‹ Chefs-d'œuvre de Pierre CorneilleChapitre 20 sur 117 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

l’infante

Ta ne dois pas pourtant le redouter beaucoup;

Il est trop amoureux pour te vouloir déplaire :

Et deux mots de ta bouche arrêtent sa colère.

CHIMÈNE

S’il ne m’obéit point, quel comble à mon ennui ! Et, s’il peut m’obéir, que dira-t-on de lui v Etant né ce qu’il est, souffrir un tel outrage !

Soit qu’il cède ou résiste au feu qui me l’engage. Mon esprit ne peut qu’être ou honteux ou confus De son trop de respect ou d’un juste refus.

l’infante

Chimène a l’âme haute, et, quoique intéressée,

Elle ne peut souffrir une basse pensée :

Mais si, jusques au jour de l’accommodement,

Je fais mon prisonnier de ce parfait amant,

Et que j’empêche ainsi l’effet de son courage,

Ton esprit amoureux n’aura-t-il point d’ombrage ?

chimène

Ah ! madame, en ce cas je n’ai plus de souci

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