‹ Chefs-d'œuvre de P. CorneilleChapitre 60 sur 173 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

L'INFAÎSTE.

J'ÉcouTERAi-JE cncor , respect de ma naissance,

Qui fais un crime de mes feux ?

T'écouterai-je , amour, dont la douce puissance Contre ce fier tyran fait révolter mes vœux ?

Pauvre princesse , auquel des deux

Dois-tu prêter obéissance ?

Rodrigue , ta valeur te rend digne de moi ; Mais poiu" être vaillant tu n'es pas fils de roi.

Impitoyable sort , dont la rigueur sépare

Ma gloire d'avec mes désirs, Est-il dit que le choix d'une vertu si rare Coûte à ma passion de si grands déplaisirs? O cieux ! h. combien de soupirs Faut-il que mon cœur se prépare , Si jamais il n'obtient sur im si long tourment ]Si d'éteindre l'amour , ni d'accepter l'amant !

Mais c'est trop de scrupule , et ma raison s'étonne

Du mépris d'un si digne choix :

Bien qu'aux monarques seuls ma naissance me donne Rodrigue , avec honneur je vivrai sous tes lois. Après avoir vaincu deux rois Pourrois-tu manquer de couronne ?

Et ce grand nom de Cid que tu viens de gagner ^^e fait-il pas trop voir sur qui tu dois régner /

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