ACTE I, SCÈNE IV
Mes efforts condamnés à rester impuissants Pour payer comme il faut un si rare courage.
MACBETH
Sire, je suis payé. Je n'ai fourni qu'un gage Bien incomplet d'amour et de fidélité Dans le peu que j'ai fait pour Votre Majesté. Ma vie est à vous, Sire, à mon pays que j'aime : Votre estime, en retour, sera mon bien suprême.
DUNCAN
De ta grandeur future en des terrains féconds J'ai placé la semence ; et, Macbeth ! je réponds D'en faire pour jamais ma plus chère culture. Banque ! je sais aussi ta gloire non moins pure Et ton beau dévoùment. Viens, ami, sur mon cœur.
BANQUO
Lorsqu'un roi daigne ainsi traiter son serviteur, Sur lui. Sire, il peut tout.
DUMGAN, à toute l'assistance.
Tant de bonheur oppresse :
Laissez couler mes pleurs de joie et de tendresse
Fils, thanes et cousins ! vous qui vous approchez, Les premiers par le rang, de mon trône, sachez Que le sceptre, en ces mains que la force abandonne, Se fait lourd. C'est pourquoi je veux que ma couronne Passe dès aujourd'hui de ce front défaillant Au front fier de Malcolm.
20 MACBETH
A Matcolm.
Prince de Cumberland Tout d'abord je vous nomme, ô mon fils, et je prie Que ceux qui serviront noblement la patrie Vous soient chers entre tous.
A Macbeth.
Te plaît-il que ton roi Se donne le plaisir de s'inviter chez toi ?
Je pars pour ton château d'Invemess ^
MACBETH
Gomment, Sire , Faire éclater l'orgueil qu'un tel projet m'inspire? Mais souffrez que de vous je prenne ici congé Et devance mon roi ; j'ai le cœur surchargé Et voudrais l'épancher dans le sein de ma femme : Qu'elle sache par moi l'honneur qui nous réclame.
DUNCAN
Va, mon digne Cawdor.
Macbelh s'incline et va pour se retirer. Le roi s'approche de Banquo et des autres thanes ei leur parle. Au Diomenl de sortir, Macbeth s*arréte, sombre et troublé.
MACBETH, à pan.
Prince de Cumberland!...
Après un silence.
Obstacle inattendu, que le sort oscillant'
* Ville importante d^Écosse. Le château de Macbeth s'élevait .au sudest de cette ville.
' D*après la loi d'Ecosse , quand le roi venait à mourir avant la majorite de ses fils, son parent le plus proche montait sur le trône et succé-