‹ Chefs-d'œuvre de Pierre CorneilleChapitre 98 sur 117 · LE VIEIL HORACE, CAMILLE · texte numérisé non relu

LE VIEIL HORACE, CAMILLE

LE VIEIL HORACE

Ne me parlez jamais en faveur d’un infâme :

Qu’il me fuie à l’égal des frères de sa femme. Pour conserver un sang qu’il tient si précieux,

Il n’a rien fait encor s’il n’evite mes yeux. Sabine y peut mettre ordre, ou derechef j’atteste Le souverain pouvoir de la troupe céleste...

GAMILLE

Ah ! mon père, prenez un plus doux sentiment : Vous verrez Rome même en user autrement;

Et, de quelque malheur que le ciel l’ait comblée. Excuser la vertu sous le nombre accablée.

LE VIEIL HORACE

Le jugement de Rome est peu pour mon regard, Camille ; je suis père, et j’ai mes droits à part. Je sais trop comme agit la vertu véritable :

C’est sans en triompher que le nombre l'accable Et sa mâle vigueur, toujours en même point,

HORACE

Succombe sous la force, et ne lui cède point.

Taisez- vous, et sachons ce que nous veut Valère,

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