LE VIEIL HORACE, CAMILLE
LE VIEIL HORACE
Ne me parlez jamais en faveur d’un infâme :
Qu’il me fuie à l’égal des frères de sa femme. Pour conserver un sang qu’il tient si précieux,
Il n’a rien fait encor s’il n’evite mes yeux. Sabine y peut mettre ordre, ou derechef j’atteste Le souverain pouvoir de la troupe céleste...
GAMILLE
Ah ! mon père, prenez un plus doux sentiment : Vous verrez Rome même en user autrement;
Et, de quelque malheur que le ciel l’ait comblée. Excuser la vertu sous le nombre accablée.
LE VIEIL HORACE
Le jugement de Rome est peu pour mon regard, Camille ; je suis père, et j’ai mes droits à part. Je sais trop comme agit la vertu véritable :
C’est sans en triompher que le nombre l'accable Et sa mâle vigueur, toujours en même point,
HORACE
Succombe sous la force, et ne lui cède point.
Taisez- vous, et sachons ce que nous veut Valère,