANTE, LÉONOR

LÉo»on.

Madame, chaque jour même désir vous presse; Et je vous vois , pensive et triste chaque jour, Demander avec soin comme va son amour. ^

L'iNFAsrt.

Ce n'est pas sans sujet, je l'ai presque forcée A recevoii' les traits dont son ame est blessée ; Elle aime don Rodr'^ue, et le tient de ma main, Et par moi don Rodrigue a vaincu son dédain : Ainsi de ces amants ayant formé les chaînes, Je dois prendre intérêt à voir nnir leurs jjcines.

lÉOJSOR.

?ladame , toutefois parmi leurs bons succès \'ous montrez un chagrin qui va jusqu'à l'excès. Cet amour qui tous deux les comble d'alégrcsse Fait-il de ce grand cœur la profonde tristesse ? Et ce grand intérêt que vous prenez pour eux Vous rend-il mallieureuse alors qu'ils sont heureux ? Mais je vais trop avant , et deviens indiscrète.

l'infakte.

Ma tristesse redouble à la tenir secrète. Écoute , écoule enfin comme J'ai combattu , T'a , plaignant ma foiblesse , admire ma vertu. T/amour est un tyran qui n'épargne personne. Ce jeune cavalier, cet amant que je dorme , Je 1 aime.

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