ACTE II, SCÈNE IV
l’infante
Ta ne dois pas pourtant le redouter beaucoup;
Il est trop amoureux pour te vouloir déplaire :
Et deux mots de ta bouche arrêtent sa colère.
CHIMÈNE
S’il ne m’obéit point, quel comble à mon ennui ! Et, s’il peut m’obéir, que dira-t-on de lui v Etant né ce qu’il est, souffrir un tel outrage !
Soit qu’il cède ou résiste au feu qui me l’engage. Mon esprit ne peut qu’être ou honteux ou confus De son trop de respect ou d’un juste refus.
l’infante
Chimène a l’âme haute, et, quoique intéressée,
Elle ne peut souffrir une basse pensée :
Mais si, jusques au jour de l’accommodement,
Je fais mon prisonnier de ce parfait amant,
Et que j’empêche ainsi l’effet de son courage,
Ton esprit amoureux n’aura-t-il point d’ombrage ?
chimène
Ah ! madame, en ce cas je n’ai plus de souci