SCÈNE V
L*appartement de lady Macbeth au château d'Inverness. LADY MACBETH, seule, assise.
LADY MACBETH , achevant la lecture d'une lettre. «
« Le jour de ma victoii-e elles m'ont attendu :
« Leurs propos stlrhumains m'ont bientôt confondu.
u Je voulais plus à fond sonder leurs prophéties :
dait au monarque défunt. Or, les fils de Duncan étant tous deux mineurs, Macbeth , cousin germain du roi , par sa mère Déoda , sœur de Béatrix, laquelle était mère de Duncan, voit ici s*évanouir toutes les chances que la mort prochaine du roi lui aurait ouvertes à la succession au trôné, par suite de la résolution inattendue que manifeste Duncan de transmettre, de son vivant, la couronne à son fils afné, Malcolm.
S8 MACBETH
u Les trois sœurs dans les airs étaient déjà parties 1
u Je restais haletant, plongé dans la stupeur,
« Quand je vis accourir un messager, porteur
« Des titres de Cawdor que la bonté royale
« M'octroyait : bien avant, de leur voix sépulcrale
" Les soeurs l'avaient prédit. Juge de mon émoi !
« Elles m'ont dit de plus : « Macbeth, tu seras roi! »
« femme au cœur viril , compagne de ma vie ,
« C'est à toi qu'en mon trouble, ébloui, je confie
« Ces honneurs du présent, ce prix de l'avenir.
« A bientôt. De ces faits j'ai dû te prévenir.
« Sois prudente en ta joie et garde au fond de l'âme
w Ce secret qui me brûle ainsi qu'un jet de flamme. »
Elle se lève. Avec exaliatioo.
Oui, thane de Glamis et thane de Cawdor! * Tout ce que le Destin veut que tu sois encor. Tu le seras ! ... Je crains seulement ta faiblesse , Ton cœur trop plein du lait de Thumaine tendresse*. Tu veux bien être grand, mais chez toi l'action Ne marche point de pair avec l'ambition :
Ta pensée ose tout, ta main est chancelante.
Et l'attentat conçu, ton âme en est tremblante : Tu voudrais parvenir à la cime où tu tends , Mais sans périls, sans choc, sans efforts persistants. Eh bien apprends, Glamis, ce que peut une femme. Quand vers un but suprême elle a tourné son âme :
' Too fuU o' the milk ofhuman kindness.
Pensée célèbre, que nous avons dû religieusement conserver, quoique Texpression en soit un peu forcée dans notre langue.